La Chine passe le cap des 20 000 km de lignes TGV

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Le TGV est en train de changer en profondeur les structures socio-économiques de la Chine

La Chine est devenue l’un des géants ferroviaires à grande vitesse, investissant en une décennie l’équivalent de 50 milliards de dollars pour relier non seulement toutes les grandes métropoles chinoises entre elles, mais aussi, et de plus en plus, les villes secondaire. Le succès a été au rendez vous. En 2015, 961 millions de voyageurs ont utilisé ces lignes à grande vitesse, faisant du réseau TGV chinois le plus utilisé du monde. La barre du milliard est en vue pour 2016.

Une étape a été franchie en septembre dernier, lorsque Pékin a inauguré une nouvelle ligne reliant Zhengzhou, la capitale de la Province de Henan au centre de la Chine, avec Xuzhou, dans la province orientale de Jiangsu. Ce tronçon de 365 km a permis au réseau à grande vitesse de dépasser la barre symbolique des 20 000 km de voies. Pour rappel, en 2013, la Chine ne comptait encore que 10 000 km de voies à grande vitesse…

Filant à 300 km/h, les trains relient les deux cités en 1 heure et 20 minutes, alors qu’il faut quatre heures en voiture. La nouvelle ligne revêt ainsi un aspect stratégique en réduisant de façon significative les distances entre la Chine Orientale et Occidentale, d’autant qu’une autre ligne est actuellement en cours de construction entre Baoji et Lanzhou (480 km). D’ici quelques années, il sera ainsi possible de rallier uniquement en train à grande vitesse la ville de Urumqi (Xinjiang, proche de la frontière avec le Kazakhstan) dans l’extrême ouest du pays à Xuzhou. La distance entre les villes, proche de 3 400 km, se parcourt actuellement en 40 heures. Le réseau à grande vitesse est en passe de reconfigurer totalement la Chine socio-économique.

D’après les projets de China Railway Corp., qui gère le réseau, le nombre de lignes à grande vitesse devrait atteindre 45 000 km en 2030. Elles permettent d’abord de décongestionner les grandes métropoles. Par exemple en résidant dans des villes situées à 100 km et qui sont désormais reliées à Pékin, Shanghai ou Canton en moins de 45 minutes.le-top-10-des-villes-chinoises-emergentes-webDe nouveaux centres urbains sont ainsi en train d’émerger à travers le pays. Au World Economic Forum de Davos, en mars dernier, une étude révélait les villes émergentes les plus dynamiques de Chine. On y trouve certes d’importantes métropoles comme Chengdu et Chongqing au Sichuan – des villes flirtant avec les neuf millions d’habitants –, mais également des cités dont on a à peine entendu parler jusqu’à présent en Europe. The Economist Intelligence Unit révélait ainsi que les villes les plus dynamiques de Chine ont pour nom Guiyang, Xiangyang, Hengyang ou Zhengzhou avec des taux de croissance de leur PIB de plus de 12%, contre 7% en moyenne pour le pays. Ces villes investissent sur les nouvelles technologies, les services et la consommation de leurs populations locales. Surtout, elles sont reliées par le TGV, ce qui en font désormais des alternatives aux mégapoles traditionnelles chinoises.

Cette tendance devrait se poursuivre dans les années à venir avec d’autres villes en mesure de devenir de nouveaux pôles d’équilibre économique grâce aux futurs développements du TGV. La China Railway Corp. travaille sur des trains roulant à 420 km/h. Les premiers essais ont déjà été menés avec succès. Et la Chine travaille même sur des TGV pouvant rouler à 500 km/h à l’avenir.