Rencontre : Christian Ciamos, directeur commercial d’Albert Bichot, à Beaune

 «Les voyages constituent un investissement»

Comment voyez-vous l’année 2011 en termes d’activité ?

Christian Camos – Nous coordonnons les ventes de vins de Bourgogne en France et à l’export de la Maison Albert Bichot et nous nous attendons à la poursuite de la reprise d’activité en 2011. Sur les 35 millions d’euros de chiffre d’affaires annuels, 70 % sont réalisés à l’étranger. Nous sommes présents dans plus d’une centaine de pays. Et à côté des marchés matures comme la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, nous misons sur les pays émergents, notamment la Chine via Hong Kong, qui a supprimé les droits d’importation des vins français.

Justement, comme se traduira cette reprise d’activité pour ce qui concerne vos conditions de voyages et celles de votre équipe commerciale ?

C. C. – L’amélioration du climat économique n’aura, sans doute, aucune incidence sur les conditions de nos déplacements professionnels tant en France qu’à l’étranger. En l’absence d’une politique voyages formalisée, la consigne consiste à voyager au meilleur rapport qualité prix. Cela veut dire qu’il faut se déplacer en seconde classe dans les trains français et étrangers. Et voyager en classe économique dans les avions, quelle que soit la durée du trajet aérien.

Sur le long courrier, ces conditions ne sont-elles pas trop rudes ?

C. C. – A titre professionnel, je parcours entre 80 000 et 100 000 km par an en avion. En Asie par exemple, afin d’optimiser mes rendez-vous, j’arrive le dimanche. Passer une nuit supplémentaire dans un hôtel revient moins cher que de voyager en classe affaires. Cependant, lors d’un récent voyage, Air France m’a surclassé en Premium, une classe très confortable. Nos clients ou importateurs étrangers choisissent nos hôtels en fonction de leur implantation par rapport à leurs bureaux. Classés 3 ou 4 étoiles, ils sont équipés de business center, ce qui permet d’envoyer des messages et de téléphoner dans d’excellentes conditions.

Le budget consacré aux déplacements professionnels constitue-t-il un coût ou un investissement ?

C. C. – Pas de doute, c’est un investissement. Chaque année, une enveloppe prévisionnelle de budget voyages est définie par zone géographique, et même par pays. Sur les marchés matures, nous calculons annuellement les retombées en termes de chiffre d’affaires. Ainsi le Japon, où nous exportons nos produits depuis 20 ans, atteint sa vitesse de croisière. Sur les marchés en ouverture, nous savons que le retour sur investissement sera plus long. Pour des raisons à la fois de temps et de coûts, les tournées sont organisées sur un minimum de deux semaines dans les pays lointains.