
Low cost rime-t-il avec « low emissions » ? Sans aller jusqu’à présenter les compagnies à bas coûts comme des parangons d’un transport durable, le consultant de l’aérien Cirium donne la part belle aux compagnies à bas coûts dans son étude Flight Emissions Review. Récemment publié, ce rapport classe les compagnies selon les émissions carbone des passagers par sièges-kilomètres offerts. Son Top 20 des transporteurs les plus efficaces en la matière regroupe aux trois premières places la compagnie hongroise Wizz Air, l’américain Frontier Airlines et la turque Pegasus. Et, juste derrière, la mexicaine Volaris ou l’indienne IndiGo. On y retrouve aussi à Transavia à la 13e place, mais aussi le transporteur canadien Air Transat (15e) et la compagnie régulière grecque Aegean (16e). Et, bien sûr, Ryanair, qui clôture ce top 20.
Cette étude se fonde sur les données de sa solution EmeraldSky, lancée par Cirium l’an dernier en partenariat avec la start-up RouteZero, Destinée à offrir aux entreprises des mesures précises sur l’impact de leurs déplacements professionnels en avion, cette plate-forme s’appuie sur une méthodologie qui prend en compte le poids des vols, le temps passé au roulage et en vol ou encore le modèle de carburant pour déterminer la consommation d’un vol et ses émissions par passager. Mais sans inclure l’incorporation de carburant aérien durable – SAF – dans cette analyse.
Le rapport met également en lumière les performances des compagnies selon les types de vols, intrarégionaux ou long-courriers. Concernant les vols intra-européens, Wizz Air, Aegean, Transavia et Ryanair sont ainsi logiquement les mieux classées, mais le top 10 fait apparaître des compagnies régulières comme TAP Air Portugal, Finnair et SAS. Quant aux vols intercontinentaux, ceux traversant l’Atlantique voient une compagnie française se placer en tête : French Bee. Air Tahiti Nui se classe pour sa part en 6e position, juste derrière TAP Air Portugal, mais devant Aer Lingus, JetBlue, Air Canada et LOT. Les vols transpacifiques, derrière la low cost Zipair Tokyo, des compagnies telles LATAM, Air Canada, Delta, Aeromexico ou Hainan Airlines.
Si l’ONG allemande atmosfair, qui avait présenté lors de la dernière COP 29 à Bakou son Atmosfair Airline Index 2024, mettait à part les low cost dans son étude, la comparaison proposée par Cirium se montre favorable aux principales low cost mondiales. Notamment parce que leur modèle, fondé sur des économies de coûts d’exploitation, joue en faveur de moindres émissions. Entre autres avec des flottes de dernière génération et des appareils qui nécessitent entre autres moins d’entretien, mais qui sont surtout moins gourmands en carburant. L’âge moyen de la flotte des trois premiers du classement est ainsi proche ou inférieur à 5 ans, contre 12,9 ans pour celle d’Air France par exemple. Les configurations de cabines à haute densité, avec un nombre de sièges plus élevé, découlent également sur des émissions moindres par passager. De quoi, en petite partie, compenser une croissance du trafic mondial largement tirée par toutes ces compagnies.

















