Transport aérien : toutes taxes incomprises

Heureux, les adeptes de l’e-ticket qui échappent au dernier des suppléments à payer annoncé en chœur par les compagnies aériennes. Huit euros de plus par trajet chez Air France-KLM pour les utilisateurs du billet papier, 25 euros chez British Airways, 15 euros chez SAS… D’autres, comme Lufthansa ou Iberia, ne devraient pas tarder à suivre. La liste des taxes aériennes payées par les passagers, en sus du prix hors taxes, continue donc de s’allonger. Entre Paris et New York, par exemple, ils doivent débourser entre 90 euros et près de 170 euros, selon les compagnies ; rien que pour les taxes.

Le pétrole et le reste

Déjà, en 2001, l’addition avait passablement enflé. C’est à la suite des événements du 11 septembre que la surcharge appelée YQ dans le jargon de l’aérien a vu le jour. Elle est liée à l’augmentation du cours du pétrole et aux nouvelles règles de sûreté. Elle est fixée et perçue intégralement par le transporteur, et peut représenter, dans certains cas, tout de même plus de la moitié du total des taxes. “Cette composante carburant est supposée être retirée si le prix du baril descend, indique-t-on chez Air France. Quant à la surcharge sûreté, elle est destinée à financer certains aménagements, par exemple les portes de cockpit, et doit permettre de mettre en œuvre toutes les dispositions qui ont été demandées après le 11 Septembre. Ce qui, pour les compagnies aériennes, représente des coûts très lourds.”

Pour autant, si toutes les compagnies aériennes ont pâti de la hausse du baril, toutes ne l’imputent pas dans les mêmes proportions. Explication d’un professionnel du tourisme : “Certaines la répercutent un peu plus que d’autres… cela leur fait une petite “réserve” ; parfois même, cela arrondit un peu leurs marges…” Heureusement, concurrence oblige, ce n’est pas toujours le cas.

Autre taxe “évolutive” : la redevance passager. Sur un Paris-New York, l’aéroport Charles-de-Gaulle perçoit 12,10 euros en 2006, et devrait augmenter la somme à raison de 5 % par an jusqu’à 2011.L’Aviation civile, les douanes et l’immigration américaines, l’aéroport JFK et les autres organismes US se partagent le reste : 58,78 euros. Pour l’instant, c’est tout… Jusqu’au 1er juillet, date à laquelle la taxe “Chirac” pour l’aide au développement des pays défavorisés devrait prendre effet en France. Elle coûtera un euro aux passagers de la classe économique et 40 euros aux voyageurs en affaires. Les passagers internationaux en correspondance seront exemptés.

Seuls à échapper à tout ça : les enfants de moins de deux ans n’occupant pas de siège. Enfin, la compagnie aérienne est tenue de rembourser au passager ayant manqué son vol, toutes les taxes, redevances et surcharges qu’il aura versées lors de l’achat de son billet. Les bons comptes font les bons amis.