TransEurope express

Depuis 1993, la structure des dépenses concernant les voyages d’affaires a considérablement évolué. Ainsi, selon le baromètre des voyages professionnels 2007 American Express Voyages d’Affaires, “sur un marché estimé à 26,6 milliards d’euros, les transporteurs aériens et ferroviaires représentent près de 70 % des dépenses voyages, contre 50 % en 1993”. Si l’aérien reste la dépense majeure pour les entreprises françaises avec une part de près de 50 %, le rail connaît une croissance significative, passant de 10 % en 1993 à 20 % en 2007. “Cette évolution est liée au développement constant de l’offre ferroviaire, tant sur la partie domestique qu’internationale. La France reste, de ce point de vue, une exception au niveau européen : elle est le seul pays à intégrer une part “ferroviaire” aussi élevée dans les dépenses en voyages d’affaires”, souligne l’étude. Une part qui devrait encore s’accroître dans les années à venir, notamment pour les trajets de courte durée, grâce au développement des lignes à grande vitesse en Europe.

Selon ce baromètre AMVA, “ces nouvelles lignes devraient davantage séduire la clientèle affaires. Non seulement à cause des départs et des arrivées en centre-ville, mais également pour des raisons environnementales. En effet, l’environnement est devenu une nouvelle préoccupation, particulièrement sensible du côté des grandes entreprises qui, à 47 %, déclarent prendre en compte cet élément dans le cadre de leur politique voyages. Avec le développement des lignes à grande vitesse en France et en Europe, sur certains trajets, les entreprises ont désormais le choix en matière de mode de transport. Par conséquent, les réductions des temps de trajets, comme Paris-Londres ou Paris-Strasbourg, auront un très fort impact”. Il est évident qu’en se développant, les lignes à grande vitesse européennes s’imposent comme de vraies alternatives à l’aérien : en 2020, le réseau devrait tripler pour dépasser les 15000 kilomètres ! Déjà, avec le TGV Est, les passagers se rendent de Paris à Strasbourg en 2h20, de Paris à Luxembourg en 2h05, de Paris à Bâle en 3h20, de Paris à Stuttgart en 3h40 ou de Paris à Zurich en 4h35. Sans oublier les ICE (Inter City Express), les trains des chemins de fer allemands qui, de Paris, desservent pour la première fois Francfort, Mannheim, Kaiserslautern et Sarrebruck.

De centre-ville à centre-ville

En permettant un accès rapide à ces villes, le train séduit les voyageurs d’affaires. Comme l’indique l’enquête Bedouk-Coach Omnium 2007 : “La notion d’accessibilité est de plus en plus importante, car elle détermine le temps d’acheminement des participants, surtout lorsque l’on sait que les réunions professionnelles sont actuellement plus courtes qu’en 2006 : les séminaires de deux jours sont les plus répandus, suivis de près par les journées d’étude. Avec l’arrivée du TGV Est, la province est clairement de plus en plus privilégiée par les entreprises établies sur le territoire national.”

Pour Hervé Bellaïche, directeur commercial grands comptes de CWT France, “le train s’affiche comme une tendance forte de la demande des voyageurs d’affaires, en particulier en Europe et au Japon où il représente plus de 40 % des voyages réservés ! Ce succès s’explique par une meilleure optimisation du temps de voyage de centre-ville à centre-ville, avec en prime moins de formalités d’embarquement par rapport à l’avion. Le train est également une solution confortable et particulièrement adaptée au travail : possibilité de téléphoner et de lire ses mails sur PDA, réels espaces de travail avec wi-fi, tables de réunion, prises électriques… 96 % des voyageurs déclarent que leur temps de voyage est utile !”

