Réunions et patrimoine : l’histoire revisitée

Transformés en hôtels, de nombreux lieux historiques racontent de belles histoires aux touristes d’affaires qui, le temps d’un séminaire, empruntent la machine à remonter le temps pour découvrir leur riche passé. Couvents, châteaux ou nobles demeures : les organisateurs n’ont que l’embarras du choix…

En se réunissant au château de Guermantes, c’est à la recherche d’un temps lointain que se lancent les entreprises, celui du Grand Siècle et de ses fastes. Cependant, à côté de ses dorures et de ses plafonds peints, le lieu géré par Chateauform’ dispose de tout l’équipement high-tech pour des réunions ancrées dans la modernité.
En se réunissant au château de Guermantes, c’est à la recherche d’un temps lointain que se lancent les entreprises, celui du Grand Siècle et de ses fastes. Cependant, à côté de ses dorures et de ses plafonds peints, le lieu géré par Chateauform’ dispose de tout l’équipement high-tech pour des réunions ancrées dans la modernité.

Une porte ouverte sur l’émotion. Nichée dans le cloître du Couvent Royal de Saint-Maximin, les séminaristes d’un jour – tous des cadres de grandes entreprises dans le monde profane – l’empruntent en silence pour entrer dans la basilique Sainte-Marie-Madeleine. Bougie en main, ils cheminent à pas lents dans la nef du plus bel édifice gothique de Provence, à peine éclairée par un doux clair-obscur. Soudain, les orgues se mettent à résonner pour un concert privé d’un quart d’heure. “Ils ressortent de là avec la chair de poule, comme pétrifiés”, raconte Olivier Gourio, directeur général d’Hôtels & Patrimoine.

Fruits de sa longue histoire, la Vieille Europe fourmille de lieux qui, à l’image de cet ancien couvent reconverti, se tournent vers l’hôtellerie pour se donner un nouvel avenir, ajoutant aux réunions qui y sont organisées un très net supplément d’âme. Soit parce qu’ils touchent à l’intime ou au contraire à la convivialité, ces lieux historiques sont la clé de voûte d’événements mémorables. “Les organisateurs aiment donner une envolée lyrique à leurs événements, souligne Béatrice Bonnet, directrice commerciale, marketing et communication de Chateauform’. Un lieu chargé d’histoire, ça marque les esprits, ça crée de l’émotion. Alors que, bien souvent, en ville, les participants ne se souviendront pas du nom de l’hôtel où s’est tenue leur réunion, même si celui-ci est de très bonne facture. Pour l’entreprise, organiser un beau séminaire dans un bel endroit, c’est une façon de reconnaître le travail de ses employés, de les valoriser.

UN PASSÉ TRÈS PRÉSENT

Dans tous ces lieux, les organisateurs trouvent une offre dans l’air du temps. Car, paradoxalement, le passé n’a jamais été autant d’actualité. Sorti de son cadre de travail, le voyageur d’affaires, est un homme ou une femme comme tout le monde. Et qui n’échappe pas à l’engouement grandissant pour le temps jadis, entre soif de culture et parfum de nostalgie. On le constate chaque jour en regardant les kiosques à journaux ou en consultant les grilles des chaînes de télévision : l’histoire, ça plaît. Les grandes épopées des rois et des reines, autant d’ailleurs que leurs petites aventures, s’affichent à la une des magazines ; les journées du patrimoine et les reconstitutions médiévales façon Puy du Fou attirent les foules ; et les plus beaux villages comme les plus petites églises sont aujourd’hui vénérés comme des biens communs à conserver précieusement.

Près de Francfort, le Schlosshotel Kronberg, construit à la fin du XIXe siècle pour l’impératrice Victoria Friedrich, prête son cadre pour des événements chargés d’histoire.
Près de Francfort, le Schlosshotel Kronberg, construit à la fin du XIXe siècle pour l’impératrice Victoria Friedrich, prête son cadre pour des événements chargés d’histoire.
Oh le bel Hilton ! Sur l’île de Majorque, le resort Sa Torre sort des canons de la grande marque hôtelière sans se départir de son excellence business.
Oh le bel Hilton ! Sur l’île de Majorque, le resort Sa Torre sort des canons de la grande marque hôtelière sans se départir de son excellence business.

