Interview : Véronique Holveck, Directrice régionale des ventes Steigenberger

Le groupe Steigenberger poursuit son développement en Europe tout en inaugurant ses premiers établissements sur le marché chinois. L'hôtellier allemand vient en outre de dévoiler une troisième marque : l'enseigne Jaz in the City rejoindra en septembre prochain Steigenberger et InterCityHotel dans le catalogue du groupe, avec une première adresse lifestyle dans le centre-ville d'Amsterdam. L'occasion pour Véronique Holveck, Directrice régionale des ventes France Steigenberger, de faire un point sur le développement du groupe.
La nouvelle marque du groupe Steigenberger : Jaz In The City

Quelle est la ligne directrice entre les différents hôtels de la marque Steigenberger ?

Véronique Holveck – Il s’agit toujours d’hôtels bénéficiant d’une situation exceptionnelle, en centre-ville, à partir du quatre étoiles. Les quartiers affaires sont privilégiés, car la clientèle corporate joue un rôle prépondérant chez Steigenberger, et nos hôtels sont toujours équipés de salles de réunions : il y a une forte activité MICE.

Parvenez-vous à chiffrer le poids de cette clientèle affaires dans la fréquentation des hôtels du groupe ?

V. H. – Ce n’est pas évident à mesurer, mais globalement 40% de notre clientèle relève du voyage d’affaires, les 60% restants concernent le marché MICE. Nous accueillons beaucoup de séminaires, et nous faisons d’ailleurs beaucoup d’efforts sur ce segment. Les Resorts à proprement parler sont limités à l’Egypte.

Quelles sont les principales ouvertures attendues dans les mois à venir ?

V. H. – En septembre prochain, nous inaugurerons un hôtel Steigenberger dans le centre-ville d’Amsterdam, qui sera d’ailleurs le premier représentant de notre nouvelle enseigne lifestyle Jaz in the City dévoilée très récemment. Nous allons aussi reprendre l’Intercontinental à Cologne, mais l’établissement ne devrait rouvrir qu’en 2016, après des travaux de rénovation de huit mois. 

Une inauguration à Paris est-elle envisagée à court terme ?

V. H. – Le groupe souhaite de toutes façons s’implanter dans les capitales européennes, comme l’a montré la reprise de l’ancien Conrad à Bruxelles, et bientôt l’inauguration de l’hôtel à Amsterdam. De par son image de chaîne affaires, Steigenberger cherche bien sûr à s’implanter à Paris, en privilégiant l’Ouest parisien, pour cibler une fois encore un quartier d’affaires stratégique. Mais aucun projet n’est pour l’instant suffisamment concret pour évoquer une ouverture au cours des deux prochaines années. Cela prend du temps, moins en raison du financement que de l’offre et de la concurrence : nous ne sommes pas les seuls sur le marché… 

Cette conquête de l’Ouest européen peut-elle passer aussi par Londres, voire plus au Sud, en Espagne par exemple ?

V. H. – L’Espagne n’est pas écartée, mais les grands comptes européens avec lesquels nous travaillons sont le plus souvent basés en France, premier partenaire économique de l’Allemagne, ou en Angleterre. Madrid n’est donc pas écarté mais ce n’est pas une priorité, à la différence de Paris et de Londres.  

L’hôtel Steigenberger Maximilian, à Pékin (DR)

Les nouvelles ambitions chinoises du groupe n’ont donc pas occulté le marché européen… ?

V. H. – Pas du tout. Bien sûr, la signature de douze hôtels en Chine est un évènement marquant. Mais nous n’oublions pas du tout l’Europe. D’ailleurs, le dernier hôtel que nous ayons inauguré est celui de Berlin, à 500 mètres de la chancellerie allemande. 

Steigenberger fera bientôt ses premiers pas à Dubaï et Doha, via son autre marque : IntercityHotel. Les pays du Golfe seront-ils la prochaine étape du développement du groupe après la Chine ?

V. H. – Non, pas nécessairement. Il nous faut déjà ouvrir les onze autres hôtels en projets sur le marché chinois, après l’inauguration de l’hôtel Maximilian à Pékin. Mais l’attention se portera surtout sur l’Europe. Notre point fort demeure l’Allemagne, avec 75 hôtels sous les deux marques. Nous comptons maintenant six hôtels à Berlin, nous sommes numéro 1 à Francfort en nombre de chambres, et nous avons repris un hôtel à Cologne, une destination très important en termes de salons. Il y aura encore des développements sur ce marché. 

Parmi tous ces établissements, historiques ou plus récents, quel est votre Steigenberger préféré ?

V. H. – J’aime beaucoup le steigenberger Herrenhof de Vienne, à la fois pour sa localisation, sa façade néoclassique et son intérieur plus contemporain. Et le service y est excellent. L’hôtel de Bruxelles est aussi un fleuron du groupe, avec les plus grandes chambres standard de la ville. C’est un établissement très  connu sur le marché belge. Et, bien sûr, le Frankfurter Hof, qui fut le deuxième établissement ouvert par la famille Steigenberger après celui de Baden Baden, et qui est aujourd’hui le porte-drapeau de la chaîne.

L’hôtel Steigenberger Frankfurter Hof, flagship du groupe (Photo FG)