Etude Bridgestreet : quel rôle pour le « bleisure » dans le voyage d’affaires ?

Souvent mentionné comme la nouvelle tendance dans l'univers du voyage d'affaires, le bleisure - néologisme alliance de business et de leisure - est-il véritablement pratiqué par les professionnels en déplacement ? Les entreprises ont-elles pris des mesures pour encadrer cette zone floue à travers une politique dédiée ? Le dernier Bleisure Report 2014 publié par Bridgstreet fournit de nouvelles données pertinentes sur le dossier.    
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A l’occasion du 4èmeCorporate Travel Network organisé début octobre par Amadeus au sein de son centre de Sophia Antipolis, cinq professionnels « confessaient » profiter de l’évènement et de la destination pour prolonger ce déplacement professionnel en séjour personnel sur la côte d’azur. Cinq invités à peine sur une audience de quelque 120 personnes, pourtant à la pointe des nouvelles tendances « business travel », et surtout dans un cadre ensoleillé situé à quelques minutes de la plage… Certes, cette photographie à main levée n’a pas véritablement valeur de sondage. Elle remet pourtant en question l’ampleur d’un phénomène régulièrement présenté comme la tendance du business travel, le voyage d’affaires des années 2010…

La proportion de voyageurs « bleisure » au sein du CTN 2014 d’Amadeus aura surpris plus d’un spécialiste

 

Le Bleisure Report 2014 publié récemment par Bridgstreet apporte une toute autre lumière sur le phénomène. Fort d’un panel international de quelque 640 voyageurs internationaux, le spécialiste de l’hébergement long séjour souligne qu’une majorité de professionnels (60%) prolonge plus ou moins régulièrement un voyage d’affaires en séjour touristique. Dans 46% des cas, la pratique serait même quasi-systématique, la majorité de ces voyageurs bleisure (54%) invitant même un membre de leur famille à les accompagner : une pratique  moins prégnante en France que sur les autres marchés du voyage d’affaires.

Parmi les 40% de voyageurs « non initiés » au bleisure – dont la moitié se dit intéressés à l’idée d’expérimenter cette tendance – 48,8% expliquent ne pas avoir de temps libre pendant un voyage d’affaires, tandis que 17,5% travaillent pendant ce temps libre. A peine 16,3% des voyageurs n’expriment purement et simplement aucun intérêt pour le bleisure… Des chiffres à mettre au regard d’une autre statistique : la durée moyenne d’un déplacement professionnel, qui varie fortement d’un pays à l’autre. Ainsi, si les déplacement « express » (1-2 jours) sont largement majoritaires en France et au Royaume-Uni, on constate que les voyageurs d’affaires saoudiens (5 à 7 jours en majorité), et surtout Indiens (plus de 14 jours) profitent d’expériences plus étalées dans le temps…

Le Bleisure Report 2014 met également en lumière une autre question cruciale, en soulignant que l’entreprise ne s’est que très rarement saisie du dossier. Dans la majorité des cas (59%), les voyageurs d’affaires indiquent que leur employeur n’a mis en place aucune politique à ce sujet, tandis que 27,3% des sondés n’en ont pas connaissance. Seuls 13,7% des voyageurs se disent donc encadrés par une politique relative au bleisure dans leur entreprise… Reste à savoir désormais combien des quelque 120 invités de ce CTN 2014 avaient en fait dissimulé un maillot de bain dans leur valise business, et combien seront convertis au bleisure d’ici l’édition 2016…