
Le marché français des voyages vers les États-Unis est-il affecté par le contexte économique et politique actuel ?
Eléonore Roger-Martin: Il faut en fait distinguer les différentes clientèles qui voyagent. Il y a définitivement un désamour du marché loisirs pour les Etats-Unis. En revanche, pour les voyageurs d’affaires, la situation ne relève pas nécessairement de ce désamour évoqué. Les entreprises sont confrontées à des incertitudes économiques, fiscales et commerciales, aussi bien en Europe qu’outre-Atlantique. Certaines décisions d’investissement sont reportées ou remises en question, ce qui peut avoir des conséquences sur les déplacements professionnels.
Les préoccupations liées au développement durable peuvent également intervenir dans les décisions de voyage, même si elles restent marginales dans ce contexte.
Comment ces incertitudes se traduisent-elles concrètement dans les déplacements professionnels ?
Eléonore Roger-Martin: Les entreprises rationalisent leurs voyages et se concentrent sur ceux qu’elles jugent indispensables. Les dirigeants et les responsables commerciaux continuent de rencontrer leurs clients, mais limitent les déplacements au strict nécessaire. Certains collaborateurs voyagent ainsi moins qu’auparavant.
Le segment des réunions, incentives, conférences et expositions (MICE) vers les États-Unis est particulièrement difficile. Les coûts élevés constituent un frein, notamment pour certaines entreprises.
Les grands groupes comme les PME continuent néanmoins de considérer les États-Unis comme un marché important, notamment lorsqu’ils souhaitent y développer leurs activités ou étudier les conditions d’une implantation.
New York résiste-t-elle mieux que les autres destinations américaines ?
Eléonore Roger-Martin: Nous ne constatons pas de différence majeure entre la demande pour New York, Atlanta ou Los Angeles. Atlanta est notamment une porte d’entrée importante pour les correspondances et accueille aussi des congrès, qui peuvent soutenir la demande.
New York conserve son attractivité grâce à son rôle de centre décisionnel, à la présence des banques et aux nombreux événements qui s’y déroulent. En revanche, la destination est devenue très chère pour les touristes, qui ont tendance à raccourcir leurs séjours.
Le coût de la restauration et les pourboires, qui peuvent atteindre 20 %, pèsent également sur le budget des visiteurs.
Quelle sera la stratégie de Delta Air Lines sur le marché français pour cette saison hiver 2026-2027 ?
Eléonore Roger-Martin: Nous maintenons globalement un programme comparable à celui de l’année précédente. Delta dessert la France depuis 1985 et continue d’adapter ses capacités en fonction de la demande.
Sur certaines destinations, nous ajustons nos fréquences. Seattle, par exemple, bénéficie d’une répartition des vols avec Air France sur la semaine. Sur New York et Atlanta, nous réduisons certaines fréquences, en passant notamment de trois à deux vols selon les périodes concernées. Je le répète, il s’agit d’ajustements, et non d’un changement fondamental de notre stratégie de desserte.
Des renforcements sont-ils néanmoins prévus ?
Eléonore Roger-Martin: Boston fait partie des destinations renforcées, avec notamment le lancement annoncé d’un service saisonnier sur Nice à partir du 17 mai. Il y aura également la très attendue ligne entre Paris CDG et Austin au Texas. Nous continuons à examiner les possibilités de développement en fonction des attentes de nos clients.
Nous avons également sollicité les membres de notre programme de fidélité SkyMiles pour connaître les destinations transatlantiques qu’ils souhaiteraient voir desservies l’an prochain. La Sardaigne, avec Olbia, et Malte ont ainsi été citées.
Cette démarche permet de bâtir notre réseau en tenant compte des envies des voyageurs. Le fait d’ouvrir une destination ne signifie toutefois pas nécessairement que la liaison sera pérennisée. Nous évaluerons les résultats et pourrons faire évoluer notre offre en conséquence.
