L’Union Européenne voit encore plus rouge

La Commission Européenne va introduire dans les prochaines semaines une nouvelle catégorie "rouge foncé" pour les zones de l'Union à très haut risque de contamination. Elle s'ajoutera aux zones verte, orange et rouge déjà en vigueur. Mais les pouvoirs de la Commission restent très théoriques dans l'application de règles sanitaires communes.

La pandémie fait des ravages sur le continent européen. Et la crainte d’un emballement grandit face au virus mutant originaire du Royaume Uni, avec le risque d’une propagation à très grande vitesse mettant sous pression les capacités hospitalières du continent.

D’où un nouveau tour de vis par la Commission européenne. Mais avec le souci de préserver autant que possible une activité économique et la possibilité de se déplacer pour affaires. La Commission s’est donc penchée sur des mesures supplémentaires pour limiter les déplacements non-essentiels à l’intérieur et à destination de l’UE.

Les fermetures de frontières n’aideront pas, les mesures communes le feront

« Il est urgent de réduire le risque d’infections liées aux voyages. Et ce, afin d’alléger la charge qui pèse sur des systèmes de santé déjà surchargés« , a déclaré lundi 25 janvier Didier Reynders, commissaire européen chargé de la justice. « Les fermetures de frontières n’aideront pas, les mesures communes le feront« , ajoutait-il.

L’exécutif européen a suggéré de renforcer les restrictions dans les régions où l’incidence des cas est très élevée (plus de 500 infections pour 100 000 habitants), tout en décourageant fortement tout voyage non essentiel à travers l’UE.

Du rouge foncé en supplément

Les États membres devraient approuver cette nouvelle recommandation dans les prochaines semaines. La mesure redéfinirait les cartes d’infection que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publie chaque semaine pour coordonner les restrictions de voyage.

Dorénavant, les régions de l’UE seront ainsi divisées en zones verte, orange, rouge et en nouvelles zones « rouge foncé », en fonction des taux d’infection du Covid-19.

La nouvelle catégorie rouge foncé a été introduite pour indiquer « les zones où le virus circule à des niveaux très élevés, notamment en raison de variantes plus infectieuses préoccupantes« .

Les personnes en provenance d’une zone rouge foncé devraient subir un test avant leur arrivée. Puis se mettre en quarantaine.

Dans l’intervalle, les États membres ont mis en place leurs propres stratégies pour les zones actuellement considérées comme orange et rouge. Les restrictions de voyage ne s’appliqueront cependant pas aux voyageurs en provenance des zones vertes. Mais il en existe très peu actuellement sur le continent.

Certains groupes, tels que les travailleurs et habitants transfrontaliers ou le personnel des transports devraient être exemptés de certaines restrictions, selon la Commission.

Une Commission sans réel poids légal sur la santé

Est-ce que les pays se conformeront à cette règle? La Commission en la matière n’a en fait aucune prérogative légale. Preuve en est : la Belgique vient d’émettre l’interdiction à ses ressortissants de quitter le pays pour des voyages non-essentiels jusqu’au 1er mars. L’interdiction entre en vigueur mercredi 27 janvier.

Pour les voyageurs en provenance de pays tiers à l’UE, la Commission recommande des mesures plus strictes et plus homogènes entre pays membres. Elle souhaite que tous les États membres exigent un test de dépistage obligatoire (au maximum 72 heures) avant le départ. Il peut se combiner à une exigence d’auto-isolement, de quarantaine ou de tests supplémentaires, selon les besoins. Cette mesure concernerait désormais le Royaume-Uni.

Pour les voyages en provenance de pays où l’on détecte les nouvelles variantes de Covid-19, la Commission juge nécessaire un dépistage également à l’arrivée. La mesure s’ajouterait aux précautions déjà en vigueur. Elle suggère une quarantaine obligatoire de 14 jours maximum. Enfin, les voyageurs devraient remplir un formulaire de localisation dans tous les Etats membres.

Au 25 janvier, le Portugal, l’Espagne, la République tchèque, l’Irlande, la Slovénie, la Lituanie, la Lettonie, la Suède, la Slovaquie, l’Estonie, Chypre, les Pays-Bas et Malte affichaient des taux de plus de 500 infections pour 100 000 habitants au cours des deux dernières semaines. Au total, l’Union Européenne enregistrait le 26 janvier 18,72 millions de cas positifs au covid et près de 450 000 morts.