Pas de reprise des salons internationaux avant 2021 selon l’UFI

UFI (Global Association of the Exhibition Industry/Association Globale de l'Industrie des Salons) vient de publier son baromètre bimestriel qui analyse les tendances et évolutions de l'industrie des expositions sur le premier semestre 2020. Un baromètre qui donne une première synthèse sur l'impact du COVID sur ce pan de l'industrie MICE. L'étude a reçu des réponses de 459 compagnies et entreprises de 62 pays et régions. 

Palais des congrès à Ajaccio

Le baromètre relève qu’en janvier, 85% des entreprises avaient déclaré considérer leur niveau d’activité comme « normal », la plupart des compagnies interrogées estimant que la pandémie resterait cantonnée à la Chine.

La montée du pessimisme a été d’autant plus rapide par la suite. Dès mars, seules 15% des entreprises du baromètre qualifiaient encore leur activité de normale. Entre avril et juin, ce pourcentage était tombé entre 5 % et 6 %. En avril et mai, 73 % des entreprises de l’industrie des expositions se déclaraient sans aucune activité.

La majorité des entreprises interrogées s’attendaient à une reprise des salons « locaux » et « nationaux » au cours du second semestre 2020. Une reprise qui devrait cependant être lente, deux entreprises sur trois prévoyant retrouver seulement une activité réduite au quatrième trimestre. Une majorité (54%) estimait en parallèle que le retour des salons internationaux n’interviendrait pas avant le premier semestre 2021, 12% pensant même que cette reprise se fera au delà de cette échéance. la majorité des entreprises estimaient qu’une reprise totale ou réduite de leur activité interviendrait en septembre (60%), le pic de confiance étant atteint en novembre avec un chiffre de 68%.

On constate cependant des variations d’un continent à l’autre. Sans surprise, la région Asie-Pacifique a été la première confrontée à une baisse d’activité. Dès janvier, seulement 73% des entreprises déclaraient opérer dans des conditions « normales », chiffre qui reculait déjà à 45% en février. Les plus pessimistes sont les entreprises basées au Moyen-Orient, en Afrique ainsi qu’en Amérique centrale et  du Sud. Dans ces deux régions, une majorité d’entreprises s’attendaient à ce qu’expositions et salons d’audience nationale n’ouvrent pas avant 2021.

Le baromètre met également en avant le fait que 87% des acteurs de l’industrie MICE dans le monde ont réduit leurs coûts d’exploitation, 17% d’entre eux réussissant même à comprimer leurs coûts globaux de plus de 50%. On relève que 44% des entreprises du secteur ont réussi à obtenu un soutien financier au niveau planètaire.

44% des entreprises du secteur ont suspendu leurs investissements, tandis que l’ensemble des acteurs de la branche estimait que les mesures prises pour se conformer aux protocoles dus au Covid-19 avaient représenté plus de 10 % de leurs coûts globaux.

Interroges sur l’héritage que laissera la pandémie sur l’industrie des salons et expositions,  la plupart des entreprises du baromètre UFI ont répondu que c’est la digitalisation qui a le plus transformé l’environnement de travail. 60% estimaient que la digitalisation avait eu un impact significatif ou très significatif tandis que 69% indiquaient avoir augmenté leurs investissements dans ce domaine. En revanche, les programmes sur la diversité ou la durabilité du secteur ont été jugés peu influents sur les investissements ou les méthodes de travail.

Le meeting en face à face réel perdurera

La digitalisation remplacera-t-elle à terme le contact réel ? La réponse des entreprises interrogées est nuancée et varie de région à région. Selon le baromètre, 57% des compagnies interrogées sont convaincues que le covid-19 n’a pas affecté le besoin de se rencontrer physiquement dans des salons. Cependant, 82% d’entre elles pensent que les futurs salons et expositions seront à l’avenir des évènements hybrides dans lesquels l’élément numérique sera très présent.
Une minorité de 17% est d’accord avec l’idée que les événements virtuels remplaceront les événements physiques. Une majorité (56%) pense qu’il y aura moins de salons et expositions internationaux dans l’avenir et avec moins de participants.
Pourtant l’optimisme reste de mise. Interrogés pour savoir si le secteur allait se redresser rapidement, 19% des entreprises ont répondu par l’affirmative et 38% ont répondu « très probablement ».