
La grogne couvait depuis quelque temps chez Air Canada, dont les salariés arboraient leurs revendications sur des badges ou des autocollants apposés sur leur valise, y compris au départ d’aéroports français comme Nice. En début de semaine dernière, la mobilisation était montée d’un cran après le vote massif (99,7%) en faveur de la grève au sein du Syndicat canadien de la fonction publique. Ce scrutin permettait un débrayage à compter du 16 août au matin, même s’il laissait la porte ouvertes à d’ultimes négociations. Finalement, le rapport de force se traduit bien par un blocage de la compagnie : depuis samedi, tous les vols Air Canada et Air Canada Rouge sont supprimés.
La direction d’Air Canada explique : « le 13 août 2025, le SCFP a remis à Air Canada un avis de grève de 72 heures, comme le prévoit la loi. La société aérienne a depuis réduit progressivement son horaire d’environ 700 vols quotidiens pour gérer l’interruption de travail créée par l’avis de grève du SCFP, tout en s’efforçant de conclure une nouvelle convention collective négociée et d’éviter que le conflit de travail ne perdure ». Air Canada a donc acté « la suspension de toutes les activités d’Air Canada et d’Air Canada Rouge en raison de la grève déclenchée par ses 10 000 agents de bord représentés par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). La grève est entrée en vigueur à 0 h 58 (HE) le 16 août 2025 ».
La grève – qui épargne les vols d’Air Canada Express exploités par Jazz et PAL Airlines – impacte selon le groupe canadien 130 000 voyageurs par jour. Air Canada « déconseille fortement » à ses clients de se rendre à l’aéroport, à moins qu’ils ne disposent d’un billet confirmé avec un transporteur autre qu’Air Canada ou Air Canada Rouge.
« Malgré la campagne de demi-vérités menée par Air Canada contre son personnel de cabine, la population canadienne se range clairement du côté de l’équité et des agentes et agents de bord », assure Wesley Lesosky, président de la Composante d’Air Canada du SCFP. Ce dernier se base sur un sondage publié à la veille du début de la grève, selon lequel 88% des Canadiens soutiennent les agents de bord de la compagnie. « Air Canada veut forcer les agentes et agents de bord à continuer de travailler gratuitement, ce qui continuerait de creuser les écarts salariaux alors que notre main d’oeuvre est majoritairement féminine. Et l’employeur compte sur l’intervention du gouvernement fédéral pour atteindre ses fins. La position de la population est claire. La ministre Hajdu doit soutenir l’équité et les droits des travailleuses et travailleurs, et rejeter la demande d’Air Canada qui vise à bafouer notre droit, garanti par la Charte, de négocier pour mettre fin au travail non payé » poursuit Wesley Lesosky.

















