
La tendance est on ne peut plus positive pour les centres d’affaires et de domiciliation. D’après le Synaphe (syndicat national des professionnels de l’hébergement d’entreprises), sur la période courant de juin 2010 à mai 2011, ce secteur enregistre une croissance de plus de 2 %. Le marché parisien, Hauts-de-Seine inclus, est le plus dynamique, enregistrant à lui seul une hausse de +9,75 % au premier semestre 2011 et de +7,5 % sur une année complète portant sur le dernier semestre 2010 et les six premiers mois de 2011. De son côté, sur cette même période, le volume de clientèle a connu une progression significative : +2,5 % pour la domiciliation et +4,5 % pour la location de bureaux. Parallèlement, les prestations “court terme” proposées par les centres d’affaires – secrétariat à l’heure, location de salles de réunions – progressent elles aussi de façon sensible pour occuper plus d’un tiers du chiffre d’affaires de l’activité, soit 33,5 % sur le premier semestre 2011. Quant au taux d’occupation des bureaux — le ratio entre les m2 occupés et facturés et la surface de bureau proposée à la vente –, il a connu au premier semestre 2011 une augmentation de près de 9 points par rapport à la même période en 2010. Le taux d’occupation s’élève ainsi à 80 % au niveau national, une fréquentation soutenue par le marché parisien qui frôle les 88 %.
La disparité Paris/province est plus marquante lorsqu’on analyse le chiffre d’affaires des bureaux équipés par rapport à la surface louée. Ainsi, la moyenne des loyers mensuels au premier semestre 2011 est de 87 € H.T./m2 à Paris contre 34 € H.T./m2 en province. Au-delà de cette différence, le marché se porte globalement bien.
Bureaux dématérialisés
Une autre analyse réalisée par Xerfi, leader français des études sur les secteurs et les entreprises, confirme de bonnes perspectives de développement à moyen terme ; et cela, malgré la crise qui a affecté les centres d’affaires en 2009-2010. Les opérateurs devraient logiquement profiter de plusieurs éléments conjoncturels favorables. Selon cette étude, la reprise économique, même faible, favorise les projets d’expansion des entreprises et soutient la demande. La relance des voyages d’affaires joue également un rôle positif pour les centres d’affaires. D’autant que, pour les entreprises qui tendent à se recentrer sur leur coeur de métier, la flexibilité est désormais primordiale. Ainsi, avec leur offre d’espaces partagés, de durée de location et de superficie modulables, de bureaux virtuels et de prestations à la carte, les centres d’affaires répondent-ils à leurs attentes.
L’évolution des mentalités et l’avènement des nouvelles technologies jouent aussi en faveur des bureaux virtuels. Avec le développement du télétravail, du nomadisme et de la visioconférence, les entreprises sont en attente de solutions pertinentes comparées à un bureau permanent. Bruno Rebillé, vice-président du Synaphe raconte : “Véritable reflet du climat des affaires, les centres d’affaires et de domiciliation évoluent pour suivre les tendances dominantes d’un marché en pleine mutation. Le passage d’une offre exclusivement immobilière à l’intégration de services à forte valeur ajoutée constitue un des axes de développement. Si le bureau traditionnel a encore de beaux jours devant lui, il est amené à se dématérialiser.”
Le potentiel de développement est d’autant plus important que le marché français est relativement neuf – une trentaine d’années tout au plus – comparé aux marchés américain et britannique. Ainsi, outre-Manche, les centres d’affaires représentent entre 3 à 4 millions de m2 tandis que les 250 membres du Synaphe totalisent seulement 250 000 m2 de bureaux équipés. Mais les perspectives de croissance sont importantes. Estimé entre à près de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires, le marché français est en pleine expansion, boosté notamment par une clientèle venue des pays émergents, d’Asie en particulier. “Nous avons de plus en plus de clients internationaux qui souhaitent payer uniquement ce qu’ils consomment”, appuie Bruno Rebillé.
