
Le transporteur letton airBaltic, qui, de fait, est un acteur majeur du transport aérien en Lettonie mais aussi en Lithuanie, est aussi le souffre-douleur préféré du PDG de Ryanair. Michael O’Leary en effet régulièrement prédit que la compagnie va faire faillite.
Certes, airBaltic traverse une période difficile. Acteur majeur en Europe du nord avec un trafic passagers de 5,2 millions en 2025 et une flotte de 55 avions connaît une situation financière délicate. Dans l’Europe francophone, airBaltic relie Riga à Bruxelles, Genève, Nice et Paris CDG; le transporteur relie également Tallinn et Vilnius à Bruxelles, Nice et Paris.
Sur l’ensemble de l’exercice 2025, airBaltic a réalisé un chiffre d’affaires record de 779,3 millions d’euros, en hausse de 4,2 % par rapport à 2024. La compagnie a néanmoins enregistré une perte annuelle de 44,3 millions d’euros.
Au premier trimestre 2026, la compagnie a enregistré un chiffre d’affaires opérationnel de 149 millions d’euros, en hausse de 12 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette progression a été soutenue par la croissance du trafic passagers ainsi que par l’expansion des activités de location d’avions avec équipage (ACMI). Ces derniers représentent 14,3% du chiffre d’affaires et sont essentiellement effectués pour le compte du groupe Lufthansa, qui détient d’ailleurs 10% du capital d’airBaltic.
Néanmoins, malgré ces progrès, airBaltic a enregistré une perte nette de 70,1 millions d’euros sur le trimestre, nettement supérieure à celle de l’année précédente. Un taux de change défavorable par rapport au dollar et la suspension temporaire des liaisons vers Dubaï et Tel-Aviv ont contribué à cette dégradation.
AirBaltic a du faire appel à son actionnaire principal, l’Etat letton, présent dans le capital à hauteur de 88%. En avril dernier, le Parlement letton a ainsi approuvé un prêt d’urgence de 30 millions d’euros destiné à soutenir la compagnie. Le financement, accordé sans garantie, doit être intégralement remboursé, intérêts compris, avant le 31 août 2026. AirBaltic a déjà remboursé une première échéance de 6,4 millions d’euros en mai.
Décision dans le courant de l’été
Le premier ministre letton Andris Kulbergs a néanmoins averti sur la télévision nationale que le transporteur ne pouvait plus dépendre uniquement du soutien financier des contribuables pour assurer son développement. Le gouvernement letton se prépare ainsi à prendre une décision déterminante concernant l’avenir de la compagnie nationale airBaltic. Tout en qualifiant la compagnie d’actif stratégique national, il a souligné que le gouvernement devait définir une orientation claire avant la fin de l’été. Une solution durable pour airBaltic devrait être d’associer des capitaux privés au soutien de la compagnie.
Un autre élément pour renflouer les caisses d’airBaltic serait de transférer certaines de ses livraisons confirmées d’Airbus à d’autres transporteurs, en mal d’avions neufs en raison d’une pénurie mondiale dans la production. Ces créneaux de livraison pourraient représenter un actif particulièrement précieux.
Andris Kulbergs a précisé qu’il examinait actuellement le plan d’affaires de la compagnie ainsi que plusieurs scénarios d’avenir, après avoir demandé un rapport détaillé aux responsables gouvernementaux. Et promet donc une décision définitive sur l’avenir d’airBaltic dans le courant de l’été…



















