
A la lecture de cette édition 2025 du rapport « Henley Passport Index », les voyageurs d’affaires seront peut-être moins focalisés que d’habitude sur le trio de tête – Singapour, Corée du Sud et Japon – dont l’hégémonie asiatique n’a plus rien d’étonnant. Ou sur la position de la France, globalement stable à la cinquième place. C’est plutôt la trajectoire de deux géants du business travel qui interpelle cette année. A commencer par les Etats-Unis. Les auteurs du rapport soulignent ainsi que « pour la première fois depuis la création de l’Indice Henley des Passeports il y a 20 ans, les États-Unis ne figurent plus parmi les 10 passeports les plus puissants au monde ». Et ces mêmes auteurs de rappeler : « Autrefois inégalé à la première place en 2014, le passeport américain a désormais chuté à la 12e position, à égalité avec la Malaisie, avec un accès sans visa à seulement 180 des 227 destinations dans le monde ».
Le Dr Christian H. Kaelin, président de Henley & Partners et créateur de l’Indice Henley, analyse cette évolution. Pour lui, « la force décroissante du passeport américain au cours de la dernière décennie est plus qu’un simple remaniement des classements — elle signale un changement fondamental dans la dynamique de la mobilité mondiale et du soft power. Les nations qui embrassent l’ouverture et la coopération progressent rapidement, tandis que celles qui se reposent sur leurs privilèges passés sont laissées pour compte ».

Le rapport Henley Passport Index rappelle quelques étapes clés qui ont précipité la chute du passeport US. Avec notamment la perte de l’accès sans visa au Brésil en avril dernier, faute de réciprocité, mais aussi l’exclusion des États-Unis de la liste sans visa de la Chine.
Le géant chinois, justement, connaît lui une trajectoire bien plus favorable que son rival américain – et que le Royaume-Uni qui connaît lui aussi une chute inédite (8e). Les auteurs du rapport évoquent une progression « spectaculaire » au cours de la dernière décennie, qui a vu l’ajout de 37 destinations accessibles sans visa. Pour autant, l’Empire du Milieu reste relégué à la 64e place. Mais la Chine occupait la 94e place il y a tout juste dix ans, en 2015.
Selon le Dr Tim Klatte, associé chez Grant Thornton Chine, « le retour de Trump au pouvoir a apporté de nouveaux conflits commerciaux qui affaiblissent la mobilité de l’Amérique, tandis que l’ouverture stratégique de la Chine renforce son influence mondiale. Ces trajectoires divergentes vont remodeler les dynamiques économiques et de voyage dans le monde entier ».


















