
Ils se sont alors rendus au centre de l’Inde, au cœur d’une région aride, pauvre, oubliée, où se dressait un piton rocheux. À ses pieds, un village. À son sommet, un palais mystérieux, à demi-creusé et sculpté dans la roche. Un peu comme des Indiana Jones, ils découvrirent, à l’invitation de la maharani, un univers hallucinant. Gérard Garouste évoque notamment une citerne, à l’extérieur du palais, qui fut, dit-il, l’un des plus grands moments esthétiques de sa vie ! Les maharadjas pour se rafraîchir, s’y enfonçaient par un escalier menant à des balconnets accrochés à la paroi. Là, ils étaient aspergés par de délicats éléphants sculptées dans la pierre des fontaines. Le dîner, servi sur la plus haute terrasse du palais, fut aussi éblouissant que décalé : huit serveurs en habit usés et les quatre convives, assis autour de l’unique demi-poulet que la maharani, très pauvre malgré son rang, avait pu leur offrir. Le tout servi dans une vaisselle ébréchée… Selon lui, le chic absolu dans un tel contexte !
Finalement, cette exposition n’a jamais eu lieu, en partie à cause de la guerre du Golfe. Mais quelle belle aventure !
C’est d’ailleurs dans ce type de circonstances que le peintre aime voyager. Pour être tout de suite dans la réalité d’un lieu, avec des gens qui y vivent et font partager leur quotidien. Il voyage rarement ; cela reste pour lui du domaine de l’événement. Par exemple, il ne concevrait pas de partir, quinze jours chrono, pour voir les pyramides mayas en compagnie de groupes de Japonais ou d’Allemands…
Ainsi, il se souvient d’avoir assisté au Maroc à un enterrement avec tout son rituel local. Un moment qui aurait pu être unique. C’était compter sans les indécents touristes qui ne cessaient de prendre des photos. Pour Gérard Garouste, le tourisme tue le voyage. Et voyager n’est pas consommer de la photo, ne voir qu’au travers d’un objectif. Bien au contraire, c’est être subjectif, interpréter personnellement ce que l’on voit là et ne pas remettre à plus tard sa réflexion, son ouverture au monde, aux autres, à l’aventure… Une aventure qui, d’après lui, demande qu’un ménage préalable soit fait dans sa tête !
Six dates
1965 : Entre à l’Ecole des beaux-arts de Paris, à l’âge de 19 ans.
1982 : Première exposition internationale, à New York.
1991 : Fonde La Source, une association d’action éducative et sociale d’aide aux enfants par l’art.
1996 : Création pour la Bibliothèque nationale de France d’une œuvre monumentale mêlant peinture et fer forgé.
1997 : La Fondation Cartier présente les Indiennes à Jouy-en-Josas.
2009 : Parution du livre autobiographique “L’Intranquille”, dans lequel est évoquée la folie.




















