Visa : Asie du Sud Est, Caraïbes et Océanie jouent l’ouverture

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L'union Européenne fait partie des régions les plus restrictives en termes de visas

Chaque année, l’Organisation Mondiale du Tourisme, UNWTO, fait le bilan des progrès réalisés dans le monde pour faciliter l’attribution de visas. Avec d’abord une bonne nouvelle. Le nombre de voyageurs devant obtenir un visa avant de se rendre dans un pays continue de reculer. Il aurait  même, selon l’UNWTO, atteint un record historiquement bas. Début 2016, 61% de la population mondiale avait besoin d’un visa traditionnel. Certes, le chiffre reste élevé mais il atteignait encore 75% en 1980, un chiffre qui n’avait guère changé en 2008.

La tendance reste à une amélioration progressive de ce quota. En effet, toujours selon le rapport de l’Organisation, les récents problèmes de terrorisme ou d’insécurité ne semblent pas altérer l’effort de simplification des formalités d’entrée à travers le monde. L’agence onusienne pour le tourisme se bat depuis des années pour cette simplification. Elle démontre – chiffres à l’appui – que plus que le coût du visa, ce sont surtout la complexité des formalités, le temps d’attente, le déplacement en ambassade qui influeront négativement sur la décision d’un voyageur à se rendre dans un pays.

Les statistiques de l’UNWTO montrent que 18% de la population mondiale peut aujourd’hui voyager sans recourir à un visa en 2015; 15% de cette même population pouvait obtenir un visa à l’arrivée. Il n’était que 5% à bénéficier d’une mesure similaire en 1980 et 8% en 2008. Enfin, 6% de la population mondiale peut entrer sur un territoire étranger par le truchement d’un e-visa.

C’est probablement cette dernière catégorie qui va connaître à l’avenir la progression la plus significative. L’Organisation Mondiale du Tourisme indique que les pays passés du visa traditionnel au visa électronique ont représenté 16% des près de 7,500 changements de régime d’attribution entre 2010 et 2015. Et qu’à l’intérieur de pourcentage, 91% de ces changements ont pris place en 2014 et 2015. Le e-visa a par exemple été introduit l’an dernier en Inde, généralisé au Myanmar tandis que l’Australie fait partie des pionniers dans ce domaine.

Index agrégeant les différentes politiques. Plus l’index est haut, plus il marque l’ouverture d’un pays
Situation sur les formalités de visa dans le monde en 2015 par région

Au total, ce sont 54 destinations qui ont mis en place des conditions d’entrée simplifiées envers 30 nationalités entre 2010 et 2015.  Parmi les pays les plus ouverts – qui ont en fait la note la plus haute pour leur ouverture aux visiteurs étrangers, figurent la Micronésie, les Iles Cook, Nuie, la Dominique qui affichent un index 100. Suivent  Haïti avec 99, Macao avec un indice 85 et Hong Kong/Maurice à égalité avec un indice 80.

L’UNWTO souligne qu’il existe pourtant des différences importantes d’une région à l’autre, et note que les régions les plus restrictives selon la classification onusienne officielle étaient ainsi en 2015 l’Afrique Centrale, l’Afrique du Nord, l’Amérique du Nord et l’Union Européenne. La peur d’une immigration illégale pour des motifs économiques explique la frilosité du continent nord américain ou de l’UE.

Les voyageurs se rendant en Asie du Sud Est, en Afrique Orientale, dans le Pacifique et dans les Caraïbes bénéficient en revanche des conditions d’entrée les plus souples. L’Asie du Sud Est devrait continuer de grimper au palmarès dans le prochain rapport de l’UNWTO avec l’Indonésie qui a supprimé l’obligation de visas pratiquement pour le monde entier, le Vietnam qui peu à peu dessert un carcan de formalités jusqu’à présent plutôt restrictif, tout comme le Myanmar, qui continue de promouvoir le visa électronique.

Le e-visa monte progressivement en puissance
Evolution des politiques de visa entre 1980 et 2015 (en %)

A l’avenir, des visas régionaux devraient se multiplier, à l’instar du visa pour l’espace Schengen. On peut penser qu’à terme, un visa ASEAN pourrait se concrétiser tout comme un visa commun aux pays du Conseil de Coopération du Golfe. Une initiative qui pourrait représenter une véritable avancée pour les voyageurs vers cette région, d’autant que certains comme le Koweit ou l’Arabie saoudite appliquent des conditions d’entrée excessivement strictes.

« Les challenges actuels posés par le besoin de sécurité ne doivent pas nous détourner du processus de facilitation de visas. Bien au contraire, renforcer la sécurité tout en facilitant le tourisme devrait être conduit en parallèle. De fait, alors que la sécurité et la sûreté de tous sont devenues prioritaires, nous devons travailler ensemble pour promouvoir un environnement sécurisé, sûr et facile grâce notamment aux possibilités offertes par la technologie et par une coopération internationale pour l’échange de données », expliquait à Berlin durant l’ITB Taleb Rifai, Secrétaire Général de l’Organisation Mondiale du Tourisme.