Autre avantage : la fréquence des trains. Jusqu’à 25 allers-retours quotidiens Paris- Bruxelles en Thalys et 16 allers-retours Paris-Londres quotidiens en Eurostar ! De même, une meilleure ponctualité par rapport à l’aérien est un élément décisif. D’après la SNCF, le nombre d’arrivées avec un retard inférieur à quinze minutes est de l’ordre de 90 % pour les trains alors qu’il est de 70 % pour l’avion, selon l’UK Civil Aviation Authority. Enfin, dernier argument en faveur du ferroviaire : des tarifs généralement moins élevés que ceux pratiqués par le secteur aérien. “Lorsqu’il s’agit de trajets n’excédant pas deux heures, le train s’octroie des parts de marché de l’ordre de 80 à 90 % ! En revanche, au-delà de trois à quatre heures de transport, c’est le tarif qui fait la différence entre l’avion et le rail”, affirme Luc Aliadière, directeur de l’Union internationale des chemins de fer (UIC). Pour ce dernier, le service à bord, en particulier en première classe, l’extension des lignes à grande vitesse et le rajeunissement d’une image un peu vieillotte contribuent au renouveau du train. “À bord, les voyageurs d’affaires disposent non seulement d’un espace de travail avec des équipements technologiques adéquats, mais ils ont aussi accès à divers services tels que la restauration à la place ou la réservation de taxis. Ils peuvent utiliser leur téléphone, se déplacer à leur souhait durant le trajet, accéder au restaurant ou au bar et sont assis sur des sièges confortables. Parallèlement, les compagnies ferroviaires ont rénové leurs rames, développé les connexions et aménagé les gares qui deviennent de véritables lieux de vie, agréables et fonctionnels, avec en prime une situation géographique idéale : au centre-ville ! Actuellement, nous sommes en pleine mutation du transport ferroviaire, en particulier en Europe où les structures et les connexions se développent régulièrement…” Pour attirer encore la clientèle affaires, les grandes compagnies ferroviaires européennes étoffent leurs prestations. “Le train tente continuellement de répondre aux évolutions des besoins du voyage d’affaires, remarque Hervé Bellaïche. Il a même adopté les méthodes commerciales qui ont fait le succès des compagnies aériennes : e-ticket, accès aux lounges grands voyageurs, alliances intercompagnies, yield management, tarifs low cost…” Ainsi, parallèlement à une grille de tarifs progressifs calquée sur celle des low cost, à savoir les meilleurs tarifs pour les réservations effectuées le plus tôt, le TGV et Téoz ont lancé l’offre “Pro”, qui propose des services spéciaux pour les voyageurs d’affaires tels que l’accès en dernière minute, des bornes d’échange Minute Pro, des guichets Express Pro pour les départs immédiats, une restauration à la place et des tarifs “services inclus”. Quant aux détenteurs de billets Pro 1er, ils ont droit à d’autres privilèges, comme l’accès aux salons Grands Voyageurs dans les gares. Ces derniers abritent notamment un service de conciergerie et des connexions wi-fi. De plus, les businessmen sont regroupés dans un même wagon “affaires” et peuvent profiter de la réservation gratuite d’un taxi, d’un parking, d’une moto avec motocycliste ou encore d’un bureau…

Depuis le printemps 2007, la SNCF intensifie ses actions auprès des voyageurs d’affaires, avec l’ambition d’augmenter la part de 20 % que ces passagers représentent pour l’ensemble de l’activité du groupe. Comme l’indique Valérie Assayag, directrice des ventes groupes et trains spéciaux à la SNCF : “Nous avons monté en partenariat avec divers prestataires, spécialement pour cette clientèle, une douzaine de produits thématiques sur des destinations clés accessibles en deux à trois heures en TGV, en Thalys ou en Eurostar. Nos prestations vont du simple achat de places de train à des services comme les réservations d’hôtels, l’animation, l’organisation d’excursions, les transferts pour rejoindre la gare de départ, l’accueil personnalisé du groupe sur le quai, la restauration à bord, jusqu’à la personnalisation de la rame, l’affrètement d’un TGV ou l’élaboration d’un produit sur mesure. Un numéro de téléphone unique, le 0810 879 479, ainsi qu’une adresse mail spécifique, acvgroupes@sncf.fr, permettent d’obtenir tous les renseignements souhaités et d’effectuer les réservations.”

