Astana : une adolescence pleine de promesses

À l’heure de fêter son vingtième printemps, Astana s’est déjà imposée comme une destination business majeure en Asie centrale. Bien aidée par les ressources énergétiques du Kazakhstan, la nouvelle capitale du pays appuie son attractivité sur un quartier d’affaires ultra moderne.

KasMunayGas
Siège de la compagnie pétrolière nationale KasMunayGas

On n’a pas souvent l’occasion d’atterrir dans une ville d’affaires plus jeune que soi. C’est pourtant le cas d’Astana, qui fête son vingtième anniversaire le 6 juillet, commémorant ainsi le jour où la ville a remplacé Almaty comme capitale du Kazakhstan.

Une capitale adolescente donc, encore en pleine croissance comme en témoignent les nombreux chantiers en cours. Les buildings poussent à la verticale, tandis qu’au sol, les avenues extra larges rappellent l’ère soviétique : voilà l’abscisse et l’ordonnée d’une destination affaires qui s’affirme comme un hub de tout premier plan en Asie centrale, et même au-delà.

Pourtant, le transfert de souveraineté économique depuis Almaty est encore en cours. La population locale est d’ailleurs souvent originaire de l’ancienne capitale, perpétuant en quelque sorte la tradition nomade du peuple kazakh. Quant aux visiteurs étrangers, leur venue est bien plus souvent motivée par des considérations économiques que par un intérêt touristique.

Gâté par la nature, le Kazakhstan a de quoi attirer les voyageurs d’affaires. Pétrole, gaz, uranium : le sous-sol regorge de richesses stratégiques. “Les Kazakhes ont le tableau de Mendeleïev sous leurs pieds”, résume avec humour un ingénieur agronome habitué à se rendre à Astana. Abondance de biens ne nuit pas : elle a donné au président Nazarbaïev des moyens à la démesure de son ambition, dotant la capitale d’infrastructures XXL signées par des stars mondiales de l’architecture.

Pour l’heure, les équipements du quartier d’affaires installé sur la rive gauche du fleuve Ichim semblent démesurés. Mais ils préparent le terrain pour faire d’Astana un carrefour clé sur la nouvelle Route de la soie. Symbole de cette ambition : le site de l’Exposition internationale de 2017, construit au sud du quartier d’affaires flambant neuf. Après avoir contribué à situer la destination sur l’atlas mondial, il doit maintenant accueillir un tout nouvel “Astana Financial Center”.  À l’évidence, on peut avoir du pétrole, et aussi des idées…

S’Y RENDRE

Le seul vol direct reliant Paris à Astana est assuré par la compagnie nationale Air Astana, qui propose, en partenariat avec Air France ou Lufthansa, trois vols par semaine au départ de CDG, les mercredis, vendredis et dimanches et depuis cinq villes de province. Le vol de 6h15 est opéré en Boeing 757 dont la configuration s’adapte au taux de remplissage : en plus des classes éco et affaires, une offre Economy Sleeper, dans une cabine à l’avant de l’appareil, offre une expérience de voyage business à prix doux, permettant au voyageur de s’allonger sur un matelas ajusté aux trois sièges d’une rangée. Ces équipements ont permis à Air Astana d’être désignée par Skytrax comme “meilleure compagnie d’Asie centrale” depuis 2012. L’aéroport d’Astana s’est doté depuis l’an dernier d’un tout nouveau terminal dédié aux vols internationaux et équipé d’un salon business. Autre projet en cours, une liaison ferroviaire entre l’aéroport et le centre-ville.

  • Air Astana assure jusqu’à trois vols par semaine depuis Paris CDG

Air Astana > Tél. : 01 53 89 77 76 >  Internet : www.airastana.com

 

AIFC : un nouveau pôle business

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L’Exposition internationale organisée en 2017 a transformé la zone sud du quartier d’affaires, désormais dotée d’hôtels haut de gamme et, surtout, d’un vaste site d’exposition. Encore fallait-il pérenniser ces infrastructures ultra modernes. Ce sera bientôt le cas avec l’inauguration, prévue dès cette année, d’un nouveau pôle business ambitieux, l’Astana International Financial Center (AIFC). Il s’agit d’une zone sous le système de “common law” issu du droit britannique, pour rendre le cadre légal plus lisible et plus simple. “Nous sommes en train de créer un environnement ‘zéro bureaucratie’ ”, a résumé un responsable de l’AIFC dans les médias locaux. Les autorités espèrent attirer des banques, mais aussi des institutions internationales, et même une pépinière de start-up.