
Le géant américain Boeing a des sueurs froides. « Boeing doit devenir une meilleure entreprise et les livraisons suivront« , a récemment reconnu Bob Jordan, PDG de Southwest Airlines, lors d’une conférence industrielle organisée par JPMorgan. Le constructeur aéronautique semble en effet ne plus contrôler sa chaîne de production. Problèmes de contrôle de qualité qui font boule de neige, augmentation anémique de la production et retards dans la certification de nouveaux avions affectent le constructeur américain. Et par ricochet, toutes les compagnies aériennes dans le monde.
Ce qui, et c’est là la mauvaise nouvelle pour les passagers, va se traduire par un tour de vis des programmes d’expansion des compagnies. D’où un prix des billets qui restera élevé puisque la demande sera plus forte que l’offre.
Aux Etats-Unis, les compagnies aériennes égrènent une à une leurs difficultés. Southwest a ainsi revu à la baisse ses prévisions de capacité et de résultats financiers pour 2024, en raison d’un nombre de livraisons de Boeing en forte baisse. La compagnie recevra 46 Boeing 737 Max, contre 79 initialement.
Le PDG de United Airlines, Scott Kirby, a déclaré durant la même conférence de JPMorgan qu’il avait demandé à Boeing d‘arrêter la construction de son nouveau Boeing 737 Max 10, pour pouvoir se plutôt concentrer sur la production de Boeing 737 Max 9. « Il est impossible de dire quand le Max 10 sera certifié« , a déclaré M. Kirby. La compagnie va de ce fait élaborer un nouveau plan de croissance sans le Boeing Max 10, tout en suspendant pour le moment le recrutement de nouveaux pilotes.
Ralentissement dans l’expansion des compagnies américaines
Depuis le 5 janvier, date à laquelle un bouchon de porte s’est détaché en plein vol d’un 737 Max 9, Boeing fait donc l’objet de pressions croissantes concernant le contrôle de la qualité en usine. L’incident est imputé à des boulons manquants. L’administration fédérale américaine de l’aviation, la FAA, a de fait constaté des contrôles insuffisants lors d’un audit.
Dans une interview à l’agence Reuters, Luc Tytgat, directeur exécutif par intérim de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), a souligné que l’agence remettait en question le contrôle de la qualité des avions Boeing, en raison d’incidents récents sur la sécurité des appareils. À la question de savoir si l’EASA serait prête à rejeter l’homologation des autorités américaines dans la production de Boeing, Luc Tytgat a répondu par la positive.
Les Airbus A320neo affectés par des problèmes de moteur
Un malheur n’arrivant jamais seul, des problèmes sur des moteurs d’avion fabriqués par Pratt & Whitney a également d’énormes répercussions sur de nombreuses compagnies aériennes dans le monde entier. On estime à plus de 3 000 le nombre de moteurs devant potentiellement être vérifiés. Ce qui devrait entraîner l’immobilisation au sol et l’inspection des flottes d’Airbus A320neo équipées du moteur de type GTF auprès d’une quarantaine de compagnies aériennes. On retrouve dans cette liste Air New Zealand, JetBlue, Cebu Pacific, IndiGo, All Nippon Airways ou Wizz Air.
« Cela pourrait prendre de 15 à 18 mois pour fixer le problème après inspection. Ce qui automatiquement nous oblige à réduire nos flottes sur nos escales et à ralentir notre expansion« , expliquait au forum de l’aviation CLJ à Cluj, en Roumanie, le président de Wizz Air, Robert Carey.

