L’une des préoccupations essentielles de la clientèle affaires est aussi de gagner du temps entre les trajets train-hôtels-lieux de réunion et donc de valoriser leur temps de transport. C’est pourquoi Thalys lance en 2008 une offre où tout est pensé pour rendre agréable et productif le temps de trajet de ses 6,2 millions de voyageurs, en particulier celui des hommes d’affaires qui représentent près de 50 % de sa clientèle.

Services à valeur ajoutée

Au programme 2008 : l’accès Internet à haut débit en mode wi-fi avec liaison satellite bidirectionnelle et la gratuité pour les passagers de la classe Confort 1, l’adhésion à Railteam, une nouvelle restauration à bord avec des horaires adaptés au trajet, une mise en service pour les détenteurs de la carte de fidélité Cybelys du MMS Ticketless. Son principe est le suivant : le passager indique au moment de la réservation via Internet ou une ligne téléphonique directe Cybelys, qu’il souhaite voyager en Ticketless. Il reçoit ensuite sur son téléphone portable un code-barres confirmant sa réservation, qui peut être lu par le contrôleur à l’aide d’un scanner. En parallèle, le client reçoit par e-mail la confirmation de sa commande.

Thalys a également revu les uniformes du personnel et l’aménagement de l’ensemble de ses rames, proposant notamment des espaces plus spacieux, des prises électriques dans toutes les voitures et dans tous les trains, une “business lodge” présente en voiture 1. Dotée d’un bureau, cette dernière peut accueillir quatre personnes et être réservée sur demande. À la fin de l’année, la compagnie proposera, en train grande vitesse, un Paris-Amsterdam en 3h13 puis, à la mi-2009, un Paris-Cologne en 3h09. Autre nouveauté annoncée par Béatrice Pâques, directrice commerciale et marketing, Thalyseo. “Thalys, en partenariat avec le réseau professionnel Viadeo, propose à ses passagers de se connecter pendant leur trajet et d’être mis en relation professionnelle avec d’autres passagers. Ce networking volontaire ferroviaire est une grande première européenne !”

Côté Suisse, Lyria n’est pas en reste, comme le souligne Christian Rossi, son directeur général. “Actuellement, les voyageurs d’affaires représentent 40 % de nos passagers et nous comptons sur l’arrivée du TGV Est pour accroître cette part, tout en montant en gamme. Pour cela, je m’appuie sur mes vingt années d’expérience dans l’aérien qui m’aident à lancer de nouveaux produits. Ainsi sur le TGV Est qui relie depuis cet été par quatre allers-retours quotidiens Paris-Bâle en 4h30 et depuis cet hiver Paris-Zurich en 4h30, tout notre personnel parle au minimum le français et l’allemand. Par ailleurs, les passagers au départ de la Suisse peuvent éditer un billet électronique et des guichets réservés aux clients du TGV sont ouverts dans les gares de Bâle et de Zurich. À bord de tous nos trains, sauf pour l’instant sur les rames du Paris-Genève, nous avons mis en place en direction des premières classes, une restauration à la place avec un service à la carte et un menu composé de plats chauds. Toujours pour les voyageurs de première classe, mais uniquement à bord des TGV Lyria à destination de Paris, nous offrons la possibilité de réserver un taxi.”

Autre nouveauté : à partir de cet été, grâce à l’adhésion au programme Railteam, des programmes de fidélisation seront proposés. Et d’ici à la fin 2008, les trains Paris-Strasbourg-Zurich seront équipés de la technologie wi-fi. Enfin, la mise en place d’un billet électronique international est à l’étude et, d’ici à 2009, un salon privatif business première classe sera aménagé dans la gare de Zurich.

Lyria travaille également à une refonte des horaires en fonction des besoins des hommes d’affaires, ainsi que sur la fréquence des trains et la création d’un service affaires à part entière. Christian Rossi l’affirme : “Le rail en dessous d’un temps de transport de quatre heures est l’avenir ! Dans le train, les passagers sont comme au bureau, n’ont aucune rupture de trajet, les contrôles de police et de douane s’effectuent à bord et le confort est nettement supérieur à ce qui se pratique dans l’aérien.” Un avis que partage Jerôme Laffon, directeur commercial Eurostar France. “Depuis 2005, Eurostar propose une classe adaptée aux voyageurs d’affaires : la classe Business Premier. Elle donne accès à des services dédiés, notamment en gare, avec un business lounge griffé Philippe Starck et des prestations à bord telles que la mise à disposition de la presse française, des prises électriques françaises et britanniques, une restauration à la place… Notre objectif est de rendre le voyage le plus fluide possible, dans un confort optimal avec un temps de trajet employé pour travailler ou pour se détendre. Parallèlement, nous centrons nos efforts sur la ponctualité qui atteint aujourd’hui 91,5 % !”

