
Confronté à un baril de brut au-dessus des 100 dollars depuis plus d’un mois, easyJet a décidé de retirer quelques 700 000 sièges de son programme d’hiver. La flambée des prix du carburant pour avions, que peu de stratèges avaient pressenti de durer sur une période si longue, intensifie effectivement la pression sur les compagnies aériennes européennes, soulevant de nouvelles inquiétudes sur l’offre aérienne en Europe et les prix…
Il s’agit pour easyJet d’un second tour de vis. Durant l’été, la compagnie aérienne britannique à bas coûts avait déjà procédé à une première réduction de ses capacités en sièges. Elle avait annoncé éliminer 700 000 sièges, portant le nombre total de sièges retirés du programme hivernal à presque 1,4 million, selon le Financial Times.
Expliquant sa décision au cours de l’été, la compagnie avait déclaré qu’il s’agissait de suspensions temporaires sur plusieurs routes européennes. La nouvelle la plus spectaculaire ayant été l’annonce de la fermeture de sa base aérienne de Leeds Bradford au Royaume-Uni le 5 janvier prochain. Ce qui se traduira notamment par l’arrêt de la ligne Paris-CDG-Leeds.
Les dernières réductions soulignent la pression croissante sur les compagnies aériennes de loisirs européennes alors qu’elles se préparent pour la saison hivernale traditionnellement plus faible. D’autant qu’elles n’ont guère eu de possibilité cette année d’acheter à l’avance leur ravitaillement en carburant à prix fixes (hedging). Réduire la capacité pendant les périodes de faible demande peut aider ainsi à protéger les marges.
easyJet n’a pas encore identifié toutes les lignes affectées par cette nouvelle réduction de capacité. Mais il faut s’attendre à une annonce rapide, alors que l’horaire d’hiver IATA entre en vigueur le 27 octobre prochain.
La compagnie à bas coûts n’est pas la seule à réduire son offre. Ses concurrents Ryanair et Wizz Air ont annoncé des mesures similaires. Le PDG de Ryanair, Michael O’Leary, a averti cette semaine que les coûts plus élevés du carburant pour avions liés à la guerre en Iran pourraient se poursuivre jusqu’en 2028. Et d’avertir que les compagnies aériennes pourraient devoir augmenter considérablement les tarifs l’été prochain si les pressions sur les coûts persistaient.




















