
Pour Henri Hourcade, Directeur Général France d’Air France-KLM, 2024 restera une excellente année pour la compagnie Air France. Durant l’été, le transporteur a de fait flirté avec un trafic passagers proche des niveaux de 2019, avant le Covid. « Le niveau de trafic a été équivalent à 95% de ce qu’il était avant la crise sanitaire. On a en moyenne enregistré un trafic de 137 000 passagers par jour« , a confirmé Henri Hourcade. Un motif particulier de satisfaction a été la fluidité des mouvements de voyageurs. « Nous avons su tirer les enseignements des dysfonctionnements de 2022« , a ajouté Henri Hourcade durant sa présentation sur le salon IFTM Top Resa.
Le transporteur, en partenariat notamment avec ADP et les différentes institutions en présence à Roissy comme à Orly avait bien préparé l’été 2023. La situation est de fait restée sous contrôle : fluidité des contrôles aux frontières, des contrôles de sécurité, de la livraison des bagages ou des correspondances.
La lente reprise du voyage d’affaires affecte encore l’offre en Europe
L’autre segment en proie à une baisse de trafic est le domestique. Air France doit en fait se plier aux exigences du gouvernement français de réduire la desserte aérienne intérieure au profit du train. « On se concentre surtout sur la navette depuis Orly vers Marseille, Nice et Toulouse ainsi que sur les lignes transversales alimentant notre hub régional de Lyon. Ce réseau reste important pour le trafic affaires« , témoigne le Directeur général France. La compagnie souhaite cependant élargir son offre intermodale avec la SNCF via la gare TGV de Roissy. « On voudrait faire plus, mais on est limité par la capacité de la gare. En revanche, on offre déjà une solution digitale d’enregistrement de bout en bout sur Bruxelles, Lille et Strasbourg« , décrit Henri Hourcade. L’intermodalité à CDG générait avant le Covid quelque 150 000 passagers/an.
Le Directeur général France est persuader qu’en 2024, l’intermodalité retrouvera, voir dépassera ce chiffre. C’est pourtant le trafic affaires qui génère toujours des incertitudes. Ce dernier continue de rester en effet un maillon faible de la reprise. S’il progresse de nouveau selon Henri Hourcade, il reste bien plus impacté que le trafic loisirs. Notamment lorsqu’on compare ses performances à 2019. « On peut parler de stabilisation mais on ne verra pas de retour aux niveaux de l’avant Covid avant encore une ou deux années« , estime Henri Hourcade.
« Ce qui ne veut pas dire que notre produit affaires ne marche pas. Bien au contraire, la classe affaires atteint des taux de remplissage record. Mais il s’agit de nouveaux comportements de clientèle« , précise-t-il.
La faiblesse relative du marché affaires affecte en partie la desserte de l’Europe. « Nous avons totalement revu notre stratégie en faisant preuve de flexibilité accrue. En Europe, on ne se contente plus simplement d’offrir une liaison toute l’année sur une destination en raison des courants d’affaires. On démultiplie les liaisons saisonnières. Par exemple, on servait cet été jusqu’à 8 destinations en Grèce. C’était impossible de concevoir une telle offre il y a quelques années! Ainsi cet hiver, on va desservir le nord de l’Europe avec des vols sur Kittilä, Rovaniemi et Tromsø« , souligne Henri Hourcade.

















