
Quelle est la stratégie de Transavia pour se développer sur le marché français dans les mois à venir ?
Hervé Kozar – Transavia est en plein développement. Depuis deux ans, nous ajoutons 20 à 25% d’offre supplémentaire chaque année. Nous avons ouvert 20 nouvelles routes l’an dernier, et dix autres cette année. Nous essayons désormais d’améliorer nos fréquences sur les destinations ouvertes au cours des années précédentes. Nous allons donc ouvrir moins de nouvelles lignes, mais renforcer les lignes existantes. C’est le cas par exemple au Portugal, où nous sommes très forts sur Lisbonne et Porto, avec deux voire trois quotidiens. Nous avons ouvert cette année des routes comme Amsterdam, Munich, ou Dublin, où l’on retrouve beaucoup de voyageurs d’affaires.
Quelle est la place de la clientèle affaires dans cette stratégie ?
Hervé Kozar – Nous sommes partis d’une clientèle très loisirs, que nous avons complétée avec les « citybreakers » qui viennent visiter les capitales européennes en week-ends, et l’on s’aperçoit que nous comptons maintenant 10% de passagers qui utilisent nos vols pour des motifs professionnels. Les départs depuis l’aéroport d’Orly sont un atout majeur sur ce marché du voyage d’affaires. Les départs tôt le matin également. A partir du mois d’avril 2016, nous proposerons au moins un vol quotidien sur 29 lignes. Et nous ajouterons un deuxième vol quotidien sur Dublin, Munich, Prague, Venise, Séville et Amsterdam : six destinations vers lesquelles les voyageurs d’affaires pourront donc faire l’aller-retour journée.
Prévoyez-vous de lancer de nouveaux services orientés « business travel » ?
Hervé Kozar – Oui, nos efforts se concentrent aussi sur l’amélioration du produit, relativement simple auparavant. Nous avons mis en place cette année les branded fares, avec notamment le tarif Max qui vise la clientèle affaires avec un bagage en cabine et en soute, le fast track – que nous allons tenter de généraliser dans tous les aéroports –, la modification sans frais jusqu’à deux heures du départ… Nous allons ajouter rapidement d’autres améliorations dédiées à la clientèle affaires, vraisemblablement dans le domaine de l’efficacité au sol, du bagage cabine, de l’embarquement prioritaire, du choix du siège à l’avant pour débarquer plus rapidement. En janvier 2016, tout sera en place.

Alexandre de Juniac avait annoncé que Transavia deviendrait la low-cost leader à Orly. Où en est-on ?
Hervé Kozar – Ce sera le cas en 2016. Nous avons une très forte croissance : nous avons ajouté cinq avions supplémentaires cette année, et cinq autres arriveront l’an prochain. Nous avons maintenant à la fois le programme et le produit pour séduire les voyageurs d’affaires. Notre distribution est adaptée, via les GDS et les SBT des clients corporate. Tout est désormais beaucoup plus fluide que ça ne l’était au début, et l’agent de voyage peut vendre facilement l’offre Transavia à ses clients. Nous avons la chance de pouvoir compter sur la force de frappe du groupe Air France KLM, qui nous permet de faire la différence par rapport à certains concurrents low-costs.
Quelle sera la prochaine étape ?
Hervé Kozar – Nous souhaitons augmenter rapidement la part de la clientèle affaires sur les routes concernées, comme au Portugal, où nous visons 15 à 20% de voyageurs business. Pour remplir nos avions à l’année, et en semaine, nous savons bien qu’il nous faut aller chercher tous les segments de clientèle. La vente d’aller simple chez les compagnies low-costs permet en outre au voyageur d’affaires de « faire son marché » par rapport à ses rendez-vous, en optant si besoin pour deux transporteurs à l’aller et au retour. Nous avons également étoffé notre équipe commerciale, en recrutant Charlotte Dumesnil en tant que Responsable des ventes affaires.
Quelle est la part d’autonomie de Transavia au sein du groupe Air France KLM ?
Hervé Kozar – Nous sommes en complète autonomie. Nous décidons des nouvelles ouvertures de lignes, mais ça n’aurait aucun sens de le faire tout seul : nous essayons d’échanger sur les contraintes et les objectifs de chacun. Nous le faisons donc en bonne intelligence, et par rapport aux slots qu’Air France nous fournit à Orly.
Quelles sont les relations entre Transavia France et son homologue néerlandais ?
Hervé Kozar –Ce sont des relations quotidiennes. Nous avons mené à bien ensemble les récentes évolutions en termes de rebranding, de lancement du nouveau site Internet, des nouveaux uniformes, le tout en ayant en tête un client européen.


















