La beauté intérieure, ça existe finalement. La preuve se trouve au numéro 3 de la Pariser Platz de Berlin, où derrière la façade stricte, presque anodine du DZ Bank Building, se cache l’un des centres événementiels les plus esthétiques et les plus originaux d’Europe. “La meilleure chose que j’aie jamais faite” (The best thing I’ve ever done) a même déclaré Frank Gehry, son concepteur. Ce qui n’est pas un mince commentaire au regard du pedigree du pape du déconstructivisme, auteur du musée Guggenheim de Bilbao, du Walt Disney Concert Hall de Los Angeles ou de la Dancing House de Prague.
Certes, l’emplacement même obligeait à l’exception. Symbole de la renaissance de Berlin, la Pariser Platz, au pied de la porte de Brandebourg, à la genèse d’Unter den Linden – les Champs-Élysées de Berlin –, est redevenue en quelques années la place de prestige qu’elle était avant la Seconde Guerre mondiale, retrouvant un à un ces lieux qui font son magnétisme, l’hôtel Adlon, l’Académie des beaux-arts et, crème de la crème diplomatique : les ambassades de France, de Grande-Bretagne et des États-Unis. Bref, l’immeuble de la DZ Bank est plutôt bien entouré, mais le prestige du voisinage ne l’a pas incité à se claquemurer.
C’est donc en toute liberté qu’un millier de badauds franchissent ses portes chaque jour, pour admirer, derrière le vestibule, la grande verrière et l’étrange structure en forme de baleine qui font la réputation picturale du lieu. Une audace qui n’a rien d’une tocade. “Dans la lignée de la construction de son siège de Francfort, DZ Bank voulait prolonger sa tradition de qualité architecturale pour son immeuble de Berlin. Et c’est Frank Gehry qui a finalement été choisi, avec son projet de centre de conférences dans l’atrium, au milieu des bureaux”, explique Jochen A. Lohmar, directeur de cet espace événementiel hors norme baptisé Axica.
Depuis le début de sa commercialisation, en juin 1999, le lieu a su imposer ses exercices de grand style, sous l’écho permanent de la lumière naturelle : les chandeliers volants sous la coupole du Forum, tels des nuages en verre de Murano, le vermillon vibrant de la tapisserie, qui prend tout son éclat dans l’écrin du Foyer ou du Gehry Lounge où se détachent les étranges fauteuils en bois spécialement conçus par l’architecte.
Vocation internationale
Et puis, bien sûr, il y a la baleine et son “ventre”, techniquement appelé le Plenum. Le clou du spectacle, peut-être, l’élégant mobilier en pin de l’Oregon et les somptueuses ondulations des murs aux formes organiques mettent parfaitement en scène le triomphe de la technologie soft, ses souples écrans géants, son penchant pour le sans fil, ses micros et casques aussi minimalistes dans la silhouette que maximalistes dans la performance.
Un cadre et un équipement qui en font un lieu idéal pour les conférences internationales de très haut vol, mais également, à l’occasion, pour des lancements de produits qui veulent réellement sortir du lot, ce qu’ont su exploiter, au cours des dernières années, Renault pour le lancement de sa Velsatis ou Apple pour celui de son iMac G5. “C’est sûr, Axica est un lieu de réunion très haut de gamme, d’autant plus que nous essayons d’accompagner la prestation avec un service à la hauteur, aussi bien dans la décoration que dans le catering”, confirme Jochen A. Lohmar, qui note que sur les 160 à 180 événements organisés chaque année au 3 Pariser Platz, près de 98 % sont à vocation internationale. À l’image d’une ville où l’ouverture au monde s’est érigée en art de vivre.

















