
Comment décririez-vous l’évolution récente de l’Azerbaïdjan ?
P. M. – Le pays est assez visionnaire. Certes, il peut compter sur des ressources en hydrocarbures qui lui permettent de voir venir pour une centaine d’années. Malgré tout, ses dirigeants préparent l’après-pétrole en accordant une place plus importante aux énergies renouvelables. En outre, après avoir beaucoup oeuvré dans les infrastructures, ils investissent dans le capital humain. Le pays est plus petit que le Kazakhstan, mais il pourrait progressivement s’en rapprocher. À moyen terme, certaines sociétés pourraient ainsi faire de Bakou leur siège pour la région. Cependant, le pays ne se sent pas très connu sur la scène internationale et c’est pourquoi il investit beaucoup dans des événements et des congrès internationaux. Un accord a d’ailleurs été passé avec la ville de Vienne pour développer ce segment.
La chute du cours du pétrole n’a-t-elle pas freiné cette dynamique ?
P. M. – Après avoir mené une politique d’investissements tous azimuts, le pays doit établir des priorités sérieuses. Mais les domaines dans lesquels les entreprises françaises se sont positionnées devraient continuer à se développer. Le rêve du pays est de s’affirmer comme un hub sur toute la zone Caspienne, Asie centrale et Caucase réunis, en se basant sur des modèles comme Dubaï ou Doha. Mais la grande différence, c’est que l’Azerbaïdjan peut s’appuyer sur une population de 10 millions d’habitants. Le pays jouit en plus d’un charmant arrière-pays, avec les montagnes du Caucase. Il y a de belles ressources naturelles, pour un Français qui veut découvrir autre chose que les destinations classiques.
Que représente la population française à Bakou ?
P. M. – Les Français ne sont pas très nombreux : un peu moins de 200, contre 120 quand je suis arrivé en 2012. Cela reste relativement faible, mais les choses évoluent positivement. Et les grands projets, comme celui du métro, devraient contribuer à augmenter de 50 % le nombre d’expatriés dans les deux prochaines années.
Quel conseil donneriez-vous à un entrepreneur tenté par l’aventure ou à un voyageur d’affaires en partance ?
P. M. – Il faut avant tout trouver un partenaire local, car la bureaucratie peut être complexe… Quant aux voyageurs d’affaires, ils ne rencontreront pas beaucoup de difficultés en matière d’hébergement, car il existe ici un vaste réseau d’hôtels, de toutes natures, et qui affichent rarement complet.
Dossier - Bakou : du pétrole et des idées
Bakou, du pétrole et des idées
- Rencontre avec Pascal Meunier, ambassadeur de France à Bakou




















