
Que représentent les institutions européennes pour Bruxelles ?
Patrick Bontinck – On estime que 115 000 emplois directs et indirects sont liés à la Commission européenne. Bruxelles est la ville qui compte le plus d’associations internationales sur son territoire. Il y en a plus qu’à Washington, c’est dire… En termes de fréquentation hôtelière, nous avons enregistré sept millions de nuitées en 2014, dont la moitié relève de déplacements professionnels. Nous estimons d’ailleurs que les institutions européennes représentent à elles seules 50 % à 60 % de ces nuitées affaires. C’est donc clair : Bruxelles, sans ce statut de capitale de l’Europe, ne serait plus Bruxelles. C’est assez unique de voir, sur un espace aussi restreint, une population représentant cinquante ou soixante nationalités différentes. Bruxelles est d’ailleurs devenu un excellent marché test. C’est un laboratoire à taille humaine où certaines entreprises viennent expérimenter leur produit avant de le lancer à l’échelle européenne.
Y a-t-il une vie après les affaires dans le quartier européen ?
P. B. – Il y a dix ans, cela se résumait à un quartier de fonctionnaires européens. C’est aujourd’hui une zone multiculturelle en pleine mutation, qui attire aussi les Bruxellois eux-mêmes. Ce n’est plus le quartier que l’on regarde de loin. De nouveaux projets se lancent, de nouveaux restaurants ouvrent leurs portes. Ce qui permettra de développer une activité beaucoup plus importante, non seulement en journée, mais aussi le soir et le week-end.
sortir de cette dimension “quartier d’affaires” pour en faire une porte d’entrée vers l’Europe
Comment envisagez-vous l’avenir de ce quartier ?
P. B. – Le quartier européen va devenir le troisième pôle touristique de Bruxelles, après la Grand Place et l’Atomium. Il contribue à ce que les gens visitent Bruxelles : ils veulent voir l’Europe. Notre objectif est de sortir de cette dimension “quartier d’affaires” pour en faire une porte d’entrée vers l’Europe.
Quel est le rôle des institutions dans cette dynamique ?
P. B. – Nous avons fortement amélioré notre collaboration avec les institutions européennes, qui, de leur côté, ont fait un véritable effort d’ouverture. Nous avons tous la même volonté, celle d’humaniser cette capitale de l’Europe pour que les gens aient envie de la découvrir. Le gouvernement bruxellois s’attache de son côté à introduire plus de mixité dans les quartiers, et cela porte ses fruits. New York a réussi à faire tourner ses quartiers d’affaires 24h/24 en implantant plus de mixité dans ses tours. Nous devons nous inspirer de ce modèle. Comme le disait le maire de New York, la meilleure manière de sécuriser une ville, ce n’est pas de mettre des policiers dans la rue mais plutôt des gens, et en permanence. Il faut donc stimuler la mixité à tous les niveaux. C’est fondamental pour l’avenir de nos villes.
Dossier - Bruxelles : l’ouverture européenne
Bruxelles : l’ouverture européenne
Bruxelles : carnet d’adresses
- Rencontre : Patrick Bontinck, président-directeur général de Visit.Brussels
Bruxelles : bleisure




















