Pendant plusieurs années, on avait parlé à Mexico d’un tout nouvel aéroport international pour desservir la capitale du pays. Un projet pharaonique mais dont le coût prohibitif –à plus de 15 milliards de dollars– avait suscité les polémiques. Et finalement son annulation avec l’élection d’un nouveau gouvernement en 2018.
Selon Andrés Manuel Lopez Obrador, Président du Mexique, l’ancien aéroport était un symbole de corruption de la précédente administration. Le Président concédait pourtant l’urgence d’améliorer les capacités d’accueil du trafic aérien à Mexico.
En 2019 était donc pris la décision de transformer la base militaire aérienne de...
Pendant plusieurs années, on avait parlé à Mexico d’un tout nouvel aéroport international pour desservir la capitale du pays. Un projet pharaonique mais dont le coût prohibitif –à plus de 15 milliards de dollars– avait suscité les polémiques. Et finalement son annulation avec l’élection d’un nouveau gouvernement en 2018.
Selon Andrés Manuel Lopez Obrador, Président du Mexique, l’ancien aéroport était un symbole de corruption de la précédente administration. Le Président concédait pourtant l’urgence d’améliorer les capacités d’accueil du trafic aérien à Mexico.
En 2019 était donc pris la décision de transformer la base militaire aérienne de Santa Lucia en aéroport civil. La plate-forme Felipe Angeles (AIFA) bénéficie de 2 300 hectares de terrains soit 2,5 fois plus que l’actuel aéroport international.
Situé à 45 km au nord-est de la capitale, AIFA accueillera en phase 1 18 millions de passagers. Avec la possibilité en phase ultime de recevoir 100 millions de passagers. Ce qui le classerait au premier rang par son trafic dans le pays. L’investissement total est de 3,5 milliards de dollars. En 2019, l’aéroport international de Mexico a traité un peu plus de 50 millions de passagers. Un trafic retombé cependant à 11,7 millions de passagers sur les six premiers mois de 2021.
Ce qui surprend pourtant est la rapidité avec laquelle le pays construit cet aéroport. La piste principale est prête, la tour de contrôle achevée, l’alimentation en eau et l’avitaillement en kérosène prêts à l’emploi. Le gros œuvre du terminal est sorti de terre depuis plusieurs mois. Les ouvriers s’activant maintenant à la pose des façades de verre et à l’aménagement interieur. Selon les informations du gouvernement, l’aéroport devrait être prêt à entrer en service en mars 2022. Une gageure technologique !
A priori, un aéroport pour les compagnies low-cost
Selon le directeur général du projet, Guillermo Ramirez Vivanco, l’avancement des travaux est très bon. « Nous allons bénéficier d’un aéroport de première classe. Et cet aéroport est sans aucun doute destiné à devenir la plateforme aéroportuaire du centre du pays », a-t-il déclaré aux média locaux.
Felipe Angeles devrait essentiellement accueillir les vols low-cost. Ce qui serait tout bénéfice pour les passagers réguliers de l’actuel aéroport. Le transfert du trafic low-cost délesterait en effet l’actuel aéroport. Et lui permettrait de gérer une expansion des vols internationaux.
Cependant, plusieurs spécialistes du secteur aérien ont encore des doutes sur le fonctionnement de l’AIFA une fois qu’il sera ouvert. Il y a par exemple la gestion du trafic aérien au dessus de la mégapole mexicaine. Construire un nouvel aéroport ne fera de sens si la gestion des mouvements d’avion est garantie. Or rien n’a encore été finalisé dans la coordination des vols dans le ciel de Mexico.
Un autre obstacle est la révision du statut de l’agence fédérale de l’aviation civile du Mexique après sa dégradation par la FAA américaine. Le Mexique se trouve en effet maintenant en catégorie 2 et il faudra que son agence de gestion du trafic aérien repasse en catégorie 1 pour autoriser des compagnies aériennes US à desservir le futur aéroport.
Or le trafic sur les Etats-Unis est le plus segment le plus important après les vols domestiques. Jusqu’à présent, aucune compagnie aérienne ne s’est donc officiellement engagée à exploiter des vols intérieurs ou internationaux à partir de la future plate-forme de Felipe Angeles.
Enfin, manquent également à l’appel des liaisons terrestres efficaces. Un système d’autoroutes devrait permettre de relier l’aéroport en 35 minutes par rapport à l’actuel aéroport. Mais c’est sans compter sur les embouteillages légendaires en ville. Un projet de construction de ligne ferroviaire vient d’être attribué. Il prévoit l’extension d’une ligne existante sur six kilomètres vers le futur aéroport. La ligne ne devrait cependant pas entrer en service avant 2023.