Rencontre : Catherine Beylau, directrice du développement de la Société d’économie mixte d’aménagement de Paris (SEMAPA)

Sur quels principes directeurs s’est développée “Paris Rive Gauche” ?
Catherine Beylau – L’idée était d’ajouter des quartiers contemporains dans Paris intra-muros. Ce n’était pas d’essayer de faire une ville nouvelle dans une ville ancienne, mais au contraire de construire des quartiers contemporains avec les outils du Paris de toujours : des rues qui bordent des immeubles, sur un espace public maîtrisé, avec une mixité de fonctions et une préférence pour une “politique de squares” en matière d’espaces verts. Plus généralement, il y a depuis les années 90 une vraie volonté des pouvoirs publics de rééquilibrer l’aménagement de Paris, de ne pas tout déporter vers l’ouest. Il faut vingt ans pour concevoir et faire grandir un programme urbain comme celui-ci et, aujourd’hui, Paris Rive Gauche est le symbole de ce grand rééquilibrage vers l’Est de Paris comme la Plaine Saint-Denis l’est pour le Nord de la capitale.

Qu’est-ce qui attire les entreprises à Paris Rive Gauche ?
C. B. – Tout d’abord la facilité des transports avec la ligne 14 qui rejoint la Madeleine en un quart d’heure, une très bonne desserte en bus et, bientôt, l’arrivée du tramway et le prolongement de la ligne 10. Par ailleurs, les entreprises trouvent ici des bureaux aux normes contemporaines, des immeubles de dernière génération, ce qui est rarement le cas dans Paris. Les loyers sont un tout petit peu moins élevés, aux alentours de 510 – 530 euros le m2. Mais, surtout, la “rentabilité” des plans est bien meilleure : on met plus de monde dans de meilleures conditions sur une plus petite surface que dans un immeuble haussmannien réhabilité. Et puis, l’environnement est agréable. Les entreprises sont, je pense, assez heureuses d’être ici. On parle beaucoup du quartier de Bruneseau, pour lequel a été autorisée la construction de nouvelles tours*.

Quel sera le visage de ce nouveau quartier ?
C. B. – Des logements sont prévus le long des boulevards des maréchaux avec des commerces en pied d’immeuble et des professions libérales au premier étage pour faire tampon entre les deux. Et puis il y a ces quatre espaces prévus pour la construction d’immeubles de grande hauteur, dans lesquels on trouvera exclusivement des bureaux et des hôtels. La commercialisation vient juste de commencer ; j’espère avoir le projet pour le prochain MIPIM (n.d.l.r. : mars 2012). Et on devrait voir arriver les premières grues en 2014. Catherine Beylau, directrice du développement de la Société d’économie mixte d’aménagement de Paris (SEMAPA)

(* Jusqu’à 50 mètres pour les immeubles d’habitation ; jusqu’à 180 mètres pour les immeubles à utilisation tertiaire.)