« Des parts de marché à prendre » : Philippe Quillien, Selectour Afat

Philippe Quillien, Directeur Voyages d'Affaires au sein de Selectour Afat, dresse un panorama prometteur des différents projets du réseau pour les mois à venir. Développement de l'offre online, nouvelle application mobile, cellule 24h/24, intégration de l'outil AeTM d'Amadeus : l'année 2014 s'annonce riche en nouveautés pour le réseau, qui entend bien gagner encore du terrain sur le marché des déplacements professionnels, y compris auprès des grands comptes. 
DR

Quelles sont les dernières nouveautés du réseau Selectour Afat?

Philippe Quillien – Le nouveau site Internet a été lancé en octobre dernier, sous la nouvelle marque. Cette première version intègre les nouveaux noms de nos outils sur l’ensemble du réseau. Le contenu ne diffère pas encore, dans le sens où il n’y a pas vraiment eu de refonte en profondeur. En revanche, il nous prépare aux versions 2 puis 3 du site, qui seront lancées en 2014. La version 2 prendra la forme de sites d’agences, puis la troisième étape proposera un portail client à proprement parler. Chaque société aura son portail, dans un environnement « co-logoté » entre l’entreprise et l’agence. Cette 3e étape devrait être mise en place d’ici la fin d’année 2014 : c’est un travail assez complexe. La 2e partie sera elle livrée assez rapidement, au cours du premier trimestre prochain.

Qu’en est-il de l’application mobile ?

Philippe Quillien – La première version, qui intégrera le transport aérien et le ferroviaire, sera lancée fin janvier 2014. La v2, multi-sources, intègrera l’hôtellerie et la location de voitures. Elle devrait aboutir à la fin du premier semestre 2014. L’outil évoluera selon le contenu que nous connecterons à la source et auquel nous donnerons accès. Nous essayons de développer une approche très pragmatique. L’application mobile intègre toutes les fonctionnalités de réservations. C’est du concret.

Quels sont les autres dossiers prioritaires dans le domaine de la mobilité ?

Philippe Quillien – Nous travaillons beaucoup sur la géolocalisation, car on ne peut pas se permettre de lâcher prise. Nous nous appuyons sur un fort partenariat avec une entreprise française – SSF en l’occurrence – qui est un prestataire d’autant plus important pour nous qu’il est français, ce qui est crucial sur un dossier aussi sensible que la géolocalisation. Nous avons la chance de pouvoir nous adresser à une société dotée d’une réelle expertise sur le dossier de la sécurité des passagers. C’est un dossier que nous allons pousser en 2014, les lois devenant de plus en plus contraignante pour les entreprises.

Le principal chantier pour 2014 sera donc d’ordre technologique…

Philippe Quillien – Oui, mais pas seulement. Nous allons lancer une cellule en propre pour assurer un service 24h/24 à compter du mois de janvier prochain. C’est très structurant pour notre offre. Il s’agit d’une équipe experte, avec plusieurs années d’expérience, et qui connaît les spécificités des voyageurs et des voyageuses d’affaires pour gérer au mieux les situations un peu tendues, quand les gens sont bloqués dans les aéroports par exemple, en dehors des heures d’ouverture de nos agences et de nos plateaux. L’agence reste bien sûr le contact prioritaire du client, mais en dehors de ses horaires d’ouverture, le client aura la possibilité de contacter des personnes du siège en cas de besoin. C’est un service qui est de plus en plus sollicité par nos clients affaires, et ce quelle que soit leur taille. Ils sont rassurés d’avoir une assistance en français et en anglais, avec une vraie expertise du marché.

Quel est le poids du « online » au sein du réseau Selectour Afat ?

Philippe Quillien – Il augmente, mais demeure difficile à chiffrer. Nous allons d’ailleurs bientôt référencer un nouvel outil : en plus de KDS, nous allons assumer des fonctions support au niveau de la tête de réseau pour l’outil AeTM d’Amadeus. C’est aussi l’une des grandes nouveautés de 2014, puisqu’il s’agit de deux produits totalement différents. Le réseau assume donc les négociations avec les différents éditeurs, et permet ainsi aux agences d’aller voir de nouveaux clients avec une offre différenciante. C’est un élément fort en engagement pour la tête de réseau. Il offre des garanties, des signes que le réseau investit sur cette activité qui est extrêmement structurante pour l’ensemble des agences.

Quel regard portez-vous sur le marché du voyage d’affaires ?

Philippe Quillien – Il y a des parts de marché à prendre sur nos concurrents. Nous sommes un réseau indépendant. Par définition, nous n’avons pas d’investisseurs qui nous contraignent par des rentabilités au risque de mettre en place des plans sociaux. Au quotidien, ça a un impact énorme en terme de gestion. Même les gros clients envisagent d’autres options que les TMC, les « mégas ».

Vous sentez-vous en position d’attirer des grands comptes ?

Philippe Quillien – De plus en plus. Je suis intimement persuadé que nous en sommes capables. Nous avons la technologie pour cela, mais nous n’avons pas perdu les basiques de service pour autant en évoluant. C’est une force. Les acheteurs sont de plus en plus regardants sur les dépenses. L’agence de demain sera donc celle qui sera capable de proposer un service de qualité, 24h/24, associé à une technologie très vaste qui intègre tous les contenus, y compris en termes d’hôtels et de location de voitures. Le tout sans brader la qualité de service sous couvert d’économies.

Propos recuillis par Florian Guillemin