Vueling embarque en classe affaires, entre patience et ambition

En présentant mardi à Barcelone ses nouvelles classes Priority et Excellence, Vueling est devenue la première compagnie low-cost à faire le pari de la classe affaires sur le marché européen. Avec un atout de poids – les prises électriques – et une stratégie de financement originale : une forme de sponsoring assumée par Pepsi.

Chi va piano va sano e va lontano… Ainsi pourrait se résumer la stratégie de Vueling qui monte doucement mais sûrement en puissance sur le marché italien donc, mais aussi en France et plus largement en Europe. Moins tapageuse que Ryanair, plus discrète qu’easyJet – ses deux rivaux low-cost qui ciblent désormais ouvertement le business travel – Vueling revendique déjà près de 40% de voyageurs d’affaires. La présentation mardi à Barcelone des nouvelles classes Priority et Excellence devrait l’aider à voir plus grand. Alors que la première d’entre elles, située des rangées deux à quatre, s’apparente à une classe premium, l’Excellence se revendique comme une classe affaires, la première du genre sur une compagnie low-cost européenne. Outre l’espace supplémentaire offert traditionnellement sur ce premier rang de l’appareil, les passagers Excellence pourront y accéder à un repas chaud. En outre, ces deux nouvelles cabines, différenciées du reste de l’appareil par une lumière bleutée et par un panneau « Priority » plus discret que le traditionnel rideau, permettront aux voyageurs d’affaires de recharger leurs appareils électriques. Des prises de courant et des ports USB seront en effet installés sous chacun des sièges des quatre premiers rangs : un must, à l’heure où la capacité des smartphones est bien souvent inversement proportionnelle à leur importance pour les voyageurs, tout particulièrement corporate…

Un modèle original

De tels aménagements ont un coût, même si leur développement s’étalera sur la durée (60 appareils seront concernés en cinq ans). On ignore le montant de l’investissement engagé pour cette montée en gamme, mais on connaît en revanche la stratégie adoptée pour en limiter l’impact. Vueling a préféré impliquer un « sponsor » – Pepsi, en l’occurrence, dont le logo était ostensiblement affiché durant l’évènement, y compris sur l’A320 présenté aux médias – pour assurer au moins partiellement le coût de ces installations. Vueling entend ainsi améliorer l’expérience de vol sans pour autant faire gonfler la note du voyageur : une équation complexe, qui n’effraie pas son Pdg. « Nous ambitionnons de devenir la compagnie proposant le meilleur service en Europe » prévient même Alex Cruz, conscient que « cela prendra du temps, mais nous prendrons le temps qu’il faudra ». Et le Pdg de préciser : « Nous ne souhaitons pas juste proposer un service aussi bon que telle ou telle compagnie : nous voulons faire beaucoup mieux, d’autant que les transporteurs traditionnels ont tendance à faire des économies ».

Prochaine étape pour la filiale du groupe IAG (British Airways, Iberia) : l’intégration du Wi-Fi en vol. Un dossier sur lequel la compagnie espagnole semble avoir bien progressé, au point de préparer, déjà, un évènement spécial avant la fin de l’année. De là à imaginer un nouveau partenariat, qui permettrait aux voyageurs d’affaires de rester connectés sans pour autant voir les tarifs décoller, il n’y a qu’un pas…

Alex Cruz, Pdg de Vueling, et Xavier Orriols, Président Europe du Sud-Ouest de PepsiCo, mardi à Barcelone