EN COSTUME D’ÉPOQUE

Suivant cette tendance, Hôtels & Patrimoine s’est lancé dans la sauvegarde de lieux d’exception à la manière des paradores en Espagne ou des pousadas au Portugal, ces établissements de charme installés dans des palais, châteaux ou monastères. Le groupe attend, entre autres, l’ouverture en 2017 d’un hôtel de 23 chambres au sein de l’abbaye de Saint-Savin, classée à l’Unesco, et d’un établissement dans le prieuré de la Charité-sur-Loire, flanquée de son église du XIe siècle et sauvée en son temps de la démolition par Prosper Mérimée.

Ce groupe a déjà quelques belles réussites à son actif, à l’image du couvent royal de Saint-Maximin ou du fort de Sedan. Depuis qu’il s’est dédié à l’hébergement, le plus grand château fort médiéval d’Europe a réussi à attirer une clientèle nombreuse dans une ville longtemps restée à l’écart des circuits touristiques. Les groupes affaires trouvent là l’occasion de conjuguer réunions professionnelles et moments d’histoire. “À la fin du dîner, un garde en costume d’époque vient les chercher pour les guider lors d’une visite au flambeau du château fort, de ses remparts, de ses douves et de son musée”, explique Olivier Gourio.

De la même manière, dans le Tarn, l’abbaye de Sorèze, un ancien couvent bénédictin érigé sous Louis XVI en école militaire royale, est très appréciée par les cadres de l’industrie aéronautique toulousaine qui parcourent la soixantaine de kilomètres séparant la Ville rose de la montagne Noire pour participer à des séminaires entre vieilles pierres et grand vert. “Sa salle abbatiale a par exemple été transformée en amphithéâtre pour des conventions ou des lancements de produits”, explique Olivier Gourio.

Chapelles, réfectoires, bibliothèques, cloîtres, cellules des moines : les monastères, anciennement dédiés à l’hospitalité des ecclésiastiques, se convertissent très facilement en salles de réunions, en chambres et en restaurants. Pour autant, ces lieux hors du temps savent se mettre au goût de leur époque. “Un bâtiment ancien ne veut pas dire des outils de réunions antédiluviens, bien au contraire, raconte Béatrice Bonnet. Dans nos établissements, les traditionnels paperboards sont remplacés par des smartboards dotés de la technologie Click & Share. Les participants peuvent ainsi se rendre maîtres de l’écran en un clic. D’autre part, deux tiers de nos sites autour de Paris sont déjà équipés de fibre optique, le WiFi à haut débit étant aujourd’hui indispensable. Bien sûr, les architectes d’autrefois n’avaient pas envisagé cela. Alors, pour certaines de nos maisons où les murs sont très épais, nous étudions des solutions par satellite.

Comme son nom l’indique, Chateauform’ s’est lui aussi fait une spécialité, non seulement des formations d’entreprise, mais également de la métamorphose de demeures prestigieuses en lieux de séminaires, à l’image du palais abbatial de Royaumont, ouvert cette année et jouxtant la célèbre abbaye cistercienne proche de Chantilly, ou encore du château de Guermantes. Datant du XVIIe siècle, le starchitecte de l’époque, un certain Mansart, a participé à sa construction avec, côté jardin, une autre référence du design Grand Siècle, un non moins certain André Le Nôtre. Une histoire riche que les gérants des établissements se plaisent à mettre en valeur. “À leur arrivée, les participants trouvent sur le lit un fascicule expliquant le pourquoi du nom de leur chambre. Puis, pendant le dîner, le couple d’hôtes leur raconte l’histoire du lieu, dit encore Béatrice Bonnet. En parallèle, parmi les incentives que nous proposons, nous avons “le défi de la maison”, c’est-à-dire une chasse au trésor avec des énigmes amusantes qui, de fil en aiguille, font découvrir un riche patrimoine.

