La palmarès 2024 du Henley Passport Index avait sacré la France – et cinq autres pays – pour la capacité de son passeport à ouvrir les portes du monde. Les passeports français, italien, espagnol, allemand, singapourien et japonais donnaient alors accès à 194 destinations dans le monde, sans visa. Un temps révolu, puisqu’avec 195 destinations, le passeport de Singapour domine désormais les débats. Et ce grâce au retour de son accès sans visa à la Chine, bloqué depuis la crise sanitaire.
Seuls 22 des 199 passeports du monde ont reculé dans le classement de l’Indice Henley des passeports au...
La palmarès 2024 du Henley Passport Index avait sacré la France – et cinq autres pays – pour la capacité de son passeport à ouvrir les portes du monde. Les passeports français, italien, espagnol, allemand, singapourien et japonais donnaient alors accès à 194 destinations dans le monde, sans visa. Un temps révolu, puisqu’avec 195 destinations, le passeport de Singapour domine désormais les débats. Et ce grâce au retour de son accès sans visa à la Chine, bloqué depuis la crise sanitaire.
Seuls 22 des 199 passeports du monde ont reculé dans le classement de l’Indice Henley des passeports au cours de la dernière décennie. De manière surprenante, les États-Unis sont les deuxièmes plus grands perdants entre 2015 et 2025 après le Venezuela
Le Japon (193) figure à la deuxième place. Les destinations européennes – dont la France, l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie – complètent le podium (192). Si le Top 10 est dominé par les pays européens, les grands acteurs du voyage d’affaires y figurent logiquement. Notamment l’Australie (6e) le Canada (7e) et les États-Unis (9e). Mais le passeport américain est désigné comme l’un des mauvais élèves du rapport. Les auteurs de ce dernier soulignent ainsi : « Seuls 22 des 199 passeports du monde ont reculé dans le classement de l’Indice Henley des passeports au cours de la dernière décennie. De manière surprenante, les États-Unis sont les deuxièmes plus grands perdants entre 2015 et 2025 après le Venezuela, perdant sept places de la deuxième à la neuvième position actuelle. Le Vanuatu est le troisième plus grand perdant, perdant six places de la 48e à la 54e position, suivi par le passeport britannique, qui était en tête de l’indice en 2015 mais se trouve maintenant à la 5e place. Le Canada complète la liste des cinq perdants, perdant trois rangs au cours de la dernière décennie, passant de la quatrième à la septième place actuelle ».
Pour Annie Pforzheimer, Senior Associate au sein du thinktank Center for Strategic and International Studies, « même avant l’avènement d’une deuxième présidence Trump, les tendances politiques américaines étaient devenues notablement repliées sur elles-mêmes et isolationnistes. Même si la santé économique des États-Unis repose fortement sur l’immigration, le tourisme et le commerce, les électeurs de la campagne présidentielle de 2024 ont été nourris d’un récit selon lequel l’Amérique peut (et doit) faire cavalier seul. En fin de compte, si les tarifs douaniers et les déportations sont les outils politiques par défaut de l’administration Trump, non seulement les États-Unis continueront à décliner dans l’indice de mobilité sur une base comparative, mais ils le feront probablement aussi en termes absolus. Cette tendance, associée à la plus grande ouverture de la Chine, devrait permettre à l’Asie de dominer davantage le soft power à l’échelle mondiale ».
La Chine, qui a multiplié ces derniers temps les signaux d’ouverture à l’international, compte d’ailleurs parmi les pays qui ont le plus progressé au cours de la dernière décennie. Entre 2015 et 2025, l’Empire du Milieu s’est hissé de la 94e place à la 60e, avec l’ajout de quarante destinations accessibles sans visa. Et 29 pays ont été ajoutés pour la seule année 2024 aux passeports éligibles en Chine sans visa.