Le lancement de nouvelles lignes répond-il donc à une logique d’expérimentation ?
Eléonore Roger-Martin: Il s’agit de tester le potentiel de marchés qui suscitent un intérêt auprès de nos clients. Si les résultats sont satisfaisants, nous pourrons envisager de poursuivre les opérations. Dans le cas contraire, nous étudierons d’autres possibilités.
Nous pouvons également envisager des liaisons saisonnières. L’objectif est de faire correspondre notre offre aux attentes des voyageurs et à la demande observée, plutôt que de considérer chaque ouverture comme définitive.
Quelles nouveautés Delta propose-t-elle aux passagers de la classe affaires ?
Eléonore Roger-Martin: Nous avons introduit de nouveaux éléments destinés à améliorer le confort à bord, notamment des surmatelas, des couettes et des oreillers. Nous avons également renouvelé certains éléments de la trousse de voyage, avec des solutions de rangement pratiques pour les équipements électroniques et les accessoires.
Nous travaillons aussi sur l’expérience culinaire en classe affaires, avec une offre développée en collaboration avec un chef partenaire. (voir encadré)
Les salons Delta One constituent-ils un autre axe de différenciation ?
Eléonore Roger-Martin: Nos salons Delta One aux États-Unis suscitent des réactions très positives de la part des clients qui les découvrent. Outre leur confort, nos salons offrent une fluidité de parcours très appréciée. À New York, Los Angeles et sur les sites concernés, notamment Boston et Seattle, l’enregistrement, le salon et l’embarquement sont organisés de manière à faciliter les déplacements du passager.
Cette proximité permet de gagner du temps et d’offrir une expérience plus fluide, avec davantage de confort et de discrétion.
Quel événement vous a le plus marquée au cours de votre carrière chez Delta ?
Le 11 septembre reste l’événement le plus marquant, même si ce n’est évidemment pas le souvenir le plus agréable. Un autre épisode particulièrement fort a été l’offre publique d’achat de US Airways sur Delta. Nous étions réunis à Orlando avec les équipes commerciales de la compagnie, dans une période d’incertitude majeure. Nous avons finalement traversé cette épreuve, mais nous avons réellement pu mesurer à quel point l’avenir de Delta aurait pu être différent.
Parmi mes meilleurs souvenirs figurent aussi les voyages organisés avec les vétérans, qui ont été des expériences particulièrement fortes sur le plan humain. Tout en sachant que les témoins du débarquement en Normandie s’éteignent peu à peu…
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Delta One se focalise sur une meilleure offre culinaire Delta Air Lines vient d’annoncer une montée en gamme de son produit de classe affaires, Delta One, faisant partie d’un investissement de plus d’un milliard de dollars dans le renouvellement du produit. L’accent est particulièrement mis sur une restauration de plus grande qualité avec des menus travaillés par le chef Simon Hulstone et la Master Sommelier Andrea Robinson. Mais aussi par les chefs Norio Ueno et Jereme Leung, qui apportent leur expertise sur les spécialités régionales. Ce qui se traduit par exemple par le burger au bœuf Wagyu, un saumon rôti au gingembre, de l’agneau braisé ou encore un risotto. Sans oublier une gamme végétarienne et végétalienne à l’instar de ce sorbet accompagnant parfaitement un verre de champagne Taittinger. La compagnie permet également de commander à l’avance son menu de bord à seulement 18 heures avant le départ (au lieu de 24 heures) Côté confort, les trousses de voyage Missoni intègrent des soins haut de gamme, tandis qu’un oreiller Mini Missoni et, sur certaines liaisons, le retour des chaussettes Bombas enrichissent l’expérience à bord. Sans oublier un transfert privé entre l’aéroport et l’avion en Porsche pour les passagers réservant l’option VIP Select. On attend plus que l’arrivée des nouveaux Airbus A350-1000 début 2027… |



