Le groupe Hôtels et Patrimoine entend donner une destination touristique à de hauts lieux de l’histoire de France, à l’image du château fort de Sedan (3) ou de l’abbaye de Sorèze (6), que les groupes affaires peuvent découvrir en toute intimité.
Le groupe Hôtels et Patrimoine entend donner une destination touristique à de hauts lieux de l’histoire de France, à l’image du château fort de Sedan ou de l’abbaye de Sorèze, que les groupes affaires peuvent découvrir en toute intimité.
Récemment repris par Chateauform’, le palais abbatial de Royaumont a vu ses écuries reconverties en espace bien-être.
Récemment repris par Chateauform’, le palais abbatial de Royaumont a vu ses écuries reconverties en espace bien-être.

Avec leurs grands parcs et leurs vastes salles intérieures, les beaux châteaux se prêtent autant aux réunions studieuses qu’aux moments de détente ludiques ; de grands espaces qui transportent les collaborateurs loin, très loin de l’atmosphère affairée de leur quotidien. Plus même que n’importe quel resort balnéaire, fût-il sublime, ils livrent aux participants une expérience que nulle réunion dans un cadre urbain ou, plus encore, que nulle solution de visioconférence ne saurait offrir. D’autant que les cadres surbookés, toujours entre deux réunions à préparer, ne prennent que rarement le temps de s’aérer le corps et l’esprit. “On le remarque lors des séminaires organisés dans nos établissements urbains parisiens. Dès l’événement terminé, les participants pensent avant tout à attraper le premier métro, constate Béatrice Bonnet. Or il faut prendre le temps de digérer et de s’approprier ce que les intervenants, les coachs ou les experts ont pu délivrer dans la journée. Sinon, on perd une partie de la richesse de la journée.” À l’inverse, lors de séminaires résidentiels, il n’est pas rare, le soir venu, qu’un des invités passe derrière le comptoir pour montrer ses talents de bartender, tandis que d’autres se mettent à la guitare ou au piano, créant ainsi une atmosphère décontractée, propice à des échanges mi-personnels mi-professionnels.

Le charme so british des manoirs britanniques, mais aussi une lignée prestigieuse : les premières traces du Dromoland Castle remontent au temps du premier roi d’Irlande, le mythique Brian Boru.
Le charme so british des manoirs britanniques, mais aussi une lignée prestigieuse : les premières traces du Dromoland Castle remontent au temps du premier roi d’Irlande, le mythique Brian Boru.

Le groupe Hotels et Patrimoine

LA RÈGLE DES TROIS UNITÉS

Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli”. Depuis le XVIIe siècle, l’Art poétique de Boileau n’a pas pris une ride, et la règle des trois unités du théâtre d’antan s’applique aussi bien aux séminaires d’aujourd’hui. “Nous avons de nombreux hôtels de petite capacité qui peuvent entièrement se privatiser, remarque Yannick Gavelle, fondateur d’Hôtels et Préférence. C’est magnifique en matière d’ambiance pour les équipes, qui peuvent tout à coup se mettre à danser sans risque d’importuner d’autres clients. Au final, ils ont l’impression de passer un week-end chez des amis qui organisent une fête.” Parmi ces établissements adaptés aux réunions intimes et aux comités de direction, la Maison d’à côté, près de Chambord, fait vivre le sublime patrimoine de la région avec des visites privées de Chambord, Chenonceaux, Cheverny ponctuées de dîners étoilés composés par le chef Christophe Hay. De son côté, bâti en 1407 par Jéhan du Puy du Fou, le château Boisniard est partenaire du célèbre parc de loisirs vendéen. Antécédents obligent. Alors, qu’ils résident dans le château et ses chambres cinq étoiles ou encore dans de luxueuses maisons de bois construites sur pilotis pour étendre la capacité de l’hôtel, les participants aux séminaires profitent d’un accès VIP aux spectacles avec la possibilité, hors saison, de visiter les coulisses de la Cinéscénie ou de la fauconnerie.

