Trois cultures et la plage : Mexique

Le voyage commence par quelques jours à Mexico, autrement dit par un plongeon dans l’énorme urbanité latino-américaine. Ainsi l’on passe d’un musée unique au monde à la découverte d’un passé hispanique, d’une gastronomie piquante à des jardins flottants, de pyramides précolombiennes à la douceur d’un soir sous les arcades d’une vraie hacienda. Et puis l’on part sur le Pacifique, à une heure d’avion. Et là, le grand bleu.

Mexico

Il serait présomptueux de vouloir découvrir l’essentiel de Mexico en deux jours. C’est grand Mexico, immense, jeté aux pieds du volcan Popocatépetl comme une toile urbaine taillée à la serpe. Et c’est haut : 2300 mètres d’altitude qui couperaient le souffle au plus entraîné des coureurs de fond. Alors, pour ces quelques jours et soirées dans la mégalopole, il faut choisir. Osciller, dans les embouteillages, entre le monde des Aztèques et les tout petits restes de la cité merveilleuse qu’ils appelaient Tenochtitlán ; se balader dans les quartiers coloniaux ou encore découvrir l’art moderne mexicain avec les fresques de Diego Rivera ou les peintures de Frida Kahlo…
On ne peut évidemment ignorer l’art populaire et ses centres artisanaux, ni le quotidien vécu dans son jus avec, le jour, la visite de l’énorme et hallucinant marché couvert de “la Merced” et, le soir, une virée dans le quartier noctambule de la Zona Rosa, bourré de restaurants, de terrasses, de bars et de boîtes de nuit… C’est branché, joyeusement latino, jeune, gay par endroits, et parfois même un peu sulfureux, façon rabatteurs de Pigalle.


Le centre historique du Zócalo

Pauvres Aztèques ! Il ne leur reste plus que cela, à Mexico intra-muros : le Templo Mayor, une grosse masse de pierres, vestiges de la plus grande pyramide de leur capitale. Le site vaut néanmoins le détour, le musée attenant surtout, situé au cœur du quartier historique. Juste à côté de la place du Zócalo, et donc de la cathédrale Metropolitana, mais aussi du Palacio nacional qui abrite les fresques de Diego Rivera. L’occasion d’approcher l’art moderne mexicain, et l’histoire du pays vue par l’artiste : des Précolombiens à la révolution.
Sur la place, on vend de tout, de préférence des souvenirs bon marché. Mais surtout, sous un gigantesque drapeau mexicain, des guerriers indiens à demi-nus roulent du tambour toutes plumes dressées sur la tête ; ils dansent et posent pour quelques pesos devant les touristes…
Le mieux est de gagner la terrasse de l’hôtel Majestic ou celle de l’Holiday Inn, qui surplombent le tout et que l’on peut privatiser pour l’occasion. Alentour, les rues grouillent de monde, croulent sous les étals déballés à même le sol, et alignent des boutiques hors du temps, des cafés Internet et tout un bric-à-brac chinois…

Alternative : Le site précolombien de Teotihuacán (à une cinquantaine de km de mexico)

Elle n’est pas si haute, cette pyramide de la Lune. Mais l’altitude – plus de 2000 mètres – ajoutée à la volée de marches raides, coupe le souffle. Du coup, on profite du temps de récupération pour découvrir la vue. Juste devant, sur fond de plaine nue, c’est l’avenue des Morts, longue de quatre kilomètres. La voie est droite et bordée de ruines, petites pyramides et constructions religieuses. Au bout, le temple de Quetzalcoalt, sur la droite, le palais de Quetzalpapalotl, et sur la gauche, la majestueuse pyramide du Soleil, 63 mètres de haut, 2,5 millions tonnes de pierres et, elle aussi, un escalier qu’on n’est pas près d’oublier.
Le site, occupé dès 600 av. J. C. par des humains dont on ne sait rien, stigmatise la fabuleuse richesse de la culture meso-américaine. Nul ne sait pourquoi, le lieu a été subitement abandonné vers 750 ap. J. C. Il faut compter une bonne demi-journée pour le visiter.

Alternative : Les jardins flottants de Xochimilco à une vingtaine de km du centre historique de Mexico

C’est sûr, il faut aimer les mariachis, leurs guitares et leurs flonflons, les fêtes populaires, les chansons à tue-tête, les couleurs à outrance, la bière légère et la tequila… Car tous les week-ends, dans la périphérie de Mexico, les jardins flottants de Xochimilco font une fête carabinée… À l’origine, il s’agissait d’un réseau de canaux élaboré par les Précolombiens, parsemé d’îles créées de toutes pièces destinées à faire pousser des légumes.
Aujourd’hui, on s’y promène au fil de l’eau sur des barges bariolées qui vont par centaines ; chacune d’elles étant dotée d’une longue table collective permettant de recevoir des groupes d’amis ou des familles. Sitôt partis, des petites barques passent à l’abordage et proposent force boissons fraîches. Certaines font carrément bateau-popote et fournissent de la cuisine populaire, à des convives qui n’ignorent rien du verbe “rigoler”. En semaine, c’est beaucoup plus calme. On longe les rives des canaux, et sous de grands saules, on découvre les fameux jardins flottants, qui fournissent encore en fruits et en légumes les marchés de la capitale. En fleurs, aussi. Et c’est bien joli.

Croisière en catamaran

Ils sont énormes ces catamarans qui cabotent de baie en baie ; ils acceptent jusqu’à 200 passagers, passent entre des îlots où s’égaient des centaines d’oiseaux. Et confortables, avec cela. Et privatisables aussi… Ils partent du port de Santa Cruz Huatulco, pour une demi-journée, voire une journée de mer, de plages de sable blanc, vierges comme aux premiers jours, de baignades dans des eaux cristallines et de cocktails-parties les pieds dans l’eau. Le vrai luxe.

Alternative
L’échappée belle Puerto Escondido, Zipolite et Puerto Angel

Bien sûr, Puerto Escondido n’est plus tout à fait ce qu’il était dans les années 70, avec ses “maisons bleues adossées à la colline, on y vient à pied, on ne frappe pas…” Il s’est un peu embourgeoisé, le petit port perdu au bord du Pacifique… et s’est mis à l’air du temps en transformant l’une de ses plages en paradis pour surfeurs. C’est même l’un des meilleurs spots du monde. Pour le reste, le village, un rien “coquillages et crustacés” est toujours accroché à la Sierra, les cocotiers s’inclinent toujours sur la plage, les cafés ne désemplissent pas, les restaurants sont bondés…
Au départ de Huatulco, il faudra tout de même compter sur une échappée belle d’une journée complète, pour un déjeuner, par exemple. Au retour, on en profitera pour s’arrêter à Zipolite, plus sauvage, plus jeune, plus libre aussi. Avec des vagues énormes – réputées dangereuses – venant mourir au pied des paillotes plantées dans le sable. Cocktail ou bière Corona. On complétera par un dernier stop à Puerto Angel, à quelques kilomètres, bien caché au fond de sa baie. Peu ou pas de parasols, mais des barques, de vraies barques avec les vrais pêcheurs qui vont avec et qui font vivre le petit port… Comme avant.