En trois ans, le volume des voyageurs d’affaires a augmenté d’environ 30 %. En 2007, Eurostar a transporté près de 8,3 millions de passagers, dont 20 à 25 % d’hommes d’affaires, sur ses trains à grande vitesse reliant Paris, Lille, Calais et Bruxelles à Londres St Pancras International. Conçue comme un véritable lieu de vie, la nouvelle gare londonienne est connectée à six lignes de métro et desservie par sept compagnies ferroviaires. Son ouverture conjuguée au lancement de High Speed 1, la ligne à grande vitesse britannique, a permis à Eurostar de diminuer son trajet Paris- Londres de 20 minutes. “Désormais nous faisons partie du club des deux heures avec Paris-Londres en 2h15, Paris-Lille en 1h20 et Bruxelles-Londres en 1h50. Nous assurons en moyenne 16 allers-retours quotidiens entre les capitales française et britannique, soit un départ toutes les demi-heures !, souligne Jerôme Laffon. Notre trafic s’est aussi sensiblement accru : il a augmenté de 11 % entre la mi-novembre et la fin décembre 2007.” Selon lui, la clientèle business “est très exigeante, friande de nouvelles technologies lui permettant de gagner du temps et d’être le plus flexible possible. C’est pourquoi nous suivons de très près tous les tests effectués actuellement par la SNCF concernant le wi-fi à bord des trains. De la même manière, nous envisageons de mettre en place, au cours du second semestre 2008, le Mobil Ticket où un code-barres remplacera le billet et indiquera tous les éléments du voyage.” Système assez similaire au MMS Ticketless de Thalys.

Dans un tout autre genre, côté espagnol, le Train hôtel Elipsos, anciennement Talgo, permet aux hommes d’affaires, soit environ 17 % de ses passagers, de voyager de nuit en toute quiétude. “C’est un véritable trainhôtel roulant ! Toutes nos cabines sont aménagées comme des chambres, voire pour celles de la Grande Classe, comme des suites hôtelières”, explique Evelyne Balthazar, déléguée ferroviaire pour la France. En effet, en Grande Classe, le voyageur a droit à un compartiment individuel ou double, équipé d’un vrai lit, d’un lavabo, d’une douche et de toilettes. De plus, il dispose de la climatisation, d’un interphone lui permettant de contacter à tout moment un membre du personnel à bord, d’un téléphone, d’un nécessaire de toilette et de la presse internationale du jour. Les lits sont transformables en sièges confortables et, au matin, un petit déjeuner est proposé en cabine ou au restaurant. Même principe en classe affaires, excepté la douche et le dîner à la carte proposés aux clients voyageant en Grande Classe. “Deux cents passagers, dont 20 en Grande Classe, et environ 70 en classe affaires peuvent embarquer sur chacun de nos quatre trains : Paris- Madrid, Paris-Barcelone, Barcelone-Milan et Barcelone-Zurich. Ils ont accès à la voiture restaurant et au bar. Tous nos horaires sont étudiés pour faciliter leur déplacement. Ainsi, les départs ont lieu entre 19 h et 20 h, après la journée de travail et permettent d’arriver en parfaite condition au petit matin dans la ville de leur choix. Avantage très prisé par les hommes d’affaires. Toujours dans l’optique de leur rendre le voyage aussi agréable que fonctionnel, nous testons actuellement un système de réservation de taxis à bord”, ajoute Evelyne Balthazar.

