La congestion des villes s’aggrave dans le monde

La congestion des grandes villes a continué de s’aggraver en 2019 selon la dernière enquête du site TomTom, spécialiste des technologies de localisation. Ce dernier analyse le trafic routier aux quatre coins du monde. L’Inde, l’Ukraine et la Russie se distinguent particulièrement dans ce palmarès.

Le palmarès de l'index TomTom est dominé par les villes asiatiques, et notamment indiennes

Spécialiste de la localisation, basé aux Pays-Bas des technologies, TomTom vient de rendre public les résultats de son Traffic Index, un rapport annuel qui détaille les conditions de circulation routière dans 416 villes de 57 pays. L’index se base sur le pourcentage de temps de trajet supplémentaire pour les conducteurs lorsque bloqués dans les embouteillages. TomTom constate que ces derniers ont augmenté dans le monde entier au cours de la dernière décennie. Au total, 239 villes ont vu leurs niveaux d’embouteillages augmenter entre 2018 et 2019, soit 57% du total contre seulement 63 villes qui affichent des taux de baisse significatif.

L’Asie partage avec l’Europe le triste record des métropoles où la circulation routière urbaine est la plus dense au monde. Sur les vingt agglomérations les plus encombrées de la planète, l’Asie en génère pas moins de sept, à égalité avec l’Europe. Il faut pourtant constater que quatre de ces métropoles asiatiques se situent en Inde, la ville la plus congestionnée au monde étant, selon les analyses de TomTom, la capitale de la high-tech Bangalore. Ses habitants passent 71% de temps en plus dans les embouteillages au même niveau que Manille, tristement connue pour son trafic routier quasi à l’arrêt 24 heures sur 24.

Même phénomène de concentration en Europe, où l’on constate que ce sont surtout les villes de Russie et d’Ukraine qui sont les plus touchées par la congestion routière. Toujours dans le top 20, on trouve en effet le Grand Moscou, Saint Pétersbourg, Kiev et Odessa. Et la présence d’Istanbul ne surprendra pas qui connait la métropole turque…

L’Amérique latine arrive ensuite avec cinq villes tandis qu’aucune ville d’Amérique du Nord ne se hisse dans le top 20. Bogota est cependant la troisième ville la plus encombrée du monde avec 68% de temps supplémentaire affecté à rester derrière son volant. En comparaison, Los Angeles, ville la plus impactée des Etats-Unis, affiche un pourcentage de seulement 42% et New York un pourcentage de 37%.

Si l’on affine la recherche sur les villes européennes, la Pologne se détache au classement. En ne considérant que le top 15 des villes de l’Union Européenne – ce qui inclut encore le Royaume-Uni –, la Pologne est représentée par six villes, les plus embouteillées étant Lodz, Cracovie et Poznan. Lodz se classe même en troisième position dans l’UE juste derrière Bucarest et Dublin.

De façon surprenante, c’est en Espagne que l’on trouve les villes où il fait bon circuler dans l’Union Européenne. Cadix affiche un taux de 10%, Bilbao de 13%, Madrid enregistrant même un taux d’attente de 23%, inférieur par exemple d’un point à celui de Rennes !

L’essor des véhicules autonomes et des services de covoiturage contribuera à réduire les embouteillages

La situation n’est guère reluisante pour les automobilistes à Paris qui doivent désormais compter avec la suppression des voies de circulation et le rétrécissement des chaussées voulus par la Mairie de Paris. En 2019, le temps passé au volant d’un véhicule est en hausse de trois points, soit 39%. C’est un peu moins bien que Bruxelles, Londres ou Rome, les trois capitales affichant un taux de 38% tandis que Berlin affiche un taux de 32%. Marseille se classe en seconde position en France avec un taux d’attente supplémentaire estimé à 34% suivi de Bordeaux avec 32%.

Cette augmentation mondiale des embouteillages, bien qu’elle soit un indicateur d’une économie forte, représente en fait un coût de plusieurs milliards d’euros de perte pour les économies locales. Pour Ralf-Peter Schäfer, vice-président de TomTom chargé de l’information sur le trafic, « la route reste ardue jusqu’à ce que les niveaux d’encombrement soient maîtrisés. Avec le temps, l’essor des véhicules autonomes et des services de covoiturage contribuera à réduire les embouteillages ».