Plus de 25% des voyages d’affaires remplacés par des réunions en ligne selon Morgan Stanley

S'il existe un vrai besoin de retour à des réunions en présentiel chez les hommes d'affaires, les vidéo-conférences ont de beaux jours devant elles. Ces dernières devraient, selon une enquête de la banque d'investissements Morgan Stanley auprès d'une centaine de travel managers, remplacer plus d'un quart des déplacements d'affaires...
La visioconférence, une alternative aux déplacements de plus en plus crédible. © fizkes/shutterstock.com

Les responsables des voyages d’affaires s’attendent à ce que les réunions virtuelles remplacent plus d’un quart du volume total des voyages en 2022– très exactement 27%. C’est le résultat d’une enquête de la banque d’investissements Stanley Morgan conduite entre la fin juin et le début juillet.

Il s’agit cependant d’une amélioration par rapport à 2020 où 44% des voyages d’affaires avaient cédé leur place à des réunions en ligne. En 2023, ces mêmes responsables estiment que les réunions virtuelles devraient cependant toujours remplacer 19% des meetings en présentiel.

Sur les 140 responsables de voyages d’affaires interrogés par Morgan Stanley, plus des deux tiers disposent d’un budget annuel de voyages d’au moins 10 millions de dollars. Et un tiers plus de 15 milliards de dollars. Dans l’échantillon d’entreprises sélectionnées, 67% sont basées aux Etats-Unis, 19% en Europe et 14% en Asie ou ailleurs dans le monde.

La part importante que constitue désormais la visioconférence est due à une gestion plus efficace du temps de travail des employés. Mais aussi à des considérations sanitaires et environnementales.

Les motifs environnementaux, une préoccupation européenne

Sur les motivations, près des trois quarts des personnes interrogées ont répondu que le passage au virtuel représente « une utilisation plus efficace du temps des employés ». Vient ensuite la réduction des coûts par le biais de la technologie, à 72%. 59% mentionnent les préoccupations liées au Covid-19. Enfin près de 50% citent des préoccupations environnementales et de durabilité.

Ces chiffrent varient pourtant d’un continent à l’autre. Ces fluctuations sont largement inhérentes à la gestion de la pandémie, aux mesures coercitives (quarantaine) ou aux protocoles de mobilité (ouverture des frontières) d’un gouvernement à l’autre. Cependant, on note que les entreprises européennes considèrent les préoccupations environnementales comme une raison importante de remplacer les voyages. Elles sont 25% à citer l’environnement comme une motivation à la visioconférence contre 5% dans les entreprises américaines.

Les travel manager pensent que le virtuel devrait à l’avenir se stabiliser autour d’un cinquième du volume de réunions. Les résultats de l’enquête indiquent en effet que la plupart des personnes interrogées s’attendent à ce que les réunions virtuelles « continuent de cannibaliser une part importante » de leur volume de voyages en 2023. Un pourcentage de 63% déclare que les réunions virtuelles remplaceraient entre 11% et 50% du volume de voyages de leur organisation en 2023.

Cependant, il existe un peu d’espoir à un retour à plus de normalité dans un proche avenir. En effet, plus d’un quart des répondants (27 %) prévoient que la vidéo-conférence remplacera moins de 10 % des déplacements. 7 % seulement prévoient que les réunions virtuelles ne remplaceront aucun déplacement en 2023.

Des budgets durablement en baisse

L’enquête de Morgan Stanley conclut qu’il faut donc bien s’attendre à une contraction des budgets de voyage dans les deux prochaines années. Pour 52 % des personnes interrogées, ce budget voyages baissera de 11% à 50 % par rapport aux niveaux de 2019. La moyenne devrait ainsi se situer autour de 17,5%. Seuls 4% des responsables voyages pensent que leur budget 2021 atteindra le volume de l’avant-Covid cette année.

Cette proportion grimpe néanmoins à 17% pour le premier semestre 2022 et gagne deux points supplémentaires pour le second semestre. 20% seulement des travel managers pensent que leur budget voyages sera équivalent à son niveau de 2019 en 2023.

Le chiffre reste pourtant faible avec peu de perspectives d’améliorations. Dans l’enquête, un quart des personnes interrogées estiment déjà que leur budget ne retrouvera jamais son niveau d’avant la crise sanitaire.