Croisières ferroviaires de luxe

Le voyage d’affaires peut aussi être un voyage d’agrément lorsque les passagers empruntent des trains d’exception comme le Venice Simplon-Orient-Express, le Royal Scotsman, le Pullman-Orient-Express ou El Andalus. “Les voyages de récompense en train représentent près de 15 % de notre activité, soit environ 2500 passagers, dont 500 sur le Venice Simplon-Orient-Express”, indique Yann Guézennec, directeur commercial et marketing France de la compagnie Orient- Express Trains & Cruises.

À bord, les voyageurs vivent l’aventure version 1900 revue et corrigée confort moderne. Ce sont généralement des petits groupes d’une quinzaine de personnes occupant des postes de décisionnaires pour lesquels les entreprises sont aux petits soins. “Elles savent parfaitement que voyager à bord de l’un de nos trains Venice Simplon-Orient Express restera pour les invités une expérience inoubliable associée à jamais à leur image”, affirme Yann Guézennec. Même chose à bord de l’autre fleuron du groupe, le Royal Scotsman, comme le confie Sylvie Gremillot, directrice clientèle Orient-Express Hotel, Trains & Cruises. “Trente pour cent de notre clientèle appartiennent au secteur incentive. D’avril à octobre, nous proposons une découverte de l’Écosse hors des sentiers battus, car le trajet traverse des paysages le plus souvent inaccessibles en dehors de ce moyen de locomotion. D’une capacité de 36 passagers, le train peut être affrété et des voyages thématiques sur mesure peuvent y être organisés…” C’est une véritable croisière ferroviaire de deux à sept nuits que vivent les passagers du Royal Scotsman. “Tous nos voyages sont en pension complète, boissons comprises, et les cabines sont dotées de vrais lits, avec douche et WC. La voiture-restaurant sert une cuisine réputée pour être l’une des plus fines de Grande-Bretagne. Dans le dernier wagon, une voiture observatoire avec baies vitrées accueille les convives autour d’un verre, dans une ambiance typiquement écossaise, agrémentée parfois par un conteur”, précise Sylvie Gremillot.

À Paris, une autre aventure attend les passagers du Pullman Orient-Express. “Soixante-quinze pour cent de nos demandes émanent du corporate ! La majorité de nos clients souhaitent embarquer pour un dîner couplé ou non avec la visite en cours de voyage d’un site comme une cave champenoise ou un château. Parmi nos soirées thématiques, les ‘escapades gourmandes’ et les ‘intrigues policières’ d’après Agatha Christie sont appréciées. Nous organisons aussi des voyages sur mesure en France ou en Europe, dit Pascale Moreau, directrice commerciale. Il nous arrive d’avoir des réunions à bord, mais le nombre de personnes est alors limité à 35. Au-delà, nous acheminons les participants vers des lieux adaptés. Par ailleurs, le train se prête à des déplacements VIP ou à des opérations de cohésion d’équipe…” C’est le seul train au monde à posséder des voitures classées monuments historiques !

De l’Ecosse à l’Andalousie

Enfin, dernier train mythique circulant en Europe : El Andalus. Composé de douze voitures décorées Art nouveau, il transporte les passagers au cœur de l’Andalousie au cours d’un circuit reliant Séville à Cordoue en passant par Ronda, Grenade, Antequera et Carmona. En dehors des repas servis au wagon-restaurant, les déjeuners et dîners ont lieu dans les meilleurs établissements d’Andalousie. Les convives y dégustent les plats traditionnels de chaque région d’Espagne concoctés par des chefs de renom. La nuit, cinq wagons-lits de luxe accueillent les passagers dans un décor Belle Époque. Voitures qui eurent le privilège de recevoir, dans les années 1900, des têtes couronnées, notamment le roi d’Angleterre, lors de voyages le menant de Calais à la Côte d’Azur.

Certaines voitures, les “cabines Club”, sont dotées de deux lits bas, d’une salle de bains privée avec douche, WC et lavabo. Pendant la journée, l’un des couchages peut se transformer en confortable sofa. Toutes les voitures sont climatisées, possèdent des armoires garde-robes et des garde équipages. Deux cabines doubles standard peuvent même être reliées et se transformer en suite avec salle de séjour et chambre. Des voyages d’exception, donc, que la clientèle “tourisme d’affaires” n’est pas près d’oublier.