Comme Hôtels et Préférence, ce sont surtout les chaînes volontaires – les grands réseaux mondiaux Relais & Châteaux, Leading Hotels of the World (LHW), Small Luxury Hotels (SLH), Preferred ou ceux à vocation plus régionale comme Symboles de France – qui portent haut les flambeaux du patrimoine historique revisité. Regroupant en leur sein des établissements indépendants sortant des standards classiques de l’hôtellerie affaires, leur offre se compose aussi bien de couvents espagnols ou de manoirs anglais que de palais italiens.

Impossible bien sûr de les citer tous, mais en explorer certains permet de feuilleter quelques belles pages d’histoire et d’images cartes postales. Ainsi, parmi ses derniers membres, SLH compte notamment le Château Le Cagnard, une demeure fortifiée du XIIIe siècle perchée face à la baie d’Antibes, en son temps dépendance du château construit à Cagnes-sur-Mer par Rainier Grimaldi, lointain ancêtre de la famille princière monégasque. Plus anciennement entré dans la collection SLH, le Schlosshotel Kronberg voit son histoire intimement liée à celle de l’impératrice Victoria Friedrich, fille aînée de la reine Victoria, femme de Friedrich III et mère du futur Guillaume II. Exemple d’architecture Tudor émigrée dans le paysage montagneux du Taunus, non loin de Francfort, ce lieu construit à la fin du XIXe siècle pour l’impératrice accueille aujourd’hui les groupes affaires jusqu’à 350 personnes. Des cadres studieux qui peuvent se réunir dans l’ancienne bibliothèque ou les salons royaux et déambuler dans les couloirs d’une maison décorée d’authentiques Titien, Rubens ou Gainsborough. Dans le parc, aux beaux jours, la “grotte de l’impératrice” s’anime lors de team buildings, de dîners de gala ou de barbecues décontractés, le tout bercé par le murmure d’une cascade.

De la même manière, le portefeuille de Relais & Châteaux héberge aussi bien le Château de Bagnols, une forteresse médiévale nichée au coeur des vignes du Beaujolais dont le Grand Salon fut fréquenté autrefois par Madame de Sévigné et qui se destine maintenant aux réunions, qu’un ancien hameau médiéval au coeur du Chianti, le Borgo San Felice, dont le château et ses dépendances, la chapelle et les chais ont été entièrement reconvertis à l’accueil des touristes loisirs et affaires.

C’était un village typique du Chianti, avec ses couleurs douces, sa végétation accueillante, son église romane et ses bâtiments médiévaux. C’est aujourd’hui un hôtel cinq étoiles, le Borgo San Felice.
C’était un village typique du Chianti, avec ses couleurs douces, sa végétation accueillante, son église romane et ses bâtiments médiévaux. C’est aujourd’hui un hôtel cinq étoiles, le Borgo San Felice.
Dans le cloître du Couvent Royal de Saint-Maximin, une porte conduit à la basilique sainte Marie-Madeleine, où les groupes peuvent apprécier des concerts d’orgue privés. Émotion garantie.
Dans le cloître du Couvent Royal de Saint-Maximin, une porte conduit à la basilique sainte Marie-Madeleine, où les groupes peuvent apprécier des concerts d’orgue privés. Émotion garantie.
Le cadre historique d’Ashford Castle a accueilli tous les grands de ce monde.
Le cadre historique d’Ashford Castle a accueilli tous les grands de ce monde.

LES GRANDS DE CE MONDE

Si, au cours de leur histoire, les campagnes italienne et française se sont couvertes de nobles résidences, l’aristocratie des îles Britanniques laisse également en héritage de riches demeures qui font les beaux jours des chaînes volontaires. Membre de Leading Hotels, Ashford Castle a vu passer tous les grands de ce monde. Cette sublime demeure médiévale, dont les fondations remontent à 1228, a été récemment rénovée, dotée de quelques nouveautés comme un cinéma de 32 sièges, mais aussi, dans un style plus intemporel et so british, d’une salle de billard et d’une terrasse où fumer le cigare en contemplant le vaste domaine où les groupes affaires peuvent pratiquer une multitude d’activités sportives et même s’initier à la fauconnerie.

