Train : easy Paris

Train: Easy Paris

Paris, ville ouverte : le TGV a fini par imposer cette évidence aux voyageurs venus des grandes villes du “reste de la France”.

Car aujourd’hui, il est parfaitement envisageable pour un homme d’affaires travaillant à Strasbourg, à Rennes, à Lille ou même à Marseille d’effectuer un aller-retour dans la capitale, pour un simple déjeuner. Année après année, la Grande Vitesse est parvenue à transformer le “désert français” en “très grande couronne” de Paris. Une véritable révolution qu’illustre bien l’histoire de la liaison Paris-Marseille. Au début du XIXe siècle, il fallait aux diligences 70 heures de voyage cahoteux pour relier les deux villes. L’arrivée de l’Express 3, en 1859, réduisit le trajet à près de 19 heures. Avant la Grande Vitesse, il fallait encore 6 heures et 40 minutes au légendaire Mistral pour relier la Canebière à la Seine. Aujourd’hui, Marseille n’est qu’à trois heures de Paris.

Le train gagne du terrain

Temps de parcours guillotinés, donc, mais également liaisons de centre-ville à centre-ville et simplicité des procédures : rien d’étonnant à voir le train gagner chaque année du terrain face à l’avion sur les grandes lignes nationales vers Paris. En parts de marché, le ferroviaire atteint déjà 63 % depuis Perpignan, 69 % depuis Montpellier et 73 % depuis Marseille. L’avion parvient quand même à garder la maîtrise sur quelques niches, avec un chemin de fer ne représentant pour l’heure qu’une part de 18 % sur la liaison Paris-Toulouse et de 35 % sur Paris-Nice. Mais ces positions dominantes ne sont en aucun cas des rentes.

Il suffit pour s’en convaincre de consulter le tableau de marche prévu par les Réseaux ferrés de France pour le développement de la Grande Vitesse. En 2015, Paris ne sera plus qu’à 1h25 de Rennes. L’année suivante, plus qu’à 1h50 de Strasbourg. En 2020, un voyageur toulousain aura gagné près de deux heures et vingt minutes sur son trajet ferroviaire vers Paris, qu’il pourra rejoindre en trois heures. En 2023, Paris sera à moins de quatre heures de Nice. D’ici là, le réseau des lignes à grande vitesse aura plus que doublé de volume sur l’ensemble du territoire métropolitain.

Mais le déploiement de la Grande Vitesse ne résume pas à lui seul le changement dans le train-train du voyageur d’affaires à Paris. Grâce au TGV, la Province n’est plus ce qu’elle était, mais Paris non plus. Et notamment ses gares. Il suffit de faire un détour dans la zone “grandes lignes” de la gare du Nord pour s’en rendre compte. La “gare la plus fréquentée d’Europe” n’a plus rien de ce terminus angoissant, ce repaire supposé de toutes les turpitudes parisiennes qu’elle était avant l’arrivée du TGV, en 1993. Autour des quais rendus à la lumière, la présence d’Eurostar ou Thalys a favorisé l’implantation de salons et d’un parc commercial beaucoup plus adapté aux besoins des grands voyageurs. Le symbole d’une mutation plus générale.

Conciergerie en gares

Longtemps vues comme des repoussoirs, les gares redeviennent des lieux attractifs pour les fournisseurs de services aux entreprises. À l’exemple de Multiburo, qui a installé dès 2004 à la gare de Lyon le premier “centre d’affaires en gare” français. Ou de son concurrent Regus, qui s’est implanté à Montparnasse et Saint-Lazare et met dans ses priorités pour 2010 la recherche de sites à la gare de Lyon et à la gare du Nord. Du côté de la SNCF, on s’efforce d’accompagner ce retour en grâce de l’option ferroviaire auprès des voyageurs d’affaires français. La société nationale a lancé une politique de services spécifique qui passe notamment, depuis 1999, par le développement de l’offre Grand Voyageur et de salons ad hoc que l’on retrouve à la gare de l’Est, à la gare du Nord, à la gare de Lyon et à Paris-Montparnasse.

Une proposition complétée depuis fin 2007 par l’offre TGV Pro et les “Comptoirs Services” dans les salons, où le Grand Voyageur peut réserver un taxi, demander un coursier, trouver du matériel de secours vestimentaire ou informatique. Un vrai service de conciergerie qui confirme l’évidence : les gares parisiennes sont redevenues des lieux tout à fait fréquentables.

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