
Le marché de la eSIM voyage est en pleine ébullition. On pensait le marché bien redéfini entre les cartes sim des opérateurs traditionnels et les nouveaux venus, les e-sim de voyage. Mais de nouvelles évolutions sont perceptibles. C’est ce que révèle le dernier rapport Spotlight du consultant CCS Insight. Ce dernier examine les évolutions à venir.
Le roaming, longtemps source de revenus assurés et lucratifs pour les opérateurs, est aussi une source de mécontentement pour les clients. Notamment avec des factures qui peuvent rapidement explosées.
Une explosion des cartes eSIM de voyage
Certes, la réglementation de l’Union Européenne, en vigueur depuis 2017, a permis de limiter les abus au sein de l’UE mais aussi de quelques pays qui suivent les mêmes règles comme la Suisse ou le Royaume-Uni. Mais, pour le reste du monde, les frais d’itinérance restent encore élevés.
Le premier catalyseur du changement ? L’introduction de la eSIM dans les smartphones. Cette technologie a ouvert la porte à une vague de spécialistes, qui proposent des offres de connectivité pour voyageurs. Elles sont généralement bien moins chères que celles des opérateurs traditionnels. Airalo, Holafly, Kolet, Nomad ou Ubigi font partie des plus connues. Mais le marché recense plus d’une cinquantaine de prestataires.
CCS Insight prévoie ainsi une croissance spectaculaire : d’ici 2030, plus de 280 millions de eSIM voyage devraient être activées dans le monde. C’est quatre fois plus qu’en 2024. Les ventes mondiales devraient bondir de près de 250 %, passant de 1,3 milliard de dollars à plus de 4,4 milliards.
Les opérateurs traditionnels n’ont pas dit leur dernier mot
Mais désormais, CCS Insight prédit que les opérateurs traditionnels vont participer à la bataille des eSIM. Certes, selon l’analyse de CCS, l’arrivée des opérateurs traditionnels dans l’offre eSIM va démanteler l’avantage financier que leur apportait le roaming. Mais la réaction n’est pas que purement défensive. La eSIM voyage offre aussi de nouvelles opportunités pour générer des revenus et renforcer la relation client, comme le souligne le rapport.
Pour réussir, les opérateurs traditionnels devront dès lors adopter une vision globale. Ils passeront d’un statut régional ou national à une dimension purement internationale. Les opérateurs traditionnels, en intégrant la eSIM, disposeront en fait d’atouts majeurs : relations établies avec les clients, partenariats roaming étendus et le savoir-faire de marques reconnues. C’est par exemple le cas de SingTel à Singapour. La compagnie nationale de télécommunications offre désormais la possibilité pour les voyageurs de choisir en ligne entre une eSIM ou une carte sim traditionnelle.
Quelques réseaux, tels que Vodafone et Orange, ont aussi lancé leurs propres services eSIM voyage. Tandis que d’autres envisagent de suivre le mouvement. S’il est donc plus que vraisemblable que les opérateurs perdent les revenus issus du roaming, ils consolideront la fidélisation de leur clientèle par la eSIM.
Le rapport CCS Insight souligne également que les spécialistes de la eSIM voyage perdront progressivement leur avantage à mesure que le marché sera saturé par les opérateurs traditionnels. CCS prévoit ainsi une phase de consolidation et diversification.

















