
La région « Pearl River Delta », avec quelque 120 millions d’habitants, englobe la province de Guangdong (Canton) dans le sud de la Chine ainsi que les territoires de Hong Kong, Macao ainsi que les villes de Shenzhen et Zhuhai, deux cités au statut spécial. En 2012, avec une population représentant seulement 4,2 % de la population totale de la Chine et seulement 0,6% du territoire chinois, la Région du Pearl River Delta générait à elle seule 9,2% du PIB chinois, contribuant pour 26,7% aux exportations du pays et attirant 19,5% de tous les investissements directs. Le PIB par habitant est de 219,6% comparé à la moyenne chinoise.
Cette puissance économique explique donc la très grande importance que revêt l’aéroport international de Hong Kong dans le développement de la région. En 2014, la plate-forme, base principale de la puissante compagnie aérienne Cathay Pacific, a vu passer 63,36 millions de passagers, en hausse de 5,8% sur l’année 2013. Un chiffre à comparer aux 54,77 millions de passagers de l’aéroport de Canton (+4,2%), aux 36,27 millions de passagers de Shenzhen (+12,4%) ou aux 5,48 millions de passagers de Macao (+9%).

L’aéroport de Hong Kong souffre cependant d’engorgement avec ses deux pistes. L’aéroport peut en effet accueillir 68 mouvements d’avions par heure. Actuellement, les deux pistes de la plate-forme doivent déjà gérer en période de pointe 66 mouvements d’avion par heure. Ce qui a représenté 391 000 mouvements en 2014. Selon les prévisions de l’autorité aéroportuaire, la plate-forme atteindra son seuil de saturation en 2016 ou 2017. La construction d’une troisième piste s’avère donc d’une urgence absolue si Hong Kong veut conserver son statut de hub global. Avec une troisième piste, Hong Kong serait en mesure de traiter plus de 100 millions de passagers par an et 607 000 mouvements d’avion à l’horizon 2030. Hong Kong a déjà l’un des pourcentages les plus élevés d’avions gros porteurs dans son activité (63%), un chiffre seulement surpassé par Tokyo Narita. Autant dire qu’il existe peu de marge de manœuvre pour accueillir plus de passagers.

La future troisième piste, pour laquelle le feu vert a été donné le 17 mars dernier, sera construite à partir de 2016. Comme il faudra gagner 650 hectares de terres sur la mer, sa construction prendra sept ans, avec une mise en service prévue en 2023. Elle permettra alors de traiter 102 mouvements d’avions par heure. Mais ce projet n’est pas exempt de critiques, notamment en raison du coût exorbitant de cette expansion, estimée à 18 milliards d’euros (141,5 milliards de HK$). Et comme l’autorité aéroportuaire a promis de ne pas demander de fonds publics, ce sera au passager de payer la note. Au lieu de 120 HK$, les compagnies aériennes devront ainsi s’acquitter à partir d’avril 2016 d’une taxe aéroportuaire de 300 HK$ par passager au départ. Selon l’aéroport, c’est du provisoire. Mais souvent, le provisoire a la vie dure…



















