
Un recul de -18% des émissions liées aux voyages d’affaires : Transport & Environnement (T&E) met en lumière les progrès accomplis par les grandes entreprises françaises depuis 2019. Alors que le think tank a récemment publié son classement Travel Smart portant sur les données de 2023, la publication d’informations en matière de durabilité provenant des rapports annuels de 25 grandes entreprises a permis cette nouvelle analyse réactualisée. Plus globalement, les deux tiers de ces sociétés ont maintenu leurs niveaux de voyages plus bas qu’avant la pandémie.
« Cela vient confirmer une tendance positive, une plus grande attention des entreprises portée sur leurs émissions liées aux voyages d’affaires. Mais on se doit de rester vigilant. Certaines ont réussi à se mettre sur le chemin et les réduire durablement, tandis que d’autres semblent les laissent un petit peu filer« , remarque Denise Auclair, responsable de la campagne Travel Smart de Transport & Environnement.

Parmi les bonnes élèves, six grandes sociétés – soit un quart du panel – ont baissé de moitié leurs émissions par rapport à la période pré covid. La société de conseil Capgemini affiche ainsi une réduction de 51% par rapport à 2019, avec un nouveau recul de -7% entre 2023 et 2024, « tout en ayant augmenté son nombre d’employés », note T&E. La palme revient cependant à Atos, avec une réduction de 71%, devant Sopra Steria (-64%) et Société Générale (-59%). Air Liquide, Capgemini et Dassault Systèmes figurent derrière ce trio de tête, toutes sous la ligne de flottaison des 50% de diminution. Et d’autres grands noms de l’économie française se situent tout juste au-dessus tels Orange, Amundi, Kering et L’Oréal.
La plupart de ces sociétés ont en partage une même politique : la mise en place d’objectifs spécifiques de réduction des émissions de leurs voyages d’affaires, entre limitation des voyages aériens et préférence pour le train, alternatives digitales aux déplacements et nécessité d’une autorisation préalable pour les les voyages à l’étranger.
Au final, sur les 25 entreprises analysées, les 9 ayant un objectif spécifique ont collectivement réduit leurs émissions de 41% entre 2019 et 2024, tandis que les autres ont réduit leurs émissions de seulement 9% en moyenne. Cependant, sur toutes ces entreprises, certaines n’ont pas diminué leurs émissions, bien au contraire, avec queue de peloton Sanofi (+10% en 2024 par rapport à 2019), LVMH (+23%), Vinci (+25%) et plus encore bioMérieux (+33%), SPIE (+38%) ou Valeo (+49%).
Ce dernier groupe fait partie de ceux à n’avoir pas fixé de cible de réduction spécifique à l’inverse de SPIE, par exemple, qui explique dans son rapport annuel que le retour à une activité normale s’est traduit par une augmentation des voyages d’affaires en 2024, notamment dans son entité Global Services Energy « en raison de la rotation accrue des travailleurs expatriés sur les sites client ».
L’analyse de Transport & Environnement montre également des disparités au sein d’un même secteur. Ainsi, si les émissions de Valeo en ce qui concerne les voyages d’affaires sont à la hausse, celles de Renault et Forvia sont en revanche orientées à la baisse, de 28% et 25% respectivement. Il en est de même dans les secteurs de la finance et du luxe avec, d’un côté, Kering, Société Générale et Crédit Agricole qui les ont diminuées et de l’autre BNP Paribas et LVMH où elles repartent de l’avant.
En parallèle, T&E souligne les efforts du gouvernement français ayant demandé à ses services et entreprises, dans le cadre de son Plan de Sobriété Énergétique, de réduire les voyages aériens de 20% en 2024 par rapport à 2019, avec un objectif plus élevé, de -30 %, à l’horizon 2027.


















