Situation incertaine pour le transport aérien vers l’Arabie Saoudite

L'annulation en cascade de vols ce début de semaine sur l'aéroport international de Riyad suite à trois attaques -dont une a touché également l'aéroport de Dammam, plonge un peu plus dans la crise le transport aérien dans la région. Et force les compagnies aériennes internationales à reconsidérer la reprise de leurs vols.
L'aéroport de Riyad tourne au ralenti avec une poignée de vols, après plusieurs attaques des Houthis la semaine dernière (Photo: Luc Citrinot)

83% de vols annulés au départ aujourd’hui, et autant pour les arrivées: c’est la statistique que produisait ce lundi matin le site flightradar24.com, qui traque les mouvements d’avion à travers le monde, pour l’aéroport de Riyad en Arabie saoudite.

La situation est de fait devenue imprévisible pour le trafic aérien saoudien, désormais la cible des missiles des bandes armées houthies tirés depuis le Yémen. Le groupuscule a prévenu la semaine dernière les instances internationales de l’aviation civile qu’il considérait le ciel saoudien comme cible de guerre et que les avions se rendant dans le pays n’étaient pas à l’abri d’attaques. Preuve en a été les trois attaques consécutives en une semaine sur l’aéroport de la capitale, Riyad, ainsi que le missile qui a touché au nord l’aéroport de Dammam, proche de Bahreïn. 

Contrairement aux annonces, il semble néanmoins que l’aéroport de Riyad soit opérationnel mais avec un nombre très limité de vols, juste pour assurer des correspondances essentiellement à destination de Dubaï, Le Caire et Istanbul, ainsi que pour des liaisons domestiques. 

En revanche, le trafic aérien se déroulait normalement vers Djeddah, l’autre grand aéroport international d’Arabie saoudite. Flightradar.com signalait l’annulation de 23% des vols au départ; et à Dammam, de 39%. La plupart des compagnies aériennes internationales ont ainsi annulé leurs vols vers le royaume jusqu’au 19 octobre. Les compagnies européennes comme Air France et Lufthansa ont annulé leurs vols vers Riyad, la première jusqu’au 31 octobre, la seconde jusqu’au 16. 

Mais ceci concerne également les principaux transporteurs de la région. Qatar Airways a suspendu temporairement ses vols sauf vers Djeddah sans donner de date de reprise. Etihad a aussi annulé ses liaisons sur Damman et Riyadh au moins jusqu’au 19 mais aussi sur Djeddah jusqu’au 15  tandis que Gulf Air ne dessert plus la capitale saoudienne jusqu’au 17 octobre. La low-cost Air Arabia depuis Sharjah, ainsi qu’Emirates appliquent pour leur part un programme réduit. 

Les deux compagnies internationales Saudia et Riyadh Air ont également annulé leurs vols mais certains transporteurs low-cost comme Flynas assurent un programme minimal de vols. Les autorités saoudiennes ont entretemps ouvert une enquête pour comprendre pourquoi les défenses aériennes du pays n’ont pas réussi à stopper le barrage, selon deux responsables régionaux qui ont parlé à l’Associated Press sous couvert d’anonymat.