
“Dans ma carrière, précédemment chez Alcatel-Lucent et aujourd’hui chez Sanof, je n’ai heureusement jamais eu de graves problèmes de sécurité à déplorer. Probablement parce que nous avons su anticiper et bloquer les voyages vers les pays où nous sentions qu’une crise allait survenir. Les situations les plus difficiles auxquelles nous sommes confrontés sont surtout des accidents de la route et des problèmes médicaux. Cependant, au final, ce sont les événements qui surviennent sans préavis comme l’éruption du volcan islandais qui nous posent le plus de problèmes.
Concernant les zones sensibles, nous avons mis en place des protocoles avec International SOS avec un classement des pays à risques. À un certain niveau, l’autorisation des directeurs régionaux est obligatoire, et ils peuvent poser leur veto sur tout ou partie des voyages. Nous avons aussi mis en place des fiches pays très synthétiques, pas plus d’une page recto-verso, qu’on peut emporter partout dans la poche, avec les numéros essentiels.
Si, là où nous n’avons pas de forte implantation, nous nous reposons sur des spécialistes de la sécurité et de l’assistance, nous avons aussi des security managers dans certains pays stratégiques. Protéger la supply chain, mais aussi les voyageurs d’affaires fait partie de leur mission. Via les outils de tracking, ils doivent vérifier qui vient et quand, dans quel hôtel, et prévoir un accompagnement au besoin. En plus de cela, un briefing spécifique est prévu à l’accueil du voyageur. Nous avons aussi mis en place un “Travel Security Committee” afin que le message relayé en interne par les responsables voyages, assurances, sécurité, RH soit le même.
Enfin, nous sommes très vigilants à la préparation des crises éventuelles. Il est important d’avoir tous les numéros de passeport en cas d’évacuation – sans oublier de recenser les jeunes Français employés en contrat local – ou encore de savoir si certains ont besoin d’un visa pour se rendre dans telle ou telle destination. Ce n’est pas à quelques heures du départ qu’il faut se poser ces questions.”
Dossier - Zones sensibles : la vigilance fait force de loi
Zones sensibles – La vigilance fait force de loi
Rencontre : Alain Juillet, président du club des directeurs de la sécurité des entreprises (CDSE)
- Reportage : Edmond D’arvieu, directeur de la sécurité de Sanofi
Santé – Mieux vaut prévenir que guérir




