Normes de qualité
Communautés de coworkers
Au plus près des cadres nomades

Regus entend aller encore plus loin dans sa démarche d’accompagnement des adhérents. En effet, cet acteur majeur du secteur est parti du constat qu’en France, 56 % des collaborateurs travaillent plus de 9 heures par jour, que 83 % emportent du travail à domicile afin de le terminer le soir et que, parmi ces derniers, 46 % le font plus de trois fois par semaine. Aussi Regus étudie-t-il la possibilité d’implanter ses centres d’affaires à proximité du domicile des salariés, notamment dans les grandes banlieues, non seulement en région parisienne, mais aussi dans des métropoles telles que Bordeaux, Montpellier ou Strasbourg. L’ouverture de ces sites éviterait aux collaborateurs de longs trajets routiers ou ferroviaires ; d’où des économies de temps, d’énergie et un bien-être accru. D’ores et déjà, des grands groupes tels que La Poste et Bouygues travaillent sur de tels projets. Pour Frédéric Bleuse, “la frontière entre la vie privée et la vie professionnelle s’est nettement étiolée. Si notre étude révèle que les télétravailleurs, ainsi que les professionnels nomades, sont à leur poste en général plus longtemps, tout laisse à penser qu’ils ressentent aujourd’hui moins de pression dans leurs différentes tâches. Ces actifs passent moins de temps dans les transports, ce qui leur permet de dégager quelques heures supplémentaires pour leur activité professionnelle. Les entreprises qui autorisent leurs employés à travailler dans des locaux plus proches de leur domicile, et donc de gérer leur temps de façon plus autonome, peuvent atténuer la pression ressentie par le déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle et compter sur un personnel plus productif et plus impliqué.”
Si le bien-être des collaborateurs contribue à l’image de l’employeur, une adresse prestigieuse joue tout autant. Ainsi Servcorp implante-t-il ses sites dans des quartiers prisés et dans de beaux immeubles. En France, le groupe australien possède trois centres sur Paris : square Édouard VII, boulevard Haussmann et avenue des Champs-Élysées, au cinquième étage de l’immeuble Louis Vuitton. “Nous touchons une clientèle internationale haut de gamme, en particulier américaine et japonaise”, souligne Doriane Pieragnoli, directrice des bureaux virtuels de ce dernier établissement. En deux ans, Servcorp est passé de 75 centres d’affaires dans le monde à plus de 170 grâces, notamment, à la conquête du marché américain. Tous ses établissements sont entièrement rénovés lors de leur acquisition. Avec des matériaux évidemment haut de gamme : marbre, granit, fauteuils Chesterfield, expositions d’œuvres d’art…
Ici, pas d’offres packagées, mais exclusivement du sur-mesure. Outre les prestations classiques d’un centre d’affaires, le groupe propose notamment une assistante de direction, un service pressing, la possibilité de réserver une chambre d’hôtel, un taxi, des billets de train ou d’avion… Les clients d’un bureau virtuel ont une adresse et un numéro de téléphone auquel un réceptionniste dédié répond immédiatement en fonction de leurs instructions.
Service personnalisé
Toujours dans le haut de gamme, mais en version confidentielle, Kadrance aime parler de “maison à vivre” plutôt que de centres d’affaires. Installé dans un immeuble Art Déco en plein cœur de ce qui fut la Nouvelle Athènes, sur les bas de Montmartre, rien ne distingue la façade des autres bâtiments. Une fois la porte poussée, le visiteur est accueilli par une musique d’ambiance et des tons chatoyants. Larges baies vitrées, fauteuils et canapés moelleux, cheminée, jardin d’hiver… tout est fait pour que le client se sente chez lui ! “90 % de notre clientèle nous a connu par le bouche-à-oreille”, confie Alexandra Bouigue, la responsable. Réparti sur 1 800 m2, le cercle d’affaires compte une quinzaine de bureaux, tous équipés des dernières techniques.Dossier - Centres d’affaires : une nouvelle tendance à l’heure de l’itinérance
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