
Dans la guerre larvée qui désormais caractérise la relation entre les Etats-Unis et le Venezuela, l’administration Trump a décidé de s’attaquer aux lignes aériennes. Samedi 29 novembre, Donald Trump a averti les compagnies aériennes d’éviter désormais l’espace aérien du pays. Il a ainsi écrit sur son réseau Truth Social, sans donner plus de détails : « À toutes les compagnies aériennes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d’êtres humains, veuillez considérer L’ESPACE AÉRIEN AU-DESSUS ET AUTOUR DU VÉNÉZUELA COMME ENTIÈREMENT FERMÉ ».
L’avertissement fait suite à une alerte de l’aviation civile américaine, la Federal Aviation Administration (FAA), qui a mis en garde les principaux transporteurs contre une « situation potentiellement dangereuse » au-dessus du pays sud-américain. La FAA a notamment cité une « situation de sécurité aggravée et une activité militaire accrue dans ou autour » du pays. Caracas a condamné le message de Trump comme une « menace colonialiste », le ministère des Affaires étrangères affirmant qu’il constituait une « agression illégale et injustifiée contre le peuple vénézuélien ».
Les conséquences ont été immédiates. Le ciel vénézuélien s’est immédiatement vidé, même s’il reste de fait ouvert par les autorités locales. De fait, les compagnies aériennes ont décidé de suspendre leur desserte, ne voulant pas se retrouver aux prises avec l’armée de l’air américaine dans le cas d’une intervention. Et aussi probablement pour échapper à des représailles commerciales américaines.
La présidence vénézuélienne a indiqué qu’elle travaillait sur des plans d’urgence permettant à ses citoyens d’entrer ou sortir du pays. Caracas indique avoir « activé tous les mécanismes multilatéraux conformément au droit international« .
Mesures de rétorsion et interdiction de six compagnies
Mais le pays a aussi introduit des mesures contraignantes envers les transporteurs se posant à Caracas. De nouvelles exigences opérationnelles forcent notamment les compagnies à déposer des manifestes de vol détaillés plus tôt que d’habitude. Et à se coordonner étroitement avec les autorités vénézuéliennes. Tout manquement à ces mesures est sanctionné.
Le Venezuela a du coup interdit à six grandes compagnies aériennes internationales d’atterrir dans le pays après qu’elles n’aient pas respecté un délai de 48 heures pour reprendre leurs vols, suite à la menace Trump.
Les compagnies aériennes concernées sont Iberia, TAP Air Portugal et Turkish Airlines en Europe. Mais aussi Avianca, Latam Colombia et le Brésilien Go en Amérique du Sud. Autant de transporteurs, dont l’absence ferme un peu plus Caracas au reste du monde.

















