GBTA : la norme NDC expliquée aux acheteurs français

La GBTA France organisait mardi au Radisson Blu Boulogne un afterwork dédié à la nouvelle norme NDC (New Distribution Capability), portée par IATA, et en passe de métamorphoser la distribution dans le secteur de l'aérien. Les échanges entre Yanik Hoyles, directeur du programme NDC chez IATA, et Alexandre Jorre, Directeur marketing chez Amadeus, auront permis de mieux cerner les nouvelles perspectives offertes par le standard NDC aux différents acteurs du marché, mais aussi d'identifier les zone d'ombre qui persistent quant aux déclinaisons possibles de ces usages multiples.

Y. Hoyles (IATA), A. Jorre (Amadeus) et S. Marchon (GBTA France)

Autant se l’avouer : il fallait une certaine dose de courage pour venir se frotter en cette fin de journée à la thématique choisie pour l’afterwork estival de la GBTA France. « Norme NDC de IATA : GBTA aborde le mode de réservation de demain » : l’intitulé ne fait pas forcément rêver, tout particulièrement dans ce secteur du voyage habitué à davantage d’exotisme… Pourtant, l’évènement organisé mardi soir au sein de l’hôtel Radisson Blu Boulogne Billancourt a fait le plein, témoignant ainsi de l’intérêt que commence à susciter le nouveau standard déployé par l’association internationale du transport aérien. Et pour cause… Derrière ces trois lettres se joue peut-être bien la plus grande révolution du secteur depuis l’avènement des low-costs. On comprend mieux, dès lors, l’effort pédagogique fourni par IATA au cours des derniers mois, initié dans un contexte tendu avec les leaders de la GBTA – justement –,  et des trois GDS : Amadeus, Sabre et Travelport. « En 2013, il y a eu beaucoup de malentendus autour de la NDC. Nous nous y sommes mal pris au niveau de la communication » confessait d’ailleurs volontiers Yanik Hoyles mardi, soulignant que « maintenant, tout est plus transparent ». Le directeur du programme NDC chez IATA relevait donc une nouvelle fois la difficile mission de rendre le projet intelligible, voire attractif. Et ce même si, comme le rappelle M. Hoyles, la nouvelle norme n’est pas obligatoire et se veut « agnostique », chaque compagnie l’utilisant comme elle le souhaite. Un rappel loin d’être anodin, quelques jours après l’annonce de la « taxe GDS » chez Lufthansa… « Cette norme NDC n’est en aucun cas un contournement des GDS, elle n’a pas pour but de promouvoir la vente directe. Elle est agnostique » s’est simplement permis de souligner Yanik Hoyles, interrogé sur la décision polémique de la compagnie allemande.

Un vaste champ des possibles

Ce que l’on retiendra de cet afterwork instructif, c’est peut-être avant tout le vaste champ des possibles ouvert par ce nouveau standard, que chaque compagnie pourra donc décliner comme elle le souhaite. Les transporteurs pourraient ainsi bénéficier de la même réactivité dans la distribution de leurs produits via un intermédiaire que ce que leur permettent déjà leur propre site Internet. En simplifiant la distribution de contenus de plus en plus riches, le standard NDC s’apprête aussi et surtout à faire progresser la logique de personnalisation de plus en plus pointue dans l’univers du voyage. A tel point que l’on s’interroge encore sur la capacité des fournisseurs technologiques à adapter leurs outils à un contenu si riche. « Cela va être un véritable défi pour les outils de gestion des dépenses » souligne d’ailleurs Alexandre Jorre, Directeur marketing chez Amadeus. Et de prévenir : « Certaines compagnies pourront investir de manière efficace pour offrir les bonnes solutions de réconciliation des dépenses, d’autres non ». Autre zone d’ombre, et non des moindres : jusqu’où peut conduire cette personnalisation de l’offre, et à quel point l’entreprise conservera-t-elle le contrôle ? Les thuriféraires de la norme NDC l’assurent : le dossier des frais ancillaires devrait gagner en transparence pour l’entreprise, en lui permettant notamment de négocier plus efficacement avec sa compagnie aérienne sur la base d’informations plus pointues.

L’histoire de la NDC reste donc encore à écrire, y compris par de « nouveaux entrants » sur le marché qui pourront à leur tour proposer des usages plus ou moins adaptés au marché business travel. Mais sachant qu’une petite dizaine des professionnels réunis mardi par la GBTA France annonçaient connaître le nouveau standard, les efforts de pédagogie déployés par les différents acteurs apparaissaient largement nécessaires.