Washington DC

C’est l’expression qui monte à Washington : “Poliwood”. On a enfin trouvé un mot-valise pour désigner le nouveau visage de la capitale fédérale où, entre charities et visites au Prez’, les paillettes ne cessent de pleuvoir depuis bientôt un an. Retranchées à New York ou sur la côte ouest après le départ de Bill Clinton des bords du Potomac, les stars profitent de l’arrivée d’un président hautement photogénique pour faire leur grand retour à DC.

Et elles ne sont pas les seules. Car le monde du business se rue lui aussi vers Washington. Parfois le souffle court et la bouche ouverte. Pour certains secteurs, le pouvoir fédéral est même devenu la dernière planche de salut. Plutôt incongru dans un pays où le mot “Washington” servait jusqu’ici de valeur sûre pour provoquer les huées dans les meetings électoraux. Mais le malheur des uns fait la puissance des autres. Et la nouvelle aura de Washington se nourrit en partie des avatars du reste du pays. La finance en mode “alerte”, l’industrie automobile en péril, et bientôt les États surendettés : tout le monde se presse depuis un an et demi – en provenance de New York, de Detroit ou de Sacramento – pour venir plaider sa cause à DC.

De quoi nourrir pour longtemps les armées de lobbyistes de K Street. De quoi féconder, également, les pôles technologiques qui se développent autour des grandes agences fédérales à la périphérie de la ville, entre Maryland et Virginie. Washington était une capitale. C’est aujourd’hui une ville capitale.