
« Bonjour Mr Smith, votre réunion de l’après-midi s’est-elle déroulée comme vous l’entendiez ?” Dès qu’un client pénètre dans le lounge de l’executive floor du Hilton Arc de Triomphe, à Paris, le concierge se lève pour l’accueillir chaleureusement. Pour chaque hôte, il a le petit mot qu’il faut quand il faut…Des liens, éphémères, se tissent ; en retour, certains voyageurs se confient à lui. Les Américains surtout, qui aiment bien bavarder et raconter leur journée. Pour les nouveaux arrivants, le check-in se fait à cet étage, loin du tumulte du lobby et du comptoir d’accueil. Au besoin, le concierge s’occupera de réserver des places de théâtre ou une table dans le dernier restaurant à la mode… Un homme indispensable, en quelque sorte.
Plus que jamais, qu’ils soient baptisés executive, club ou encore VIP floors, les étages privatifs pour voyageurs d’affaires sont d’actualité. Les groupes internationaux, comme par exemple Hilton, Starwood Hotels, Marriott, Accor, ou encore IHG, enfont un élément distinctif de leur offre dans leurs établissements gros porteurs quatre et cinq étoiles. “Il s’agit d’apporter du calme et de l’intimité dans des établissements proposant plusieurs centaines de chambres, souligne Jochem- Jan Steiffer, directeur régional France de HiltonWorldwide. Ces étages sont essentiellement fréquentés par les voyageurs d’affaires, même si la clientèle loisirs ne dédaigne pas se faire plaisir ».
Un hôtel dans l’hôtel
Inspirés des lounges et des classes premium des compagnies aériennes, les executive floors sont apparus au début des années 1980, avant de s’étendre rapidement à travers l’hôtellerie haut de gamme afin de répondre à la demande grandissante d’exclusivité. “L’idée, c’est pratiquement de faire un hôtel dans l’hôtel”, explique Xavier Le Ru, qui dirige le Radisson Blu Ambassador, à Paris. Si ces étages se distinguent souvent par une décoration particulière, leur caractère n’en reflète pas moins l’esprit de l’établissement. Ainsi, l’espace Fairmont Gold du Fairmont Copley Plaza de Boston reste fidèle au classicisme typique de cet hôtel très “Nouvelle-Angleterre”. Le salon et sa bibliothèque avec cheminées, boiseries et moulures rappellent l’atmosphère des demeures XIXe siècle de Bacon Street, l’équipement high-tech en plus. Petits déjeuners et snacks sont dressés dans une vraie cuisine familiale, sur le modèle de ce qui se pratique dans les grandes maisons d’outre-Atlantique, le tout d’un blanc immaculé… Un vrai rêve américain.Cuirs clairs et bois précieux
L’ambiance est plus feutrée au Hilton Arc de Triomphe. Dans le lounge, les velours mauve sombre des fauteuils se marient élégamment au marbre noir des tables. À l’écart, un coin salon où prendre un verre en toute décontraction, un peu comme à la maison. À moins de préférer la salle de télévision… “Au-delà du choix du design, l’aménagement d’un lounge exécutif est toujours délicat. Il faut savoir allier esthétique, ambiance, confort et aspect pratique. Les tables, par exemple, doivent être conçues pour le service du petit-déjeuner, mais également pour tra vailler”, dit encore Jochem-Jan Sleiffer. Côté services, les clients ont droit à une infinité de petits plus : WiFi gratuit dans la chambre, produits d’accueil différents, check-out tardif, petit-déjeuner compris, service limousine pour les déplacements entre l’hôtel et l’aéroport, etc. Certains établissements, comme le Banyan Tree de Bangkok, mettent également des salles de réunions gratuites – pour quelques heures – à la disposition de leurs clients. De quoi amortir les 50 à 90 € d’écart avec le prix d’une chambre standard selon les chaînes. “Dans le lounge dédié, on peut également recevoir un client sans frais supplémentaires puisque les boissons et le buffet sont gratuits”, ajoute de son côté Tareq Bagaeen, directeur ventes et marketing duBanyan Tree Bangkok

Toutefois, n’y accède pas qui veut. Seuls les hôtes des chambres Executive peuvent sélectionner ces étages en introduisant leur carteclef dans le tableau de commande de l’ascenseur. Une mesure de sécurité qui rassure notamment les femmes voyageant seules.
Cure de jouvence
Le Méridien Étoile a décidé de faire l’impasse sur le lounge. Les hôtes des executive floors doivent se contenter d’un accès aux PC mis à disposition à chaque étage, tout en ayant accès à l’Open Studio qui propose des postes informatiques pour pouvoir travailler. Cet espace dispose aussi d’une zone de détente où le service d’étage peut apporter, à la demande, rafraîchissements ou collations. Sans pour autant que ce service soit gratuit.Grand luxe à l’asiatique
Une crainte que ne semblent pas connaître les hôteliers asiatiques. Car, pendant que Méridien revoyait à la baisse ses executives floors, de son côté Shangri-La décidait de leur consacrer beaucoup plus d’espace ; créant, à Pékin par exemple, non plus un hôtel dans l’hôtel, mais un hôtel à côté de l’hôtel. Dans la capitale chinoise, la Valley Wing – le groupe de Hong Kong a baptisé ainsi la partie executive de cet établissement, mais dans d’autres hôtels, celle-ci s’appelle Horizon Club – possède son spa Chi, ainsi que son restaurant, le Blu Lobster, qui sert une cuisine occidentale extrêmement raffinée, assortie d’une carte des meilleurs bordeaux.Dossier - Accueil VIP Executive Floors : un monde à part
- Accueil VIP Executive Floors : un monde à part
« Nous avons décidé de créer des salles de réunions exclusives » : Xavier le Ru, Radisson Blu Ambassador






















