
Comment est née l’idée d’un nouveau centre de congrès à Metz ?
Michel Coqué – Dès la création du Centre Pompidou, la métropole souhaitait un centre des congrès voisin, un peu sur le modèle de ce qui a été fait à Bilbao. De ce fait, le Centre Robert Schuman est stratégiquement placé, juste en face du musée, dans le nouveau quartier d’affaires de l’Amphithéâtre, et reliée par un tunnel à la gare, sans doute la plus belle de France. Il suffit de descendre du quai et vous tombez directement sur le centre Robert Schuman. L’implantation en cœur de ville est un vœu formulé à la fois par les congressistes et les organisateurs. Le centre existant était à six kilomètres de la ville. On sentait bien que c’était un handicap majeur. Le choix, dès le départ, a donc été de le positionner au cœur de Metz, face à l’édifice le plus emblématique de la ville, le Centre Pompidou.
Quels sont ses autres points forts ?
Michel Coqué – Le Centre Robert Schuman porte la signature du cabinet Jean-Michel Wilmotte qui s’est inspiré de la couleur ocre de la pierre de Jaumont, celle qui a servi pour la cathédrale et les bâtiments historiques de la ville. D’autre part, la ville a fait le choix audacieux de partir sur une jauge de 1200 places pour l’auditorium, alors que la moyenne des congrès en France tourne autour de 600 participants. Jean-Michel Wilmotte a de ce fait conçu un lieu capable d’accueillir 600, 800 ou 1200 personnes sans donner l’impression d’être noyé dans un espace trop grand. C’est toute la subtilité. A cela nous ajoutons aussi deux espaces d’exposition et, comme dans tous les centres, plusieurs salles allant de 10 à 400 personnes. Le choix architectural a été de laisser entrer la lumière du jour quasiment partout, hormis naturellement dans l’amphithéâtre.
Le fait d’être géré par un acteur d’importance tel que GL Events est-il aussi un autre atout ?
Michel Coqué – Dans son cahier des charges, la ville recherchait un opérateur expérimenté, capable de pré-commercialiser le nouveau centre et de faire sa promotion lors des grands événements internationaux, mais aussi à même de prendre en charge les capacités de congrès existantes. Or, GL Events était déjà le gestionnaire du parc des expositions et du centre de conventions. Le choix s’est donc fait assez logiquement. Aujourd’hui, nous avons trois sites complémentaires, l’ancien centre de congrès, plus petit, adossé au parc des expositions, ayant été rebaptisé en « centre de conventions ».

L’activité du centre de congrès Robert Schuman s’annonce-t-elle déjà prometteuse ?
Michel Coqué – Nous avons déjà 80 événements planifiés sur l’année qui vient. Ce qui est intéressant surtout, c’est que nous avons 26 congrès d’ampleur nationale, concernant les secteurs médical, bancaire et des assurances. C’est un bon signe, le centre est en train de répondre à son marché. L’orientation du Centre Robert Schuman est d’abord franco-française. Dans un deuxième temps, nous regarderons sur le transfrontalier.
Quels sont les éléments qui vont participer au succès de ce nouveau centre ?
Michel Coqué – Si je reprends le modèle théorique des centre de congrès, il faut répondre à quelques fondamentaux pour qu’il fonctionne : l’attractivité de la ville, son accessibilité, la qualité de ses équipements d’accueil et d’hébergement et, enfin, le site lui-même et l’efficacité de son gestionnaire. Concernant l’accessibilité, elle est extrêmement aisée, Metz étant au carrefour des axes autoroutiers Nord-Sud et Est-Ouest. La ville compte également plusieurs aéroports et trois gares TGV à proximité, celles de Metz, Nancy et Lorraine TGV. Côté hébergement, l’offre hôtelière est en train de s’organiser. Un hôtel s’est construit à coté du centre et Metz compte aussi un projet audacieux, la maison Heller, un bâtiment moderne conçu par Philippe Starck surmonté en toiture par un bâtiment à l’architecture traditionnelle. Les choses se mettent en place progressivement.
Reste peut-être un dernier défi : développer l’image de Metz en tant que destination…
Michel Coqué – Metz est devenue une ville très attractive, et la ville est en train de le faire savoir. La métropole a réussi à construire en un temps record une agence d’attractivité en réunissant trois institutions : le bureau des congrès, l’agence économique commune à la ville et à Metz Métropole et l’office du tourisme. Ces trois entités sont désormais regroupées sous le label “Inspire Metz”. Cette agence a pour mission d’assurer la promotion de la ville essentiellement vers l’ouest et le sud de la France. Les voisins belges, luxembourgeois ou allemands connaissent déjà la richesse de la ville d’un point de vue culturel, historique, architectural. Metz n’a pas un problème d’image, mais de déficit d’image. Il faut que la ville réussisse à faire connaître cette richesse à travers toute la France.

















