Interview : Antoine Delesalle, directeur des Ventes d’Amex GBT

Antoine Delesalle, directeur des Ventes et membre du Comex d'American Express GBT, explique que l'agence de voyages est là pour anticiper, conseiller et travailler en amont avec sa clientèle. L'entreprise a dû depuis deux ans gérer des déplacements de ses clients dans le cadre de la pandémie.
Antoine Delesalle, directeur des Ventes de American Express GBT.
Antoine Delesalle, directeur des Ventes de American Express GBT.

Est-il encore nécessaire de faire un voyage d’affaires sur une destination lointaine avec les incertitudes liées aux règles face à la pandémie?

Antoine Delesalle – La pandémie a effectivement profondément modifié les comportements des entreprises dans leur approche du voyage d’affaires. Dans la plupart des cas, on voit que le voyage d’affaires n’est effectué que s’il est perçu comme essentiel. Les voyages d’affaires de « confort » sont de fait bannis. Après, tout dépend de l’activité des entreprises. Par exemple, le BTP ou la signature de grands contrats commerciaux demandent une présence sur place. Mais les freins sont assez importants à un déplacement d’affaires, car le voyageur doit désormais se plier à deux règles sanitaires : celle de son entreprise et celle du pays où il se rend. Auquel s’ajoute aussi un tiers responsable de la sécurité du voyageur. Celui-ci doit donc faire face à trois ou quatre interlocuteurs. L’entreprise doit agir vite pour prendre une décision dans ce contexte Covid complexe.

Le contexte est-il donc toujours dissuasif en raison des incertitudes de quarantaine ou de règles mouvantes ?

A. D. – Oui, car les entreprises font face à un cadre de voyage qui n’est pas statique où les règles sanitaires influencent très rapidement la « consommation » de voyage. Par exemple, en 2021, les entreprises ont boudé pratiquement toute l’année les Etats-Unis. Mais dès lors qu’il y a eu allègement des contraintes, on a vu la demande rebondir. On a constaté le même phénomène avec le Royaume-Uni.

Comment alors agit Amex GBT pour atténuer cette instabilité des politiques de voyages ?

A. D. – En tant que TMC (Travel Management Company), on a avant tout un devoir d’information et d’accompagnement. Et on a amplement travaillé sur ces notions depuis 2020. Nous surveillons en temps réel les conditions sanitaires sur une situation donnée. C’est ainsi que nous avons lancé Travel Vitals, une plateforme dynamique d’informations qui permet aux voyageurs et aux organisateurs de voyages de disposer d’une plateforme qui centralise toutes les données dont ils ont besoin avant, pendant et après un voyage d’affaires. On essaie de faire en sorte qu’il n’y ait pas de mauvaise surprise pour le voyageur. Elle est de fait très utilisée par nos clients. On a également investi sur notre plateforme de réservation NEO en créant des pastilles Covid. Elles donnent les informations essentielles pour planifier un voyage. Enfin, avec Whatsapp, nous avons activité un chat. Il permet à nos clients de se connecter en permanence et obtenir une réponse immédiate. Et c’est de l’humain qui parle avec de l’humain. Notre rôle est bien d’accompagner l’entreprise par l’information, la technologie et l’humain…

Que pouvez-vous faire lors d’une quarantaine contrainte? Offrez-vous des services d’assurance ?

A. D. – En tant que TMC, nous ne travaillons pas avec les individuels mais avec les entreprises. Ce qui se passe dans le cadre d’une quarantaine imposée, c’est que l’individu va se retourner vers son entreprise, et cette dernière va à son tour contacté son assureur qui, généralement, assure l’ensemble de l’entreprise. Nous ne proposons pas en effet d’assurance, car ce n’est pas notre rôle. En revanche, nous sommes toujours là pour donner l’information et décharger l’individu des problèmes d’intendances… Depuis le début de la pandémie en 2020, Amex GBT s’est occupé de quelque 35 000 rapatriements.