Lyria prépare sa mue : rencontre avec Andreas Bergmann, CEO

Andreas Bergmann, le CEO de Lyria, dresse le bilan des mois écoulés. Il fixe aussi les objectifs de la compagnie ferroviaire à court et moyen terme, avec une montée en gamme progressive et un travail sur le volet digital. Propos recueillis par Stéphane Jaladis.
Wawrinka Bergman Lyria
Stan Wawrinka, ambassadeur de Lyria, avec le Pdg de la compagnie ferroviaire

A l’occasion des Internationaux de France de tennis, TGV Lyria vient de renouveler son partenariat avec le joueur suisse Stan Wawrinka. Deux rames circulant entre la France et la Suisse arborent ainsi l’effigie de ce natif de Lausanne. « Au travers du tennis, du hockey sur glace ou de l’athlétisme, de grands événements sportifs portant les valeurs que nous souhaitons véhiculer, TGV Lyria veut combler son déficit de notoriété« , nous a confié Andreas Bergmann, le CEO de la compagnie ferroviaire, croisé cette semaine dans les allées de Roland Garros.

Stan Wawrinka
« Au travers du tennis, du hockey sur glace ou de l’athlétisme, (…) TGV Lyria veut combler son déficit de notoriété », indique Andreas Bergmann

Bonne nouvelle, avec une croissance de 20% sur Paris-Genève au premier quadrimestre 2017, les trafics ont repris le bon train après une année 2016 « compliquée » pour le secteur touristique en raison des attentats perpétrés en France. « L’image de Paris n’était pas propice au voyage auprès de la clientèle suisse et internationale, Chinoise notamment. Nous avons transporté 5,2 millions de personnes ce qui a représenté une baisse de 6% mais un résultat bien meilleur comparé à d’autres transporteurs et professionnels du tourisme« , ajoute-t-il. Et dans ce volume, les voyageurs d’affaires ont fait mieux que résister avec 30% du trafic global et même 50% sur l’axe Paris-Genève.

Imaginer le futur de TGV Lyria

Considérant toutefois que « le meilleur outil de communication c’est le produit lui même« , TGV Lyria va s’atteler à une refonte en profondeur de son offre. Un projet qui sera présenté en septembre mais dont Andreas Bergmann nous a dévoilé les grandes lignes entre deux retours gagnants de « Stan ». Le premier engagement est la simplification de la relation client via le digital et une application mobile « utile et efficace » qui permettra au voyageur d’affaire de modifier et d’upgrader leur billet dès la fin 2017. Le deuxième chantier, plus lourd et coûteux, sera la modernisation de la flotte et l’introduction d’ici trois ans de rames de plus grande capacité, des TGV Duplex vraisemblablement. Le dernier point sera l’amélioration du contenu avec très rapidement une restauration plus variée et raffinée. Un appel d’offre est en cours. « Notre taux de satisfaction atteint 92% mais il nous reste des points à régler pour répondre à certaines attentes de la clientèle« . Enfin, le retour de salons dans les gares suisses (ceux-ci ayant été récemment fermés par les CFF) est envisagé à un même horizon, seul ou avec un partenaire afin d’en assurer la viabilité économique.

Andreas Bergmann
Andreas Bergmann, CEO de Lyria

Fort de ce projet de transformation, le challenge pour les équipes commerciales corporate sera de convertir davantage de voyageurs d’affaires afin que TGV Lyria s’impose comme le transporteur incontournable entre la France et la Suisse. « Si nous avons pris l’avantage sur les liaisons de 3h et 3h30, il nous faut accroître notre part de marché sur celles de 4h comme Paris-Zurich« , pointe Andreas Bergmann. TGV Lyria entend ainsi rappeler aux entreprises ses nombreux atouts comme un voyage de centre à centre, le confort à bord, le temps utile en l’absence de rupture de charge sans oublier l’aspect environnemental avec une moindre émission de CO2 comparé à l’aérien et à la voiture. Cette communication se sera fera t-elle demain sous le seul nom de Lyria dans le cadre de l’abandon de l’appellation TGV par la SNCF ? Réponse dans les prochains mois…