Maxime Pialat, Supertripper : « Si on ne maîtrise pas la technologie, on ne maîtrise pas son destin » 

Suite au rachat de Supertripper par Marietton, Maxime Pialat, CEO de la start up française, fait le point sur les conséquences de ce rapprochement.
Maxime Pialat, CEO de Supertripper, aux côtés de Laurent Abitbol, Président du Groupe Marietton
Maxime Pialat, CEO de Supertripper, aux côtés de Laurent Abitbol, Président du Groupe Marietton

Avant de faire un point sur l’avenir de Supertripper, pouvez-vous rappeler son histoire et sa mission ?

Maxime Pialat – Supertripper a été créée en 2015. Son but est d’allier le meilleur du service et de la technologie pour la gestion du voyage d’affaires. On développe notre propre technologie, une solution qui permet au voyageur de réserver hôtels, trains, locations de voitures, séminaires… et qui permet à l’entreprise de simplifier tous ses process, d’automatiser sa comptabilité, de mettre en place des politiques voyages… En bref, de gérer l’intégralité du poste voyage d’affaires, avec en plus un service disponible 24h/24. On essaye vraiment d’allier la puissance de la technologie, via une plateforme moderne et efficace, à un service de proximité et de qualité, à l’instar d’une agence de voyages.

Supertripper couvre donc aussi le MICE ?

Maxime Pialat – C’est une petite minorité de notre chiffre d’affaires, mais cela fait partie des demandes que peuvent avoir naturellement les entreprises qui travaillent avec nous. Nous sommes donc équipés pour traiter ces demandes.

Pourriez-vous revenir sur la dernière annonce concernant le rachat de Supertripper par Marietton ?

Maxime Pialat – Il n’y avait aucune volonté de vendre la société. Nous étions en pleine croissance, tout allait bien, avec de très gros chiffres chaque année. J’ai été contacté par la direction de Marietton pendant l’été, nous avons déjeuné avec Laurent [Abitbol, Président de Marietton Développement, Havas Voyages et Selectour, ndlr], et nous avons compris que nous avions une vision commune, et que nous pouvions être très complémentaires. Il cherchait une société et une compétence qui manquaient au sein du groupe Marietton. Il y a des super super équipes autour de Laurent, mais il cherchait une certaine compétence dans la technologie, et quelqu’un pour l’incarner. Et donc nous sommes tombés d’accord très vite.

Comment va se traduire cette intégration ?

Maxime Pialat – Supertripper va rester tel quel, il n’y aura aucune fusion : les équipes restent en place, la marque aussi, nous continuons à déployer notre stratégie et je reste aux commandes en tant que directeur général de Supertripper. Et en parallèle, je vais intégrer le board de Marietton pour les aider à la fois sur les entreprises à racheter, sur la technologie, et tout simplement partager ma vision qui est complémentaire par rapport à tos les membres du Comex qui sont tous des super professionnels.   

En quoi partagez-vous une vision commune ? En quoi êtes-vous complémentaires ?

Maxime Pialat – C’est relativement simple : nous sommes des conquérants. Ils sont eux aussi animés par la volonté de faire grandir l’entreprise, d’imaginer ce que sera l’avenir du voyage d’affaires et d’en anticiper les évolutions. C’est quelque chose qui me parle, évidemment ! Ce qui nous différencie repose peut-être sur mon statut d’entrepreneur de la tech, voire ma « fougue », étant un peu plus jeune que les membres du Comex, qui sont tous des experts absolus du secteur avec une expérience incroyable. L’alliance des deux constitue un vivier de compétences assez explosif.

Qu’est-ce cette opération va changer pour les entreprises clientes ?

Maxime Pialat – Rien, si ce n’est que ça va nous aider à conquérir le marché plus rapidement. Nous aurons moins l’image de la start-up avec ce grand groupe derrière nous. Cela aide forcément d’afficher une certaine robustesse, notamment pour la conquête des grands comptes. Nous restons libres de poursuivre sur notre feuille de route. Marietton a décidé de racheter notre société parce qu’elle leur plait vraiment et qu’ils aiment sa dynamique. Ils vont nous apporter une nouvelle puissance de négociation qui permettra à nos clients de payer moins cher… Notre premier atout, c’est le produit. Il fait la différence sur le marché. On ne va donc pas le modifier, ni le distribuer aux autres marques. On aura probablement des réflexions stratégiques sur comment on peut aider le reste du groupe dans le domaine technologique. Mais notre roadmap restera ce qu’elle est, et l’opération va nous permettre d’accélérer et de l’enrichir.

Quelles sont les priorités stratégiques de votre roadmap ?

Maxime Pialat – Bien sûr nous réfléchissons beaucoup à tout ce qui concerne l’intelligence artificielle. Mais il ne suffit pas de mettre de l’IA partout pour satisfaire nos clients. Nous réfléchissons à la façon dont nous pouvons optimiser le travail de nos agents de voyages pour qu’ils puissent faire parler leur expertise pour aider les collaborateurs. Il y a aussi toute l’optimisation du reporting. Nous avons sorti un nouveau un tout nouveau reporting sur la plateforme Supertripper, qui propose des conseils d’optimisation automatisés, avec un score global sur 100 de la stratégie voyages de l’entreprise, détaillé poste par poste pour pointer par exemple l’anticipation, l’efficacité sur la RSE… On est ainsi capables d’afficher des conseils en temps réel. Par exemple : « si vous arrivez à anticiper les réservations de x jours, voici le gain que vous pouvez réaliser ». Nous avons lancé cet outil il y a trois mois environ. Et nous allons poursuivre dans ce sens.

D’autres acquisitions dans les tuyaux ?

Maxime Pialat – Bien sûr, et c’est aussi ce qui est intéressant dans le projet : nous avons le feu vert pour réaliser des acquisitions, pour faire grossir aussi Supertripper. Nous ne fermons donc aucune porte. Nous avons une grande liberté, et je pense que tous ensemble on va réussir à faire quelque chose de très bien. Il y a des réflexions liées à l’internationalisation, d’autres visant simplement à racheter des portefeuilles pour les intégrer. Avec la technologie que nous avons, nous sommes en mesure de reprendre des agences de voyages plus traditionnelles et de les intégrer. Et nous ne fermons pas la porte au niveau du groupe à de futures acquisitions dans le domaine technologique sur des secteurs connexes. Le but in fine c’est d’être maître de son destin. Si on ne maîtrise pas la technologie aujourd’hui, à l’heure de l’IA, on ne maîtrise pas son destin.