
Bien sûr, l’impact de la pandémie pèse sur les résultats des groupes hôteliers, tous orientés à la baisse au premier trimestre 2021. Cependant, avec une amélioration progressive de la demande sur certains marchés, notamment aux Etats-Unis, en Chine et à Dubaï, l’horizon semble lentement se dégager. Christopher Nassetta, le PDG de Hilton, s’est dit par exemple « satisfait« des résultats des trois premiers mois de l’année, tandis que son homologue chez Hyatt, Mark Hoplamazian, considère qu’ils ont « dépassé les attentes« .
Le groupe américain voit...
Bien sûr, l’impact de la pandémie pèse sur les résultats des groupes hôteliers, tous orientés à la baisse au premier trimestre 2021. Cependant, avec une amélioration progressive de la demande sur certains marchés, notamment aux Etats-Unis, en Chine et à Dubaï, l’horizon semble lentement se dégager. Christopher Nassetta, le PDG de Hilton, s’est dit par exemple « satisfait« des résultats des trois premiers mois de l’année, tandis que son homologue chez Hyatt, Mark Hoplamazian, considère qu’ils ont « dépassé les attentes« .
Le groupe américain voit pourtant son revenu par chambre – le RevPAR – s’affaisser de 48,9 % par rapport au premier trimestre 2020. Avec une offre moindre d’hôtels économiques et milieu de gamme, relativement plus résistants à la crise car dépendant avant tout de la clientèle domestique, Hyatt fait moins bien que Hilton, dont le RevPAR recule de « seulement » 38,4 % par rapport au début de l’année 2020. Avec un recul de son revenu par chambre de 33,7 %, IHG fait mieux que la concurrence et profite de l’évolution de la demande en Chine, mais surtout aux Etats-Unis où le groupe britannique est largement représenté.
L’ambiance est en revanche plus morose pour les autres principaux acteurs européens. Le groupe espagnol Melia affiche par exemple des revenus en baisse de plus de 70 %. Son président, Gabriel Escarrer Jaume, a déclaré que “les résultats du premier trimestre ne sont pas surprenants étant donné la stagnation de la demande créée par une troisième vague de la pandémie. » L’absence de clients internationaux comme d’événements MICE a d’ailleurs conduit le groupe à fermer la moitié de ses hôtels sur la période. « Sans surprise » : le son de cloche est identique du côté d’Accor et de son PDG Sébastien Bazin, pour commenter une baisse du chiffre d’affaires de 48 % par rapport au premier trimestre 2020, et de -57 % comparée à la même période en 2019.
Les résultats annoncés par les groupes hôteliers disent beaucoup des dynamiques de reprise dans le monde, avec un continent européen toujours au cœur de la tempête Covid, mais des signes d’amélioration par ailleurs. Ainsi la fréquentation des hôtels Hilton dépasse les 40 % en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient/Afrique et s’approche des 50 % aux Etats-Unis. En revanche, elle n’atteint même pas les 20 % en Europe, stagnant à 19,3 %.
L’Europe à la traîne des Etats-Unis et de la Chine
Dans le même ordre d’idée, les niveaux d’occupation par continent des hôtels Accor sont également éloquents. En Asie-Pacifique, la fréquentation s’élève à 42,3 %, et ce malgré des restrictions de déplacement en Chine en janvier et février, la situation s’étant nettement améliorée au mois de mars. Autre marché à avoir redémarré, les Emirats Arabes Unis tirent vers le haut la fréquentation des hôtels de la région Inde/Moyen-Orient/Turquie, qui s’établit à 36,9 % en moyenne. « Dubaï a enregistré une forte croissance des voyageurs européens du fait des restrictions aux frontières largement assouplies », note notamment Accor.
Ce rebond de l’activité tranche avec la situation européenne, où de nombreux pays ont connu des mesures de confinement strictes en début d’année. En Europe du Nord, la fréquentation des hôtels dépasse à peine les 15 %. Cette quasi absence de clientèle conduit les hôteliers à pratiquer une politique tarifaire accommodante à l’égard des rares voyageurs, d’où un repli parallèle du prix moyen. En conséquence, au premier trimestre dernier et comparé à début 2019, le revenu par chambre a chuté de plus de 85 % en Allemagne et au Royaume-Uni, où la plupart des hôtels étaient d’ailleurs fermés sur décision gouvernementale.
A l’inverse, l’absence de confinement en France sur la période a d’une certaine manière « soutenu » l’activité, le RevPAR des hôtels Accor ne baissant que de 60,8 %. Le groupe note que ce chiffre « reflète une amélioration par rapport au quatrième trimestre 2020 tirée par la province (-49,4%) recevant notamment une clientèle d’affaires domestique« . Le groupe anticipe cependant un deuxième trimestre plus difficile pour l’hôtellerie française en raison du nouveau confinement mis en place en avril.
Les hôteliers optimistes pour les mois à venir
Qu’attendre d’ailleurs des mois à venir ? La plupart des dirigeants des grands groupes hôteliers se montrent raisonnablement optimistes. Christopher Nassetta, chez Hilton, estime que le mieux entraperçu ces derniers temps devrait se prolonger : « Nous nous attendons à ce que cette dynamique positive se poursuive« , a-t-il déclaré. Un avis partagé par Mark Hoplamazian, PDG de Hyatt : « Nous sommes optimistes quant à la croissance continue de la demande dans les mois à venir et pour le reste de l’année 2021. »
Avec les campagnes de vaccination qui battent désormais leur plein et les vacances d’été qui arrivent, les perspectives sont en effet plus favorables. Tout en se disant extrêmement prudent, Gabriel Escarrer Jaume, s’attend à « un retour à la quasi normale » pour la fréquentation de resorts du groupe. L’hôtelier espagnol compte notamment sur le retour des touristes américains pour remplir les chambres de ses nombreux établissements dans les Caraïbes et au Mexique. Dans ce dernier pays, les réservations des hôtels Melia sont d’ailleurs revenues quasiment au niveau de 2019.
Tout en estimant que « le risque de volatilité demeure pour le reste de l’année« , le PDG du groupe IHG, Keith Barr, souligne que les données tirées des réservations effectuées « indiquent clairement une nouvelle amélioration pour les mois à venir. »
L’an dernier, le mieux constaté pendant l’été n’avait pas fait long feu face à la reprise de la pandémie à l’automne. La vaccination empêchera-t-elle cette année le soufflé de retomber, permettant une vraie reprise des déplacements professionnels et des événements corporate à la rentrée ? Tout en misant beaucoup sur la clientèle loisirs pour les mois à venir, les hôteliers l’espèrent sans aucun. A côté des bons signaux du côté de la clientèle loisirs, le PDG d’Hyatt entrevoit d’ailleurs « des indicateurs positifs dans d’autres segments du voyage. »




















