
Alors que le mouvement de grève des pilotes entre dans sa deuxième semaine, avec un taux d’annulation supérieur à 50%, la direction d’Air France cède du terrain. Dans un communiqué publié ce lundi, où elle rappelle qu’elle « ne peut que constater le blocage de la situation », la direction d’Air France annonce la « suspension du projet de création de filiales de Transavia en Europe (hors France et Pays-Bas), le temps d’ouvrir un dialogue approfondi sur le projet et de construire ensemble les garanties nécessaires d’ici la fin de l’année ». Dans le même temps, le groupe brandit la menace d’une dénonciation de l’accord de création de Transavia France, « si les organisations pilotes ne rejoignent pas le projet dans les modalités économiquement et socialement acceptables qui leur ont été proposées ». Air France n’entend donc pas céder sur le cœur du problème, et rappelle explicitement que « L’exigence des organisations pilotes d’utiliser, sur le réseau Transavia, des pilotes Air France aux conditions Air France et de remplacer les 44 Boeing 737 existants par des Airbus A320, conduirait inévitablement Transavia France à l’échec ».
Pour autant, la compagnie réfute les accusations « infondées » de délocalisation et de dumping social – des « interprétations erronées » – et « confirme que le développement de Transavia en France n’impactera pas l’activité Point-à-Point sur le réseau domestique français [et] n’alimentera pas le hub d’Air France à Paris-Charles de Gaulle ». La direction entend désormais ouvrir un processus complet d’explication et de négociation avec les partenaires sociaux d’Air France et de KLM, tout en réaffirmant son ambition à l’égard de sa filiale low-cost : « Pour rester dans la course européenne, nous n’avons pas d’alternative au développement rapide de Transavia » note ainsi Alexandre de Juniac, qui ajoute : « Nous nous donnons aujourd’hui les moyens de l’expliquer et d’accélérer sa croissance à partir de la France. Le Groupe Air France-KLM réaffirme son objectif d’atteindre plus de 100 avions Transavia à horizon 2017 ».
Le SNPL n’a pas tardé à réagir : dans la foulée du communiqué, le syndicat publiait un appel à la mobilisation au titre évocateur : « L’ultime provocation d’Alexandre de Juniac aux pilotes ». Le SNPL commente notamment : « Il n’y a aucune cohérence dans la stratégie : Alexandre de Juniac prétend créer une low cost européenne en concertation avec les pilotes d’Air France mais, dans le même temps, annonce la dénonciation d’un accord signé par le SNPL Air France ». Cette annonce n’est qu’un écran de fumée qui n’offre pas plus de garanties que les annonces précédentes, et ne résout aucun problème » ajoute le communiqué, qui appelle les pilotes à se rassembler mardi pour réaffirmer leur opposition au projet.

















