Interview : Simon Rochefort, Vice-président Ventes VistaJet

La pandémie de covid aura au moins fait des heureux dans l'industrie des transports. Selon Simon Rochefort, Vice-Président de VistaJet en charge des Ventes. L'aviation d'affaires vit un véritable âge d'or. Le trafic est en plein boom et devrait surpasser les résultats d'activité de ce secteur de l'aviation avant la pandémie. VistaJet s'attend donc à une année record 2021 avec la vente de produits d'abonnement atteignant des sommets historiques. Simon Rochefort en explique les raisons en exclusivité.
Vistajet

Pensez vous que le transport aérien à la demande est plus résilient que le transport de lignes? Est-il toujours facile de vendre le produit « aviation d’affaires » dans un environnement généralement plus hostile à l’aviation? 

Simon Rochefort- Il n’y a aucun doute sur la résilience du transport aérien à la demande. Et les chiffres le prouvent. Depuis les premiers jours de déconfinement en mai/juin de cette année, on assiste à un vrai boom de la demande. Je dirais même que nous sommes dans un âge d’or. On n’a jamais, au grand jamais, vu autant de passagers voler en jet privé. Nous nous adressons à des marchés de niche- notamment de grands capitaines de l’industrie et de l’économie. Pour eux, leur temps est très précieux. L’aviation d’affaires est donc un outil à leur efficacité.

Comment cela se traduit en chiffres?

S.R.- Nos ventes de produits d’abonnements ont atteint des sommets historiques au premier semestre puisque nous avons vendu plus de 8 000 nouvelles heures d’abonnement annuel. Soit 67% de plus qu’en 2020 et même 41% de plus qu’en 2019. Un chiffre à comparer aux performances de l’aviation traditionnelle ! Nous anticipons même une accélération de cette tendance au second semestre.

Quels atout apportez-vous à vos clients dans ce contexte lié à la pandémie? 

S.R.- On offre un produit idéal à notre clientèle affaires. Un jet privé apporte en effet une garantie sanitaire que l’on ne retrouve pas dans les autres modes de transport – aérien ou ferroviaire. On a par exemple calculé que les points de contact publics dans un voyage avec un jet d’affaires ne dépassent guère 20. Le chauffeur, la sécurité dédiée en aérogare privative et le personnel de bord -pilotes et PNC. Voici en gros l’ensemble des personnes auxquels le voyageur se trouve en contact. Un chiffre à comparer à un voyage en avion traditionnel où l’on estime les points de contact à 700! De plus, VistaJet est engagé dans une procédure de nettoyage des avions semblable à celles des hôpitaux avec une désinfection complète des appareils.

Quelle flexibilité apportez-vous face aux incertitudes liées à la pandémie?

S.R.- La flexibilité c’est d’abord emmener le passager là où il le souhaite. Or, voyager est devenu compliqué depuis le début de la pandémie. On peut même dire que c’est du grand luxe d’aller de A à B directement. Notre succès actuel est donc de pallier à la forte réduction du nombre de fréquences et de destinations des compagnies régulières. Lorsque je rencontre des clients et que l’on simule un voyage en jet affaires ou en avion de compagnie régulière, ils comprennent très vite l’intérêt d’un avion qui est en fait à LEUR disposition. De surcroît, nous offrons la possibilité d’annuler et de garder son quota d’heures sans aucun frais.  Nous avons enregistré ainsi un afflux de nouveaux clients avec une hausse d’activités de 30%. Et beaucoup disent que cette habitude de prendre un avion d’affaires va rester…

Le client fait il entrer des considérations environnementales dans ses choix?

S.M.- Nous répondons aux préoccupations de la clientèle en matière d’impact environnemental. D’abord avec une flotte toute neuve. Nous avons actuellement 76 appareils mais allons en recevoir une vingtaine de nouveaux dans les prochains mois, dotée d’une technologie qui permet de sensiblement réduire la consommation en kérosène et donc, les rejets de CO2 dans l’atmosphère. De plus nous nous sommes engagés à être neutre en carbone d’ici 2025 en avance de 25 ans par rapport aux objectifs IATA. Nous proposons déjà une compensation des émissions de CO2 et plus de 80 % des membres de VistaJet l’ont appliquée. Nous travaillons également avec SkyNRG, un leader du carburant durable d’aviation pour être les premiers à offrir un
carburant répondant à la certification SAF [ndlr: Sustainable Aviation Fuel].

Sur quelles destinations constate-t-on un fort développement de l’aviation d’affaires?

S.R.- Le pôle villégiature a été très important avec la levée des restrictions. La Côte d’Azur en a énormément profité avec des aéroports comme Cannes ou Nice enregistrant des records de fréquentation. La région offre en fait une sécurité sanitaire de très haut niveau qui a notamment attiré un afflux de passagers américains. Parmi les autres destinations populaires, on trouve les Maldives ainsi que Dubaï. Pour les prochains mois, j’anticipe un énorme afflux de demandes pour Londres, premier marché international du jet d’affaires privé. La récente réouverture de l’Angleterre stimule déjà la demande. La reprise du trafic est également prévisible à Genève, Moscou et Paris…

Qu’apporte VistaJet par rapport à la concurrence?

Je pense à notre positionnement global. Nous sommes connectés à 187 pays, en offrant des vols en Amérique du Nord, en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, et même des vols intérieurs en Inde. C’est je crois la meilleure garantie de notre efficacité pour le marché des grands voyageurs d’affaires, en quête de flexibilité. Notre approche globale nous permet aussi d’avoir de plus en plus un rôle de conseiller, un peu à l’instar des concierges de grands hôtels. On nous demande de plus en plus quelles sont les règles pour se rendre dans un pays. Cette vision globale devient un fondamental du voyage.