La grande nature, que ce soit à travers cet art royal de la chasse, le tir au pigeon ou à l’arc, la pêche, des balades à vélo ou à cheval, est aussi au programme du Dromoland Castle. Si la construction du château, un des plus fameux d’Irlande, a commencé au XVIe siècle pour être ensuite agrandi et remodelé au XVIIIe et XIXe, ses premières traces remontent au roi Brian Boru qui chassa les Vikings et unifia l’île peu après l’an Mil. Le centre de conférences, d’inspiration gothique, lui est d’ailleurs dédié. Sans forcément avoir en mémoire ses hauts faits d’armes, plus de 400 personnes peuvent se réunir sous les hauts plafonds du Brian Boru Hall, aussi bien lors de grandes conventions que des lancements produits ou des défilés de mode.

Ce lieu illustrant la mythique histoire du premier roi d’Irlande participe au prestige de la bien nommée Legend Collection de Preferred Hotels. La chaîne d’origine américaine propose aussi d’autres fleurons comme Il Salviatino, une villa patricienne de Fiesole, ou le Grand Hotel Convento di Amalfi, qui fait partie de la déclinaison Lux de l’enseigne.

Comme les autres grandes chaînes volontaires Leading Hotels of the World, Relais et Châteaux ou Small Luxury, Preferred dispose de plusieurs joyaux comme Il Salviatino, une ancienne demeure patricienne près de Florence.
Comme les autres grandes chaînes volontaires Leading Hotels of the World, Relais et Châteaux ou Small Luxury, Preferred dispose de plusieurs joyaux comme Il Salviatino, une ancienne demeure patricienne près de Florence.
Les groupes hôteliers ont aussi leurs pépites. Au Portugal, le Convento do Espinheiro (2) est un membre éminent de la Luxury Collection de Starwood Hotels. De son côté, le Convento di Amalfi fait partie de NH Hotels.
Les groupes hôteliers ont aussi leurs pépites. Au Portugal, le Convento do Espinheiro est un membre éminent de la Luxury Collection de Starwood Hotels. De son côté, le Convento di Amalfi fait partie de NH Hotels.
Convento do Espinheiro
Convento do Espinheiro

BEAUTÉ DIVINE

Preuve que la désacralisation ne date pas d’hier, cet ancien monastère cistercien du XIIIe siècle a accueilli ses premiers touristes en 1885. Tandis que son cloître de style arabo-normand, son église baroque et sa loggia se destinent aujourd’hui aux événements, sa “passeggiata dei monaci” – le passage des moines – ajoute au charme du lieu. Bordée d’un jardin méditerranéen, la promenade domine toute la côte. Et l’on imagine facilement toutes les heures que les moines ont passé là, à méditer devant la divine beauté d’un cadre naturel classé aujourd’hui à l’Unesco.

Cependant, avant d’être membre de Preferred, le Grand Hotel Convento di Amalfi fait surtout partie du groupe espagnol NH Hotels. Car, qu’on ne s’y trompe pas, l’âme et le charme ne sont pas l’apanage des seules chaînes volontaires. Les grands groupes hôteliers ont tous dans leur portefeuille quelques pépites des temps anciens. Par exemple, à quelques kilomètres d’Evora, dans l’Alentejo portugais, le Convento do Espinheiro, membre de la Luxury Collection de Starwood, revisite avec délicatesse un ancien monastère du XVe siècle, le cloître, le réfectoire, l’église, les stèles des moines étant restés quasiment dans leur jus.

De la même manière, le Hilton Sa Torre Mallorca Resort, sur l’île de Majorque, s’est installé dans une noble finca du XIVe siècle, dont la chapelle aujourd’hui désacralisée accueille toutes sortes de manifestations. Perdue dans la campagne, annoncée par un moulin à vent du XVe siècle, elle célèbre le passé, tout juste relevé par une foison d’oeuvres d’art contemporain. Un lieu loin de l’image très business-business que véhicule le groupe Hilton. Et, au fond, c’est tant mieux.